Mise en garde de la communauté contre ceux qui appellent à l’idolâtrie

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Voici la traduction d’une mise en garde d’un savant sunnite de renom du siècle dernier : vous remarquerez que lui, tout comme  les savants de al-Azhar aussi du siècle dernier déjà cités sur ce site, n’a pas hésité à appeler « mécréance » la croyance selon laquelle Dieu serait dans un endroit, et à appeler « mécréants » ceux qui ont cette croyance.

L’Imam al-Kawthari, en sa qualité d’assistant du dernier calife des musulmans, avait écrit un article pour mettre en garde les musulmans contre des livres qui contiennent de l’anthropomorphisme. Il dit, de la page 378 à 383, dans son livre Maqalat al-Kawthari (pour lire tout l’article en arabe en PDF, cliquez ici):

Tahdhirou al-oummati min dou’ati al -wathniyyah

La mise en garde de la communauté contre ceux qui appellent à l’idolâtrie

Peu m’importe l’origine de cet homme qui prétend la science [al-Kawthari parle ici contre un homme  de la péninsule  arabique du nom de ‘Abdullah al-Qasimi, et qui répandait la croyance anthropomorphiste au moment où al-Kawthari a écrit son article. Pour plus d’informations à ce sujet, voir les « Points utiles » à la fin de cet article] qui est apparu là d’où sort la corne du Chaytan [c’est-à-dire au Najd, en Arabie], ni son lien avec Mouçaylimah [cad le fait que cet homme ment tout comme Mouçaylimah mentait lorsqu’il prétendait être un prophète], ni le fait qu’il essaie d’infiltrer les gens de  al-Azhar en prétendant qu’il fait partie de ceux qui suivent l’un des imams (que Allah les agrée), ni ce qui lui est arrivé en étant chassé et éloigné de al-Azhar al-Charif après que sa réalité fût découverte, et ce, pour protéger un des derniers bastions de l’Islam,  car ces sujets ont été dévoilés sans aucune couverture. Les gens des différents pays connaissent sa réalité.

Mais ce qui m’importe et  qui importe à tout musulman qui craint pour sa religion, c’est que des gens pareils à lui se montrent comme étant des gens qui appellent à la voie du Salaf vertueux, de ceux qui ont des coeurs purs parmi les musulmans et sous cette couverture, ils diffusent leur poison sous le nom de la Sounnah en portant atteinte à la réputation du pays et de l’Islam. Nous ne pouvons pas laisser ces gens-là diffuser le mal entre les musulmans. Nous ne les laisserons pas échapper au sujet de notre travail, en élargissant le sujet à ce qui ne nous concerne pas, pour ne pas entraîner de discours inutiles pour cacher la réalité de son groupe qui est complètement lié à l’idolâtrie. Chaque fois qu’il essaie d’échapper, on l’attrape par ses oreilles, et nous le ramènons au sujet, tant il appelle à l’égarement clair, et nous le dévoilons au sujet de ce à quoi il appelle.

O toi qui prétends appeler à l’attachement à la Sounnah, tu appelles clairement à ce qui est dans le livre de ton imam al-Darimi [il parle ici de ‘Outhman ibn Sa’id al-Darimi m.280 AH], que ton groupe a réimprimé, il y a un mois seulement,  et tu appelles à ce qu’il y a dans le livre [intitulé] al-Sounnah que vous reconnaissez comme étant le livre de ‘Abdoullah, fils de l’imam Ahmad [ibn Hanbal].

Je ne vais pas te laisser duper les musulmans par ce que ces deux livres comportent comme ignorance et idolâtrie jusqu’à ce que tu te repentes et que tu t’innocentes de ce que ces deux livres comportent comme paroles d’idolâtrie et de mécréances claires qui font sortir de la communauté [musulmane]. Tu as récité une phrase qui se trouve dans le livre de al-Darimi qui est une mécréance sans faire de commentaire. Et aujourd’hui, je vais parler [de ces mécréances] une par une jusqu’à mentionner ce qui se trouve dans le livre al-Sounnah cité et j’en parlerai incha’Allah pour que les gens connaissent la vérité [l’imam al-Kawthari mentionne le livre intitulé al-Sounnah plus longuement dans un autre de ses articles].

Ce livre de al-Darimi,  tu admets le considérer comme étant un livre représentatif de  la Sounnah dans l’article que tu as cité dans le journal de tes partisans, [et] au début du livre,  [tu admets aussi que] Ibnou Taymiyya en était très épris et qu’il recommandait fortement de le suivre. Vous dites également la même chose au sujet de Ibnou Qayyim al-Jawziyya [cad que les partisans de l’homme contre lequel l’imam al-Kawthari écrit disent aussi de Ibn Qayyim al-Jawziyya qu’il appréciait beaucoup le livre de al-Darimi]; donc nous allons parler au sujet du livre cité pour indiquer la vérité sur ta croyance, la croyance de ceux qui te suivent, et la croyance de ton chaykh [Ibnou Taymiyya] al-Harrani et de son élève Ibnou Zafil [cad Ibn  Qayyim al-Jawziyya], croyance que vous reconnaissez et ceci va réduire la longueur de la réplique et faciliter l’arrivée à un résultat rapide pour montrer votre mauvaise croyance.

Au tout début des paroles que tu as rapportées de al-Darimi, il a prétendu dans son livre page 4 qu’il « ignore un seul endroit » , et il vise par cela  Allah soubhaanahou, et cela se répète de lui à plusieurs reprises dans son livre. Sa croyance est que Allah serait dans un endroit et qu’Il serait porté par une surface, et cela revient à Lui attribuer le corps [tajsim]. Celui qui considère que Allah soubhaanahou est dans un endroit, c’est un adorateur d’idôle,  et il quitte la communauté des musulmans [c’est-à-dire qu’il n’est plus musulman] tout comme cela a été rapporté par plus d’un des imams des fondements de la religion. Allah est exempt de telles calomnies.

Il y a aussi sa parole dans la page 20 lorsqu’il dit : »Al-Hayyou al- Qayyoum, Il bouge si Il le veut, Il s’élève si Il le veut, Il descend si Il veut, Il se lève et Il s’asseoit si Il veut car la différence entre celui qui est vivant et celui qui est mort, c’est le mouvement. Tout vivant bouge sans  aucun doute et tout mort ne bouge pas sans aucun doute ». Ceci est la parole de al-Darimi et cela se répète dans son livre.  Donc ce qu’adore ce perdant se lève, s’asseoit, bouge! Peut-être que ce Sijzi a hérité cette croyance de ses voisins les adorateurs des vaches [al-Sijzi était un des noms de al-Darimi et cela signifie que al-Darimi venait du Sijistan, au sud-est de l’Iran actuel.  Des hindous qui considèrent que les vaches sont sacrées vivaient près de cet endroit, d’où l’allusion de Imam al-Kawthari], et celui qui croit cela au sujet du Seigneur des mondes, c’est un mécréant par accord [des savants]. Malheur à celui qui  suit des gens comme lui dans la prière ou dans le mariage ! Quel sera  l’état de celui qui accepte ce livre, ou le recommande en bien, ou qui  l’ imprime pour appeler à ce qu’il comporte?  C’est cela votre tawhid auquel vous appelez ? Bonheur à al-Oustadh al-Mansouri qui a mis en garde contre ce prétendu tawhid ! C’est un tawhid qu’acceptent les protestants.

