Fatwa des savants de al-Azhar au sujet de celui qui croit que Dieu est dans un endroit

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Voici la traduction de cette fatwa importante, qui est rédigée par l’Imam Abou Mouhammad Mahmoud ibn Mouhammad ibn Khattab As-Soubki al-Azhari dans son livre Ithaf al-Kainat bi-bayan as-salaf wa l-khalaf fi l-moutachabbihat, page 3:

LISEZ BIEN CAR CE QU’IL A DIT EN 1931 EST TRES IMPORTANT!

Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim La louange est à Allah le Seigneur des mondes. Celui qui est exempt des caractéristiques des créatures, comme la direction, le corps, l’endroit et le fait d’être au-dessus. Que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à notre maître Mouhammad, celui qui est venu avec l’effacement de l’association (Ach-chirk) et de l’athéisme (al-‘Ilhad), celui qui nous a ordonné d’exempter Allah ta’ala des attributs des esclaves, celui sur qui a été révélée la sourate ( قل هو الله أحد الله الصمد لم يلد و لم يولد و لم يكن له كفوا أحد ) [qui signifie: « Dis que Allah est unique, Il n’a besoin de rien, Il n’engendre pas et Il n’est pas engendré et qu’Il n’est pas d’équivalent »] ainsi que le verset ( ليس كمثله شيء و هو السميع البصير ) [il se lit Layça kamithlihi chay’ wa houwa s-Samee’ou l-Baseer » et il signifie « Rien n’est tel que Lui »] ainsi qu’ à sa famille et ses compagnons, ceux qui ont suivi sa bonne guidée jusqu’au jour du jugement. Mahmoud fils de Mouhammad fils de Ahmad Khattab As-Soubki dit :

[LA QUESTION]

« Un de ceux qui veulent connaître la science de la religion, et s’attacher à la voie du Salaf et du Khalaf m’a interrogé au sujet de ce qui n’est pas explicite dans les ‘ayah et les hadiths, par sa parole : « Que disent les maîtres des savants, que Allah ta’ala les protège, au sujet de celui qui a pour croyance que Allah ‘azza wa jall a une direction, ou qu’Il est assis sur le trône dans un endroit spécifique, qui dit que cela est la croyance du Salaf, qui amène les gens à avoir cette croyance, qui leur dit que celui qui ne croit pas cela est un mécréant, en prenant pour argument Sa parole ta’ala (الرحمن على العرش استو ى ) [Sourate Taha verset 5, qui se lit : ar-Rahman ‘ala l-‘archi stawa, et dont le sens apparent serait que Dieu serait établi sur le Trône, mais vous allez voir que le Chaykh as-Soubki explique qu’il ne faut pas le comprendre ainsi] Et Sa parole ‘azza wa jall ( ءأمنتم من في السماء ) [Sourate al-Moulk verset 16 qui se lit : A amintoum man fis-samaa, et qui littéralement signifie « Vous croyez-vous à l’abri de celui qui est au ciel? »] Est-ce que cette croyance est correcte ou fausse ? Et si elle est fausse, est-ce que celui qui dit cela devient mécréant en ayant cette croyance précédemment citée ? Est-ce que tous ses actes comme la prière, le jeûne et autres que ceux-là des actes de la religion sont annulés ? Est-ce que sa femme cesse d’être son épouse ? Et est-ce que, s’il meurt sur cet état avant de se repentir, on ne le lave pas, on ne fait pas la prière funéraire en sa faveur, on ne l’enterre pas dans un cimetière de musulmans ? Et est-ce que celui qui le croit dans cette croyance devient mécréant comme lui ? Et que dites-vous au sujet de certaines personnes qui prétendent que nier les six directions à Allah ta’ala reviendrait selon eux à nier l’existence de Allah ta’ala ? Répondez-nous, que Allah vous rétribue en récompense en indiquant la voie du Salaf et du Khalaf dans ces deux ‘ayah et ce qui est du même ordre parmi les ‘ayah non explicites comme Sa parole ( إليه يصعد الكلم الطيب ) [Sourate verset qui se lit Ilayhi yaS’adou l-kalimou t-tayyib, et qui littéralement signifierait « Et à Lui remontent les bonnes paroles »] Et des hadiths des attributs comme le hadith ( ينزل ربنا إلى سماء الدنيا ) [qui se lit yanzilou Rabbouna ila s-Samaa’i d-dounya] Et le hadith de la femme esclave d’une explication qui nous suffise en citant les paroles des savants du Tafsir et du hadith, de la jurisprudence, du Tawhid, avec les détails complets pour que les langues de ces gens-là, qui assimilent Allah ta’ala à Ses créatures, cessent de diffuser leur mal. Ils prétendent que le Ta’wil des savants du Khalaf serait de la mécréance en soutenant que c’est la voie des jahmiyyah mécréants et ils ont diffusé cela parmi les gens du commun. Que Allah ta’ala vous rétribue en bien pour la religion de la meilleure des rétributions.