Il y a aussi sa parole en page 23, où il dit: « Allah a une limite, Son endroit a une limite et Il est sur Son trône au dessus des cieux et ce sont-là deux limites  et chacun sait Allah et Son endroit plus que les Jahmiyy ». Ca c’est la parole qu’il a dite et cela se répète dans son livre, ce sont des paroles qui ne laissent aucun doute pour l’innocenter de la croyance du corps au sujet de Allah et attribuer le corps à Allah est de l’idolâtrie. Malheur à celui qui veut donner une image à celui qu’il adore en Lui donnant des dimensions. Et comment ils s’attachent à Ayatou istiwa ?!  Al-Istiwa a plusieurs sens et al -‘Arch également a plusieurs sens dans la langue, il n’y a pas dans ce qui est attribué à Allah le sens de l’établissement, de l’installation, de la position assise ou du fait de monter, par l’unanimité des gens de la vérité. Le jugement de ce verset, c’est de s’en remettre à Allah tout en L’exemptant ou lui donner un sens de l’ordre de la souveraineté, ou de la totale puissance ou de donner les ordres et les interdictions et ce qui est de cet ordre qui est valable, selon ce qu’impliquent la langue et le discours.

La mécréance de celui qui attribue le mouvement, la position assise et les limites à Allah taala est une chose au sujet de laquelle deux musulmans ne sont pas en désaccord.

Il y a aussi sa parole en page 25 au sujet de Allah, il a dit qu’Il a créé Adam avec Sa main en touchant, et il répète cela à plusieurs reprises dans son livre. Tu  vois qu’il attribue à la création de Adam [d’avoir eu lieu] en maniant de la terre avec une main et ceci est une ignorance totale de la langue et une mécréance, mais le sens de « Allah a créé Adam biyadayh », c’est Sa grâce particulière sans que ce soit un organe et c’est ce que les Arabes utilisent comme sens au sujet de yadak et cela s’applique à la parole de Allah ta’ala:

Ayah 59 sourate al-‘Imran

إِنَّ مَثَلَ عِيسَى عِندَ اللّهِ كَمَثَلِ آدَمَ خَلَقَهُ مِن تُرَابٍ ثِمَّ قَالَ لَهُ كُن فَيَكُونُ

(inna mathala ‘Isa ‘inda-llaahi kamathali aadama khalaqahou min touraabin thoumma qaala lahou koun fayakououn)

[dans ce verset, Allah nous apprend que la création de ‘Iça (Jésus )et la création de Adam sont similaires, et la création de ‘Iça (Jésus) est décrite comme ayant été à partir de terre. Donc l’imam al-Kawthari montre qu’il y a un autre verset du Qour’an, à  part celui qui contient le mot « biyadayh », qui décrit la création de’Iça et  Adam, et qu’il est mentionné tout simplement qu’il a été créé à partir de terre, et que cela s’est fait sans aucune difficulté pour Allah »]

Il y a aussi sa parole en page 74, il dit : « Il s’asseoit sur le piédestal et il ne reste libre de lui que l’espace de quatre doigts ». Regarde cet idiot, comment il confirme la position assise à Allah soubhaanahou sur le koursi et qu’Il laisserait un endroit à Ses côtés pour faire asseoir Son messager dessus tout comme c’est la voie des barbahariyya, stupides ! La position assise dans la langue c’est de plier les jambes et de poser les fesses par terre, cela serait selon eux une croyance en Allah et en Son messager , est-ce cela la sounnah telle que celui qui s’en éloigne serait un ennemi de l’islam selon eux ! Que Allah les châtie, quelle audace ils ont, en attribuant cela à Allah !

Il y a aussi sa parole page 85 :  » Et si Il le veut, Il se serait installé sur le dos d’un moustique et le moustique l’aurait porté par Sa toute-Puissance, comment alors au sujet du trône ? ». Ceci est sa parole au sujet de Allah, comment celui qui considère que celui qu’il adore peut s’installer sur le dos d’un moustique, comment cela serait-il acceptable et il prend cela comme preuve pour dire qu’il est possible qu’Il s’installe sur le trône, le fait que le trône est plus large que le dos d’un moustique. Allah est exempt de tout cela. Je ne connais pas quelqu’un qui aurait divagué de la sorte avant cet homme stupide, ce Harrani  [Ibnou Taymiyya] et ceux qui l’ont suivi, et qui ignore que la volonté ne concerne pas ce qui est impossible selon la raison ?  Ceci est semblable à celui qui dit : « S’ Il avait voulu, Il aurait mangé, bu, Il se serait marié, Il aurait créé semblable à Lui etc.… », des choses qui sont impossibles au sujet de Allah. Que Allah rétribue en bien le grand oustadh al-Hamaami qui a commenté cette parole dans son livre Ghawth al-‘Ibaad d’un commentaire élargi qui lève le voile sur ses différents sens, ce qui ne peut être rapporté dans sa totalité ici. Nous nous sommes suffi d’y faire allusion, et il y a en cela ce qui réconforte les coeurs.

Et je suis étonné de ce tambour vide qui défend son groupe et qui prétend réfléchir puisqu’il essaie d’interpréter ces paroles abominables en faisant comme si elles étaient des exemples, et en prenant pour preuve selon lui la parole de Allah, sourate al-Baqarah verset 26:

إِنَّ اللَّهَ لاَ يَسْتَحْيِي أَن يَضْرِبَ مَثَلاً مَّا بَعُوضَةً فَمَا فَوْقَهَا

(inna-llaaha laa yastahi an yadribou mathalaa mmaa ba’ouda famaa fawqahaa)

[Ce verset 26 de la sourate al-Baqarah  signifie « Et Allah prend ce qu’Il veut pour exemple [pour tirer des morales ou des leçons], même un moustique ». Le sens de ce verset est que Allah mentionne dans le Qour’an n’importe laquelle de Ses créatures afin que les gens tirent des enseignements, et il peut même s’agir d’un moustique. Mais bien sûr il n’y a pas lieu de comprendre que grâce à ce verset il serait permis de dire que Dieu peut être comparé à un moustique, ou qu’Il peut se tenir sur le dos d’un moustique comme l’a déduit al-Darimi!]

Ce pauvre n’a pas compris que l’exemple ici c’est parce que c’est  une ayah qui représente  un miracle, il ne s’est pas rappelé de la ayah, sourate al-Nahl verset 74:

فَلاَ تَضْرِبُواْ لِلّهِ الأَمْثَالَ

(fa-laa tadribou lillaahi l-amthaal)

qui signifie : « Ne donnez pas des semblables [amthaal] à Allah »

Cette aayah veut dire que Allah donne des exemples de ce qu’Il veut au sujet de  Ses créatures et non pas dans le sens de Le diminuer au point qu’Il soit comme porté par un moustique au dessus de son dos.  Ceci est une folie au dessus de laquelle il n’y a pas de folie. Allah est exempt de ce qu’ils disent. Malheur à celui qui imagine celui qu’il adore comme étant porté par un moustique et celui qui est comme ces personnes est quelqu’un qui est descendu à un niveau tellement bas qu’on ne peut pas discuter avec lui.

Il y a aussi sa parole en  page 100 : « Qui t’a dit que le sommet de la montagne n’est pas plus proche de Allah que son flanc et que le haut du minaret n’est pas plus proche de Allah que sa partie basse ? ». Ses paroles ici indiquent qu’il considère que celui qu’il adore est visible du haut des montagnes et du haut des minarets.  Tout comme ce Sabi’a Harrani Ibnou Taymiyya qui adore les corps célestes [ici l’imam al-Kawthari fait allusion à un groupe de gens appelés « les Sabi’a », qui étaient des païens, c’est-à-dire des gens polythéistes, et qui venaient du même endroit d’origine qu’Ibn Taymiyya : Harran].

Mais les musulmans ont pour croyance que Allah est exempt de l’endroit et que Son rapport aux endroits est le même [c’est-à-dire qu’Il n’est pas concerné par les endroits ou la distance, Il n’est ni proche ni loin d’eux]. Al-qourb [mot à mot : fait d’être proche] n’est pas par la distance et al-bou’d [mot à mot : l’éloignement] n’est pas par la distance. Allah dit,  sourate al-‘Alaq verset 19:

وَاسْجُدْ وَاقْتَرِبْ

« wasjoud waqtarib« , [mot-à-mot le sens serait « Prosterne-toi et rapproche-toi », bien sûr ce n’est pas par la distance mais c’est le fait de se rapprocher de l’agrément de Allah .]

et le Messager a dit :

أقربما يكون العبد من ربه وهو ساجد

(Aqrabou maa yakoun al-‘abd min rabbihi wa houwa saajid), [mot à mot « L’esclave est plus proche de son Seigneur lorsqu’il est prosterné », bien sûr ici le sens est que la personne est plus proche de l’agrément de son Seigneur lorsqu’elle est en prosternation. L’imam al-Kawthari utilise ce hadith  et ce verset pour démontrer que si on prenait ces textes selon le sens apparent, cela contredirait la croyance de al-Darimi ], rapporté par An-Naça’iyy et d’autres.

Ce perdant et ceux qui l’ont suivi  disent : « Non mais Il est plus proche du haut des montagnes!  » Ou bien  » Monte  aux endroits élevés tu te rapproches de ton Créateur ». Est-ce qu’il y  a une mécréance au-delà de celle-là ?

Et ce misérable cite le hadith :  » ayna l-Lah » [il s’agit du hadith de la femme esclave, dont le sens apparent pourrait laisser croire que Dieu est dans la direction du haut: pour des interprétations de ce hadith vous pouvez cliquer ici] alors qu’il est moudtarib [c’est-à-dire « perturbé »] que ce soit du point de vue du texte du hadith ou de sa chaine de transmission, et que le mot ‘ayna peut être  une interrogation au sujet de l’endroit [makaan] et peut être une interrogation au sujet du mérite et du degré [makaanah] et le hadith  serait dans le sens : « quel est, dans l’adoration, le degré de Allah pour toi? » tout comme tu vois ce détail dans ce qu’a dit Abou Bakr Ibnou al-‘Arabiyy et  ce qui est connu chez les Arabes c’est quand ils disent : « foulan makaanouhou fis–samaa », ils  veulent dire  que c’est quelqu’un qui  a un haut degré sans que cela veuille dire qu’il ne soit lui-même dans le ciel . Et ceci c’est comme ce qu’a dit  Naabighah bani Ja’ad [un ancien poète arabe qui a écrit un vers de poésie connu, où le mot « samaa » vise le degré et non pas l’endroit]:

علونا السماء مجدنا وجدودنا     وإنا لنبغى فوق ذلك مظهرا

Et je vous recommande  de ne pas écouter les paroles de ces stupides lorsqu’ils prétendent qu’ils sont plus proches de Allah du haut  des montagnes. Qu’ils ne fassent pas entendre leurs paroles aux jeunes dans les écoles parce qu’ils vont rire d’eux, se moquer d’eux pour ce qu’ils disent et de  leurs esprits stupides car il n’y a pas parmi eux ,  qui que ce soit qui ignore que la terre est arrondie, que la direction de la tête de celui qui se tient sur une montagne ici, est à l’opposé de la direction de la tête de celui qui se trouve en Amérique par exemple.

Il y a aussi sa parole page 121, quand il a répliqué selon lui, en disant « Tous les mouvements ne sont pas créés et nous nous sommes accordés sur le fait que le mouvement de la descente, la marche, le fait de courir et de s’installer sur le trône est quelque chose qui est de toute éternité », fin de sa parole. L’auteur croit que tout cela advient à Allah soubhaanah et selon lui le fait que l’établissement sur le trône est de toute éternité implique que le trône soit de toute éternité  et le fait que le mouvement et la marche soient attribués à Allah est quelque chose que la raison ne conçoit pas. Celui qui croit cela est un idolâtre, il n’est pas valable de le laisser diffuser le mal sur terre et diriger les musulmans et se marier avec eux.

Celui qui veut en savoir plus sur leur scandale qu’il lise les livres Daf’ shoubah at-tachibh de Ibn al-Jawzi, Daf’ shoubh de at-Taqiyy al-Housani, et le livre As-Sayf as-Saaqil fi r-Radd ‘ala Ibn Zaafil dans lequel  at-Taqi as-Soubki réplique à la Nouniyyah de Ibn al-Qayyim et nous avons déjà parlé de cette réplique, et enfin le livre al-Asmaa wa s-Sifaat de al Bayhaqi qui a été réimprimé récemment. Celui qui les lit avec attention verra que ces gens-là  attribuent le corps à Allah et il accomplira le devoir de leur répliquer.  C’est quelque chose d’étonnant que quelqu’un qui diffuse le livre de al-Darimi et  de ceux  qui le suivent appellent au grand jour à cela en disant que Allah bouge, marche, se lève dans un endroit qui est de toute éternité dans un pays dans lequel se trouve al- Azhar honoré. Allah est exempt de toute cette idolâtrie et celui qui l’a imprimé donne le discours, et dirige les musulmans dans leurs prières et les exhorte mais  c’est un homme qui tombe dans la discorde et qui a réimprimé à notre époque un des livres qui sont les plus nuisibles. Il a diffusé cela parmi les gens pour détourner les gens qui ont des ardeurs véridiques, pour ne pas mettre leurs commentaires sur ce scandale. Si ce n’était le scandale de la diffusion de ce livre, je n’aurais pas fait cela. En fait, ceux qui appellent à cette idolâtrie attribuent la mécréance à la communauté. J’espère que al-Azhar al-Charif ne va pas tarder à accomplir son  devoir  contre le livre de al-Darimi et de ses semblables en veillant sur  la croyance des gens et pour arrêter ceux qui diffusent [ce mal], et Allah est véridique, et Il est Celui qui guide vers la voie de droiture.