[LA REPONSE]

§ J’ai répondu par l’aide de Allah ta^ala et j’ai dit : §

Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim, la louange est à Allah Celui qui guide vers la vérité. Que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à celui qui a reçu la sagesse et l’éloquence. Ainsi que sa famille et ses compagnons, ceux que Allah a guidés et à qui Il a accordé la réussite. Le jugement de cette croyance est qu’elle est infondée et celui qui y croit est un mécréant par l’unanimité des savants musulmans que l’on prend en considération. La preuve selon la raison est l’exemption de Allah ta’ala du début et le fait qu’Il est différent de ce qui entre en existence. Et la preuve à partir des textes est Sa parole ta^ala ( ليس كمثله شيء و هو السميع البصير ) [cela se lit Layça kamithlihi chay’ wa houwa s-Samee’ou l-Baseer » et cela signifie « Rien n’est tel que Lui »] Quiconque a cru que Allah ta’ala est incarné dans un endroit, qu’Il est en contact avec un endroit ou avec quoi que ce soit parmi les créatures comme le trône, le piédestal, le ciel, la terre ou autre que cela est catégoriquement un mécréant. Tous ses actes seront annulés que ce soit sa prière, son jeûne, son pèlerinage et autres que ceux-là. Sa femme cesse d’être son épouse, il doit se repentir immédiatement et s’il meurt sur cette croyance, que Allah ta’ala nous en préserve, il n’est pas lavé, on ne fait pas la prière funéraire en sa faveur, on ne l’enterre pas dans un cimetière de musulmans. Et sont pareils à celui-là tous ceux qui ont cru [en une telle personne] avec cette croyance, que Allah ta’ala nous préserve du mal de nos âmes et de nos mauvais actes. Quant au fait d’amener les gens a croire en cela et a leur dire que ne pas croire ainsi est de la mécréance, ceci est [également] de la mécréance et une grave calomnie. Sa prétendue argumentation par ces deux ‘ayah est infondée. Comment quelqu’un de raisonnable comprendrait-il de ces deux ‘ayah et de ce qui est du même ordre, que Allah ‘azza wa jall serait assis sur le trône, ou s’assoit dessus ou, qu’Il est dans le ciel ou ce qui est du même ordre de ce que prétend ce groupuscule alors que la Parole de Allah n’est pas créée, qu’Elle est un des attributs de Allah ta’ala exempt de début ? Il existe avant l’existence du trône et des cieux. Allah ta’ala a pour attribut l’Istiwa’ ‘ala l ‘arch avant l’existence du trône. Est-ce qu’Il était assis selon eux sur le trône qui était inexistant avant son existence ? Est-ce que Allah jalla jalalouhou aurait été dans le ciel avant la création des cieux ? Quelqu’un de raisonnable ne conçoit pas cela. Est-ce que la raison va croire que celui qui est exempt de début s’incarne dans quelque chose qui entre en existence ?Certes nous appartenons à Allah et nous reviendrons à Son jugement. En résumé, celui qui dit ces paroles ainsi que ces semblables qui n’acceptent pas la confirmation, ni par la raison ni par les textes transmis, sont devenus mécréants alors qu’ils pensent qu’ils sont en train de bien faire. Ce qui est catastrophique est qu’ils prétendent être des Salafites, alors que ce sont des gens écartés de la voie de la vérité blâmant les meilleurs musulmans. La hawla wa la qouwwata ila bi l-lah al-‘aliyy al-‘adhim.

[LA METHODE DU SALAF ET DU KHALAF POUR CES VERSETS]
Quant à la voie du Salaf et du Khalaf concernant les ‘ayah et les hadiths non explicites (moutachabih), tous se sont accordés à dire que Allah ta’ala est exempt des caractéristiques des créatures. Allah ‘azza wa jall n’a pas d’endroit, ni au trône, ni dans le ciel, ni ailleurs. Et Il n’est pas caractérisé par l’incarnation dans des choses qui seraient entrées en existence, ni par le contact avec quoi que ce soit, ni par le changement, ni par le déplacement et ce qui est du même ordre des caractéristiques de ce qui entre en existence. Mais Allah soubhanahou wa ta’ala est tel qu’Il est avant l’existence du trône, avant qu’Il n’ait créé le trône, le piédestal, les cieux et autres choses qui sont entrées en existence. Le Hafidh [al-‘Asqalani ] a dit dans al-Fath : « Les Faqih se sont tous accordés qu’ils soient en orient ou en occident à croire en le Qour’an et en les hadith qui sont parvenus par les gens dignes de confiance d’après le messager de Allah Salla llahou ‘alayhi wa ‘ala ‘alihi sallam concernant les attributs du Seigneur sans assimilation ni interprétation par un sens qui n’est pas correct ».