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Mouhammad Zahid al-Kawthari était l’assistant du dernier calife des musulmans ( le califat a pris fin en 1922-1924). Il était un grand savant hanafite qui a même été appelé par certains le « moujaddid » (c’est-à-dire l’Imam “revivificateur de l’Islam”) du siècle dernier. Il est né en 1296 et est mort en 1371 AH, soit il y a environ 60 ans à peine.
  • Dès qu’il a appris la réimpression du livre de ‘Outhman ibn Sa’id al-Darimi (m.280 AH, à ne pas confondre avec le mouhaddith ‘Abdullah ibn ‘Abdir-Rahman al-Darimi, l’auteur des Sounan, qui lui est un imam correct et qui est mort en 255 AH) qui contient des paroles de mécréance, al-Kawthari a décidé d’écrire cet article pour dénoncer ce qu’il contenait, et pour encourager les responsables de l’Université de al-Azhar à faire la même chose.
  • Le livre de al-Darimi que al-Kawthari dénonce ici s’appelle « ar-Radd ‘ala l-Jahmiyya » (aussi appelé an-Naqd ‘ala l-Jahmiyya). Ce livre a malheureusement été réimprimé encore depuis, et les anthropomorphistes de notre époque le recommandent aux gens alors qu’il contient toutes ces paroles dénoncées par l’imam al-Kawthari!
  • L’imam al-Kawthari dénonce aussi l’éditeur de ce livre, ‘Abdullah al-Qasimi, qui était actif lorsque al-Kawthari a écrit cet article. Il s’agissait d’un Arabe qui diffusait la croyance des anthropomorphistes qui consiste à croire que Dieu serait dans le ciel, bougerait, serait dans la direction du haut, etc, qui sont des croyances de mécréance. L’imam al-Kawthari a bien fait de mettre en garde contre lui, car plus tard il est devenu athée, a rejeté toutes les religions, et a écrit pour expliquer et justifier son athéisme, wa l-‘iyaadhou billaah. Al-Qasimi est mort en 1996.
  • Donc cet article nous enseigne que l’assistant du dernier calife des musulmans, il y a un peu plus de 60 ans, a écrit pour mettre en garde contre un livre qui contient des paroles de mécréance car ceci est l’habitude des savants, comme l’a montré le savant as-Soubki al-Azhari, et l’imam al-Kawthari dit clairement que croire que Dieu est dans un endroit ou  a des limites  est de la mécréance.
علونا السماء مجدنا وجدودنا     وإنا لنبغى فوق ذلك مظهرا

Pourquoi le livre al-Fiqh al-Akbar de Abou Hanifah ne pourra jamais servir de preuve aux anthropomorphistes

Ceci est un article de réfutation contre ceux qui pensaient avoir trouvé dans al-Fiqh al-Akbar une preuve pour leur mauvaise croyance

Dans le traité de Abou Hanifah,  « al-Fiqh al-Akbar » (que vous pouvez trouver en entier ici),  il y a la phrase suivante :

Ce que Allah ta’ala a mentionné dans le Qour’an en citant al-yad, al-wajh, et an-nafs, sont Ses attributs sans comment. Et on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce car cela constituerait un reniement de l’attribut, et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila, mais Son yad est Son attribut sans comment, et Son ghadab et Son rida sont deux de Ses attributs sans comment (pour la page en arabe cliquez ici).

Nous aimerions rassurer les Sunnites au sujet du fait que cette phrase ne contredit pas du tout le  fait qu’il est permis d’interpréter les versets non explicites du Qour’an. Au contraire l’imam Abou Hanifah n’a fait que suivre la voie du Salaf concernant l’interprétation des versets non-explicites comme expliquée par l’imam an-Nawawi et d’autres. Nous aimerions rappeler quelques points utiles:

  1. L’imam Abou Hanifah faisait partie des savants du Salaf, et les savants du Salaf n’avaient pas pour habitude d’interpréter de manière détaillée, donc il n’y a rien d’étonnant au fait que Abou Hanifa fasse figurer dans son traité une phrase  qui décourage de détailler le sens d’un des attributs de Allah mentionnés dans le Qour’an, tout en sachant qu’il ne prend pas le sens apparent de ce mot! C’est là que les anthropomorphistes se retrouvent sans issue, car l’imam Abou Hanifah n’a JAMAIS dit, contrairement à ce qu’ils aimeraient, qu’il faut prendre le mot yad « selon son sens apparent » (‘ala dhahiriha ) ou « selon sa réalité » (haqiqiyyatan) et autres phrases qu’ils ajoutent aux textes révélés! Les Sunnites n’ont aucun problème avec le fait de ne pas vouloir donner de sens précis à une expression non-explicite au sujet de Dieu, tant que la personne sait que ce n’est pas le sens apparent qui est visé, et c’est exactement ce quel’imam Abou Hanifah fait.  N’oubliez pas que les savants du Salaf dans leur majorité préféraient ne pas interpréter de manière détaillée sans nécessité, mais ils interprétaient quand même de manière générale(c’est-à-dire en rejetant le sens apparent de l’organe, mais sans préciser de sens), et dans certaines occasions où ils jugeaient cela nécessaire, ils interprétaient de manière détaillée (c’est-à-dire toujours en rejetant le sens apparent, mais en choisissant des sens précis parmi les sens possibles). (pour les preuves de cela voir ci-dessous paragraphe « Preuves »).
  2. L’imam Abou Hanifah a exclu le sens apparent de yad, et ceci se voit très clairement parce qu’il dit deux fois que c’est un attribut « SANS COMMENT » (bilaa kayf en arabe). NOTEZ BIEN QU’IL N’A PAS DIT « ON NE SAIT PAS COMMENT », il a dit que le yad de Allah est SANS COMMENT c’est-à-dire que ce n’est pas l’organe « main ». Quand l’imam Abou Hanifah dit qu' »il faut croire en l’attribut yad sans comment » ça veut dire « croire en le yad, sans croire que c’est une main ». Yad a énormément de sens dans la langue arabe.
  3. L’imam  Abou Hanifah dit bien dans la même phrase que la raison pour laquelle il ne veut pas dire que yad signifie qoudra (puissance) est parce que ceci était, à son époque, la parole des mou’ tazila, car il faut savoir que les mou’tazila NIAIENT l’attribut du yad au sujet de Allah, ce qui n’est pas le cas des Sunnites. Il faut comprendre cette phrase dans son contexte: à l’époque de Abou Hanifah, ceux qui interprétaient les attributs le faisaient parce qu’ils niaient que Dieu avait pour attribut le yad.  Alors que la croyance des musulmans c’est de dire que Allah a pour attribut le yad avec un sens digne de Lui et non pas dans le sens de main. Les Sunnites suivent la voie du juste milieu car ni ils ne disent que c’est une main (qui est le sens apparent de yad), ni ils ne renient que le yad est un attribut de Allah.  C’est pour cela que cette phrase de Abou Hanifah n’est pas du tout contradictoire avec la croyance des Sunnites, car les Sunnites ne disent pas qu’il est une obligation d’interpréter, ils ne disent pas qu’il faut renier l’attribut de Allah, bien au contraire ils disent que celui qui nie un des attributs de Allah tels que al yad alors qu’il sait que ceci est mentionné au sujet de Allah dans le Qour’an il est  devenu mécréant.
  4. L’imam Abou Hanifah à aucun moment de tout le traité ne spécifie un sens précis de yad,et ceci est conforme à l’habitude des savants du Salaf.
  5. L’imam Abou Hanifah a utilisé la même méthode pour istiwa : il dit clairement que ce n’est pas le fait de s’asseoir, ou de s’établir, mais il ne précise pas de sens précis. C’est cela l’interprétation GLOBALE: rejeter les sens indignes de Allah, mais ne pas confirmer de sens précis. C’est exactement ce que fait Abou Hanifah, et ceci était correct, et c’est correct jusqu’à maintenant de dire cela (pour voir là où l’imam Abou Hanifah exclut le sens de « s’établir » pour « istiwa », cliquez ici).
  6. L’imam Abou Hanifah dit, dans le même traité, qu’il ne faut pas traduire yad en persan. Or, le mot persan pour yad veut dire « main ». Donc est-ce que quelqu’un de censé peut croire que Abou Hanifah soutiendrait aujourd’hui des gens qui disent que Dieu a une main? Alors qu’il ne voulait pas que cette expression soit traduite?! Pour voir là où Abou Hanifah dit qu’il ne faut pas traduire le mot yad en persan, cliquez ici. D’autres savants ont parlé du fait que les savants du Salaf étaient tellement prudents qu’ils préféraient ne pas traduire et juste répéter les expressions révélées telles quelles (pour voir ceci, cliquez ici).
  7. L’imam Abou Hanifah dit juste au-dessus de ce passage,  dans le même traité, que Dieu n’est pas un corps et qu’Il n’a pas de limites. Est-ce qu’on peut concevoir qu’il avait pour croyance que Dieu avait une main? Pour voir où Abou Hanifah a dit, dans le même traité, que Dieu n’est pas un corps, cliquez ici. Il dit aussi qu’il ne faut pas prendre le fait d’être « proche » ou « loin » de Dieu dans le sens de la distance. Est-ce qu’on peut concevoir qu’il dirait qu’il faut prendre le mot yad selon son sens apparent? Pour voir où l’imam Abou Hanifah explique qu’être « proche » ou « loin » de Dieu, ce n’est pas selon le sens de la distance, cliquez ici.
  8. L‘imam Abou Hanifah dit, dans le même traité, que Dieu ne parle pas avec des lettres. Or les anthropomorphistes croient que Dieu parle avec des lettres, ceci est même une des bases de leur croyance. Vont-ils maintenant dire que al-Fiqh al-Akbar de Abou Hanifah est un mauvais livre? Pourquoi l’utiliser comme soi-disant preuve contre les Sunnites alors qu’en fait ils ne respectent même pas Abou Hanifah en tant que savant?! Nous les Sunnites nous acceptons tout le traité de l’imam Abou Hanifah, pas juste une partie de phrase sortie de son contexte! Celui qui veut se servir de cette phrase de l’imam Abou Hanifah contre les Sunnites, qu’il nous explique sa position sur le reste du traité, car nous considérons tout le traité comme véridique. Pour voir là où Abou Hanifah dit que Allah a pour attribut la parole qui n’est pas de lettres, cliquez ici.
  9. Les plus grands savants hanafites eux-mêmes, tel que l’imam al-Bayadi,  ont compris de l’imam Abou Hanifah que dans ce passage de al-Fiqh al-Akbar il interprétait de manière globale et pas détaillée, et qu’il n’acceptait pas de prendre le sens apparent des textes non explicites. Pour voir là où l’imam al-Bayadi explique cette phrase de Abou Hanifah, cliquez ici. Vous pouvez aussi lire ce que l’imam at-Tahawi , qui fait partie du Salaf, a écrit. Son traité de croyance, il l’a appelé  » l’exposé de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama’a selon la voie des savants de jurisprudence Abou Hanifah et de ses deux élèves » . Dedans il dit bien que le kalaam de Allah est bilaa kayf, et qu’Il est exempt des limites, des extrémités, des côtés, des membres et des organes, Il n’est pas délimité par les six directions, contrairement à la totalité des créatures”. Pour voir où l’imam at-Tahawi dit dans son traité, qui représente la croyance de Abou Hanifah et de tous les Sunnites, que Allah n’a pas d’organes, cliquez ici.

Preuves tirées des savants musulmans sur le fait qu’interpréter est permis et que le Salaf interprétait de manière globale et parfois détaillée:

Pour résumer:

La réplique à ceux qui veulent utiliser cette phrase de Abou Hanifah contre les Sunnites se trouve dans le traité al-Fiqh al-Akbar lui-même, dans les écrits des savants hanafites, ainsi que dans les oeuvres des plus grands savants  musulmans tels que an-Nawawi, Ibn Hajar al-Asqalani et d’autres.  Dans son traité Abou Hanifah dit que Dieu n’est pas un corps, qu’Il parle sans lettres ni instruments, qu’Il n’est pas concerné par la distance, qu’il ne faut pas traduire yad en persan, et que tous Ses attributs sont sans comment, ce qui montre qu’il ne prend PAS le sens apparent de yad comme le voudraient les anthropomorphistes. Les savants hanafites ont compris cela de leur imam Abou Hanifah. Les plus grands savants de cette communauté ont confirmé que la voie du Salaf était d’interpréter de manière générale et de ne pas prendre le sens apparent des attributs. Que reste-t-il aux anthropomorphistes? Soit ils vont dire que Abou Hanifah était un égaré qui s’est trompé sur la croyance, soit ils vont dire qu’il n’a pas écrit al-Fiqh al-Akbar. Ces deux solutions sont inacceptables par les musulmans sunnites, au vu des preuves. Que Dieu nous accorde la bonne compréhension.

L’explication d’un passage de al-Fiqh al-Akbar par le savant hanafite al-Bayadi

Le savant hanafite al-Bayadi, dans son livre Icharat al-Maram min ‘Ibarat al-Imam, page 192 (la page 193 est ajoutée pour que vous puissiez voir le contexte), a dit :

Page de titre de Icharat al-MaramPage 192 de Icharat al-MaramPage 193 de Icharat al-Maram

Dans cette affirmation, il y a plusieurs indications [ici al-Bayadi parle de l’affirmation de Abou Hanifah qui signifie  « on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce car cela constituerait un reniement de l’attribut, et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila, mais Son yad est Son attribut sans comment, et Son ghadab et Son rida sont deux de Ses attributs sans comment  » (et que vous pouvez retrouver dans son contexte en cliquant ici] :

La première [indication] : Il est obligatoire d’interpréter de manière globale [afin d’éviter] les sens apparents qui viennent à l’esprit. Ce qui montre cela c’est sa parole [c’est-à-dire la parole de Abou Hanifah dans le même traité]  « On n’attribue pas à Allah les attributs des créatures »: ceci rend obligatoire l’interprétation.

La deuxième : Eviter d’interpréter de manière détaillée en renvoyant  ces attributs à la puissance ou la grâce ou ce qui est de genre. Ce qui montre cela c’est sa parole « on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce » parce q’il y a en ceci une annulation de l’origine de l’attribut confirmé parce qu’il n’y a pas de [parfait] synonyme pour cet attribut [Abou Hanifah préférait interpréter de manière GLOBALE et non pas DETAILLEE, mais comme al-Bayadi le dit plus haut, il ne prenait PAS le sens apparent].

La troisième : C’est une réplique à ceux qui ont précisé un sens parmi les sens métaphoriques, de la part de ceux qui se sont entêtés [à tort]  dans l’interprétation détaillée. Ceci qui montre cela c’est sa parole « et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila » [il faut savoir que les Qadariyya et les Mou’tazila reniaient la plupart des attributs de Allah, c’est pour cela qu’ils insistaient sur le fait d’interpréter en détails, parce qu’ils n’acceptaient pas de dire que Allah a pour attribut un yad , alors que les Sunnites confirment le yad pour Allah tout en ne disant pas que ce serait dans le sens de main bien sûr. De plus juste en dessous l’imam al-Bayadi dit bien que Abou Hanifah prenait le sens métaphorique, mais juste de manière globale. Pour plus de détails sur ce sujet vous pouvez cliquer ici]

La quatrième: Le tafwid dans le fait de préciser un sens, après avoir pris un sens métaphorique de manière globale [c’est-à-dire que l’imam Abou Hanifah  évite de prendre le sens apparent mais ne donne pas un sens précis] . Ce qui montre ceci c’est sa parole « mais Son yad est Son attribut sans comment » donc cet attribut n’est pas du tout pris dans son sens réel (haqiqiyan).

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Kamal ad-Din Ahmad ibn Hasan al-Bayadi est mort en 1098 de l’Hégire, soit il y a plus de 300 ans.
  • C’était un grand savant hanafite reconnu qui a écrit un livre pour expliquer les expressions employées par l’imam Abou Hanifah dans ses différents livres.
  • Regardez comment il confirme que l’imam Abou Hanifah était pour l’interprétation métaphorique générale et contre le fait de prendre l’attribut  yad dans son sens apparent. Ceci prouve que c’est ce qu’ont compris les hanafites de la phrase de Abou Hanifah. Et donc personne ne peut utiliser cela comme preuve pour dire que Dieu aurait une « vraie main », wa l-‘iyaadhou billaah.
  • Le fait que l’imam Abou Hanifah était hostile à l’interprétation détaillée est dû à deux choses : les savants du Salaf n’en voyaient pas l’utilité en général sauf pour des cas  bien précis. Pour plus de précisions sur ce sujet, un article complet y est consacré,  vous pouvez le trouver en cliquant ici.

Imam an-Naçafi dit qu’appeler Dieu un « corps » ou une « cause » est de l’athéisme

Page de titre volume 2 tafsir Khazin NasafiPage interieure de Tafsir KhazinPage 163 volume 2 tafsir nasafiPage 164 volume 2 tafsir nasafi

L’imam Abou l-Barakat Abdoullah ibn Ahmad an-Naçafi, a écrit, en page 164, volume 2 de son Tafsir du Qour’an :

[Au sujet du verset :

وَلِلّهِ الأَسْمَاء الْحُسْنَى فَادْعُوهُ بِهَا وَذَرُواْ الَّذِينَ يُلْحِدُونَ فِي أَسْمَائه

Walillaahi l-asmaa’ou l-housna fa-d’ouhou bihaa wa dharou l-ladheena youlhidouna fi asmaa-ihi

qui signifie : « Et Allah a les noms parfaits, alors invoquez-Le par ces noms, et éloignez-vous de ceux qui font preuve de ilhaad [athéisme] envers ces noms ». Sourate al-A’raf verset 180].

«C’est de l’athéisme (ilhaad) que d’appeler Allah

« corps » (jism)

ou « substance élémentaire » (jawhar)

ou « raison » (‘aql)

ou « cause » (‘illah) »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Abou l-Barakat an-Naçafi est mort en 710 de l’Hégire, cad il y a environ 700 ans.
  • C’est un grand savant exégète cad spécialiste de l’interprétation du Qour’an. Son Tafsir est très connu. Il ne faut pas le confondre avec d’autres grands savants hanafites tels que Najm ad-Din Abu Hafs an-Naçafi qui a écrit le livre al-Aqaid, commenté par at-Taftazaani, et qui est une référence dans la croyance (mort en 537 AH), et Maymoun ibn Mouhammad an-Naçafi, le théologien qui a écrit le livre Tabsirat al-Adillah (dont un extrait se trouve ici).
  • Pour expliquer ce que veut dire ilhaad dans ce verset, Imam an-Naçafi dit que c’est un athéisme que d’appeler Dieu « jism » ou « illah », cad « corps » ou « cause ». En effet non seulement ces deux noms ne font pas partie des noms de Dieu rapportés dans les textes de religion, mais en plus de cela; leur signification est contraire aux enseignements de la croyance islamique. Dieu n’est pas un corps, Il n’est pas composé de parties. Et Il n’est pas une « cause » mais bien le Créateur de toute chose. Appeler Dieu une « cause » revient à dire qu’Il n’aurait pas de volonte, c’est la raison pour laquelle l’imam an-Naçafi fait figurer cette appellation avec le fait d’appeler Dieu un « corps », c’est-à-dire en tant qu’appellations qui sont de la mécréance.

Abou Hanifah et son traité « al-Fiqh al-Akbar » (regardez bien ce qu’il a VRAIMENT dit)

Voici l’intégralité du texte de al-Fiqh al-Akbar, qui est imprimée à la fin de l’édition dont vous voyez l’image de la page 323 à 327 (l’édition est un commentaire de al-Fiqh al-Akbar mais à la fin du livre ils mettent le texte en entier. Al-Fiqh al-Akbar ne fait que 5 pages). Vous trouverez ici l’intégralité du texte en arabe, et les passages soulignés sont ceux traduits ci-dessous.

Dans son livre al-Fiqh al-Akbar, il a dit, dès la première page de son traité :

Titre Fiqh al-akbar matnAl-Fiqh al-akbar Matn page 1

Il ne ressemble pas aux choses de Sa création, et aucune des choses de Sa création ne Lui ressemble. Il est de toute éternité avec Ses Noms et Ses attributs, ceux de l’Etre et ceux des actes. Pour ce qui est des attributs de l’Etre, ce sont : la vie, la puissance, la science, le kalam, l’ouïe, la vue, et la volonté. Les attributs des actes sont : créer, pourvoir, faire entrer en existence, […] et d’autres.

Le Qour’an est le kalam de Allah ta’aala: écrit dans des livres, mémorisé par les coeurs, récité par les langues et révélé au Prophète sallaLLAAHou alayhi wa sallam. Notre prononciation du Qour’an est créée, notre écriture du Qour’an est créée, notre récitation du Qour’an est créée mais le Qour’an n’est pas créé.

Dans la deuxième page du traité, il a dit :

charh_alfiqh_alakbar_matn-page22

« Allah parle pas comme nous parlons. Nous, nous parlons au moyen d’instruments et de lettres tandis que Allah ta’aala parle sans instruments ni lettres. Les lettres sont créées et le kalam de Allah n’est pas créé. Il est un chay’ pas comme les [autres] chay’. Le sens du fait de dire que Allah est un « chay' » est qu‘Il n’est pas un corps (bilaa jism) , Il n’est pas une substance (wa laa jawhar) , ni un attribut des substances (wa laa ‘arad), Il n’a pas de limites (laa had lahou), Il n’a pas d’opposé, ni d’équivalent, ni de pair. Il est attribué de yad, de wajh, de nafs, comme Il l’a mentionné dans le Qour’an. Ce que Allah ta’ala a mentionné dans le Qour’an en citant al-yad, al-wajh, et an-nafs, sont Ses attributs sans comment. Et on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce car cela constituerait un reniement de l’attribut, et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila, mais Son yad est Son attribut sans comment, et Son ghadab et Son rida sont deux de Ses attributs sans comment [pour plus de détails concernant cette phrase, cliquez ici].

Dans la troisième page du traité il a dit:

al-Fiqh al-akbar matn page 3

Nous ne mentionnons aucun des compagnons du Prophète sallallaahou alayhi wa sallam sans que ce ne soit en bien. Et nous ne déclarons pas mécréant un musulman à cause d’un péché qu’il aurait commis, même s’il s’agit d’un grand péché, tant qu’il ne se le rend pas licite, et nous ne lui enlevons pas le nom de croyant, au contraire nous l’appelons un croyant véritable. [En effet,] il est possible qu’une personne soit un croyant grand pécheur sans être mécréant. »

Dans la quatrième page du traité il a dit :

al-Fiqh al-Akbar matn page 4

« Allah sera vu dans l’au-delà . Les croyants Le verront, ils seront au Paradis et ils Le verront avec les yeux de leur tête, sans comparaison et sans comment, et il n’y aura pas de distance entre Lui et Ses créatures.« 

Dans la quatrième et cinquième pages du traité il a dit :

Al-Fiqh al-Akbar matn page 5

Tout ce que les savants ont mentionné au sujet des attributs de Dieu ta’ala wa azza en persan et de Ses noms est permis, excepté pour al-yad en persan , et il est permis de dire « Rou’i Khouda » [qui signifie: l’Etre de Dieu] azza wa jalla sans faire ressembler Dieu à Ses créatures et sans comment. Le fait d’être proche ou loin de Dieu ce n’est pas en termes de distance, courte ou longue: au contraire c’est en termes d’honneur et d’humiliation. Celui qui obéit est celui qui est « proche » de Lui sans comment, et celui qui désobéit est celui qui est « loin » de Lui sans comment.

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Abou Hanifah fait partie des Successeurs, il est né en 80 , mort en 150 et il fait partie du Salaf dont le Prophète sallallaahou alayhi wa sallam a fait l’éloge. Il a eu l’immense honneur de voir des gens qui avaient vu et vécu avec notre Prophète bien-aimé, sallaLLAAHOU alayhi wa sallam, Mouhammad fils de Abdoullah.
  • Ici il dit clairement que : le kalam de Allah n’est pas avec des lettres, qu’il n’y aura pas de distance entre Dieu et les gens lorsqu’ils Le verront alors qu’ils seront au Paradis, et aussi que Ses attributs sont « sans comment » (ce qui est TRES différent du fait de dire « on ne sait pas comment »).
  • Pour l’attribut de al-yad, la raison pour laquelle il refusait d’interpréter yad par qoudrah c’est parce que les gens de son époque qui interprétaient ces mots NIAIENT les attributs de Dieu et eux ils interprétaient pour NIER que Dieu avait un « yad » ce qui est bien évidemment inacceptable. De plus, le fait qu’il rajoute que c’est un attribut « bila kayf » c’est-à-dire « sans comment » et le fait qu’il dit plus loin qu’il ne faut pas traduire « yad » en persan [car le mot persan pour yad (qui se dit « daste » ) signifie juste « main » donc il n’a pas tous les sens de yad en arabe] cela montre bien que sa phrase ne signifie pas qu’il disait qu’il faut croire que Dieu a une VERITABLE main. D’ailleurs il ne dit ça nulle part. Enfin, il est tout à fait dans la lignée des Salaf, qui, comme l’ont dit an-Nawawi (et d’autres, dans ce site) préféraient ne pas interpréter en détail mais ils interprétaient en général, et en disant « sans comment » c’est exactement ce que Abou Hanifah a fait. Regardez aussi comment il explique le fait d’être « près de Dieu » ou « loin de Dieu », il dit bien que ce n’est pas une distance, ce qui montre bien qu’il ne comprend pas les expressions selon leur sens apparent. Que Dieu bénisse les savants de l’époque du Salaf. Pour plus de détails sur ce sujet, veuillez cliquer ici.

Abou l-Layth as-Samarqandi rapporte la parole de Ja’far as-Sadiq (qui commence par « Celui qui prétend que … »)

Page de titre de Charh al-Fiqh al-Akbar by “Al-Matouridi”Page 81 de Charh al-Fiqh al-Akbar (ici al-Wasiyya)

Dans le commentaire de al-Wasiyya( un livre de Abou Hanifah) par al-Layth as-Samarqandi, ce savant hanafite dit

« Ja’far al-Sadiq, que Dieu l’agrée, a dit que le tawhid (l’Unicité) (…) consiste à savoir que : Dieu n’est pas « à partir de » quelque chose, ni « dans » une chose, ni « sur » quelque chose, car en effet, celui qui dit de Dieu qu’Il est « à partir de » quelque chose, il Lui aura attribué le fait d’être créé, et il aura mécru, celui qui dit de Dieu qu’Il est « dans » quelque chose, il Lui aura attribué le fait d’être limité, et il aura mécru, et celui qui dit de Dieu qu’Il est « sur » quelque chose, il Lui aura attribué le fait d’avoir un besoin et d’être porté, et il aura mécru. »

Points à retenir de cette citation

  • al-Layth as-Samarqandi est mort en 378 de l’Hégire soit il y a plus de 1000 ans et son commentaire de al-Fiqh al-Akbar est très répandu. (Il est parfois appelé « le commentaire de al-Matouridi » dû à une certaine confusion )
  • al-Ja’far as-Saadiq fait partie du Salaf, et cette phrase qu’il a prononcée est aussi connue. Il dit clairement que si Dieu était littéralement « sur » quelque chose, alors il serait porté par cette chose, ce qui est inconcevable ma sha ALLAH.

al-Fatawa al-Hindiyyah mentionnent clairement que celui qui dit « Allah fis-samaa » en visant l’endroit a commis de la mécréance.

Page de titre de al-Fatawa al-HindiyyaLa page 259 du volume 2 de al-Fatawa al-Hindiyya

Dans ce recueil de fatwas qui fait autorité dans le Fiqh hanafite en Inde et ailleurs, il est mentionné, volume 2, page 359:

« Et s’il dit, « Allah fis-samaa‘ « , [il y a deux cas:] si il visait le simple fait de répéter ce qui est parvenu de manière apparente dans les textes, il ne commet pas de mécréance, mais s’il visait par cela l’endroit, il commet de la mécréance. »

Points à retenir de cette citation:

  • al-Fatawa al-Hindiyya est un recueil de fatwas de savants hanafites du continent asiatique (surtout de l’Inde) qui regroupe presque tous les avis de l’école et qui est une référence jusqu’à aujourd’hui des jugements de l’école. Il a été écrit il y a plus de 300 ans.
  • Il a été dit que 500 savants du sous-continent indien ont travaillé à ce recueil (chaque groupe de savants d’un état indien était en charge d’un chapitre), et qu’ils n’écrivaient une fatwa que lorsque personne ne la contestait.
  • Ici , ils disent bien que même si la personne dit « Allah fis-samaa », selon ce qu’il vise cela peut être de la mécréance. Donc ce débat n’est pas qu’une affaire de traductions! C’est une question de compréhension. Celui qui dit des phrases en arabe, tout en visant par cela que Dieu est limité, c’est de la mécréance.
  • Le titre original de ce recueil c’est Fatawa-e-Alamgiri, en perse, du nom du sultan Aurangzeb , mort en 1707 qui avait facilité aux savants hanafites la compilation de ces fatwas. Elles ont très vite été surnommées « al-Fatawa al-Hindiyya » en arabe.

Le jugement des savants du Salaf sur le fait que croire en une direction au sujet de ALLAH est de la mécréance (rapporté par Ali al-Qari)

Page de titre de Mirqat al-MichkatLa page 300 de ce livre

Dans son commentaire intitulé Mirqat al-Mafatih, Charh Michkat al-Maçabih vol.3 p.300, il dit:

« Tout un groupe d’entre eux [c’est-à-dire les Pieux Prédécesseurs] ainsi que du Khalaf [c’est-à-dire de l’époque qui a suivi] a dit:

« Celui qui croit en une direction [au sujet de Dieu] est un mécréant (kafir) , comme cela a été clairement rapporté par al-Iraqi quand il a dit: « Ceci est l’avis de Abou Hanifah, Malik, Al-Chafii, al-‘Achari et al-Baqillani » »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Ali al-Qari est mort en 1014 de l’Hégire soit il y a plus de 400 ans (et donc bien avant la naissance de Mouhammad ibn Abd al-Wahhab qui est né en 1115).
  • C’est le même qui a commenté al-Fiqh al-Akbar de ABou Hanifah, il est une sommité de la science, un très grand savant hanafite. Il vivait à laMecque et c’est là qu’il enseignait et qu’il est mort (il était né dans ce qui est l’Afghanistan aujourd’hui).
  • Ceci vient à fin d’un long passage où il explique comment comprendre les versets du Qour’an qui ne sont pas explicites.
  • Ici il rapporte que tout un groupe du Salaf disait que attribuer une direction à Dieu est de la mécréance, parmi eux: Abou Hanifah, Malik, ach-Chafii.

Ali al-Qari rapporte la parole de Abou Hanifah qui déclare mécréant ceux qui disent « Je ne sais pas si Dieu est sur terre ou dans le ciel »

titre_sharh_alfiqh_alakbar2.jpgLa page 333 de ce livreLa page 334 de ce livre

Ali al-Qari est un grand savant hanafite né en Afghanistan et qui a étudié et est mort a La Mecque. Il était appelé Moulla al-Qari. Il a dit dans son explication du livre al-Fiqh al-Akbar, de Abou Hanifah: charh al-Fiqh al-Akbar , pages 333 et 334:

« Pour répondre à ceci [cad à des fausses hypotheses], nous pouvons citer le Chaykh, l’Imam Ibn Abd as-Salaam qui, dans son livre Hal al-Ramouz, dit que Abou Hanifah, que ALLAH lui fasse misericorde, a dit:

« Celui qui dit : »Je ne sais pas si Dieu est dans le ciel ou sur la terre
a commis de la mécréance, parce qu’il aura attribué un endroit a Dieu (al-Haqq), et celui qui s’imagine que Dieu est dans un endroit est un anthropomorphiste (mouchabbih) »

Il n’y a aucun doute sur le fait que Ibn Abd as-Salam fait partie des savants les plus fiables et sûrs, par conséquent, il est obligatoire de le croire dans ce qu’il a rapporté ».

La page 354 de ce livreLa page 355 de ce livre

Dans le même livre, p.355, il dit:

« Ceux qui ont été injuste, qui sont parmi ceux qui ont menti au sujet de ALLAH, ou qui ont prétendu des choses qui comprenaient la confirmation d’un endroit à ALLAH, d’une direction en face [de Lui] et une confirmation d’une distance [entre Lui et Ses créatures] et de toute chose semblable à cela devient mécréant (kaafir) immédiatement. »

Nous vous mettons la page 354 aussi pour que vous puissiez lire le contexte de cette citation (il dit cela en age 355, après un paragraphe où il réfute les gens qui disent que Dieu sera vu dans cette vie d’ici-bas).

Points à retenir de ces citations:

  • L’imam Ali al-Qari mort en 1014 c’est-à-dire il y a plus de 400 ans.
  • Et notez bien que Ali al-Qari déclare que Ibn abd as-Salam en tant que grand savant. En effet, Ibn Abd al-Salam était appelé « Chaykh al-Islam » à son époque (il est mort en 660 de l’Hégire).
  • Ici, ce grand savant hanafite, qui commente un texte de base de Abou Hanifah (al-Fiqh Akbar), il cite la VRAIE parole de Abou Hanifah à ce sujet.
  • Il dit qu’il faut croire Ibn Abd al-Salam quand il dit que Abou Hanifah a déclaré mécréant celui qui s’imagine que Dieu est dans un endroit.
  • Il dit aussi clairement qu’attribuer un endroit ou une direction à Dieu est de la mécréance sans hésitation.
  • Ce livre est toujours en vente de nos jours: le titre complet est : Minah ar-Rawd al-Azhar fi charh al-Fiqh al-Akbar.

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