Mais ils ont seulement divergé entre eux concernant l’explication du sens qui est visé par ces ‘ayah et ces hadith.

[LA METHODE DU SALAF]
Le Salaf, que Allah ta’ala l’agrée, a pour croyance en ces ‘ayah et ces hadith tout comme ils sont parvenus. Ils ont pour croyance qu’ils n’ont pas le sens apparent en raison de la parole de Allah ta »ala
( ليس كمثله شيء و هو السميع البصير ) Layça kamithlihi chay’ wa houwa s-Samee’ou l-Baseer
[ cela signifie « Rien n’est tel que Lui »]
Et ils remettent la connaissance du sens visé à Allah ta’ala, en raison de Sa parole ^azza wa jall « wa ma ya’lamou ta’wilahou illa llaah » ( و ما يعلم تأويله إلا الله ) [Sourate 3, verset 7, cela signifie « Et ne sait son interprétation que Allah »];et ils disent au sujet de la ‘ayah ar-Rahman ‘ala l-‘archi stawa ( الرحمن على العرش استوا ) [Sourate Taha verset 5, dont le sens apparent serait que Dieu serait établi sur le Trône, mais vous allez voir qu le Chaykh as-Soubki explique qu’il ne faut pas le comprendre ainsi] :
« Istawa’, d’un istiwa’ qui est digne de Lui et que seul Lui, Allah ‘azza wa jall, sait ».

Et pour la ‘ayah A amintoum man fis-samaa ( ءأمنتم من في السما ) [Sourate al-Moulk verset 16, qui littéralement signifie « Vous croyez-vous à l’abri de celui qui est au ciel? »] :[Les gens du Salaf disent:] « Nous avons foi en ces versets selon le sens que Allah a voulu, tout en L’exemptant parfaitement des attributs de ce qui entre en existence ainsi que de l’incarnation.

Ils disent au sujet de la ‘ayah yadoullah fawqa aydihim ( يدالله فوق أيديهم ) [Sourate Fath verset 10, qui littéralement signifierait que « Sa main est au-dessus des leurs » mais ici ce n’est pas le sens qui est visé] : »Il a un yad pas comme nos mains et ne le sait que Allah ta’ala »; et ainsi pour toutes les ‘ayah non explicites ( moutachabihah).

L’imam glorieux, le salafite Ibnou Kathir dans le troisième tome de son Tafsir page 488 a dit, quant à la parole de Allah : thoumma stawa ala ‘arch ( ثم استوى على العرش )[Sourate al-A’raf verset 54, que vous pouvez retrouver dans ce site]

Les gens ont à ce sujet plusieurs avis , mais ce n’est pas le lieu de les détailler ici. Nous citons ici la voie du Salaf vertueux de Malik, al-Awza’iyy, ath-Thawriyy, Layth Ibnou Ka’b, Ach-Chafi’iyy, Ahmad ibnou Hanbal, Ishaq ibnou Rahawih et d’autres qu’eux parmi les imams musulmans du passé et contemporains et plus récents, à savoir de lire ces ‘ayah comme elles sont parvenues. Sans attribuer le comment, ni d’assimilation, ni annulation de ces ‘ayah. Et le sens apparent qui vient à l’esprit des assimilateurs est nié au sujet de Allah ta’ala. Car Allah n’a pas de ressemblance avec quoi que ce soit de Ses créatures. Rien n’est tel que Lui et Il est celui qui entend et qui voit. Mais il en est comme l’on dit les imams parmi lesquels Na’im ibnou Hammad al-Khouza’iyy, le chaykh de Al-Boukhariyy, qui a dit : « Celui qui assimile Allah à Ses créatures est un mécréant, et celui qui renie ce que Allah a cité comme attributs pour Lui-même est mécréant. Et il n’y a pas, dans les attributs que Allah a cités comme étant Ses propres attributs ni dans ceux que Son messager a cités, d’assimilation. Celui qui confirme à Allah ta’ala ce qui est parvenu dans les ‘ayah explicites et les nouvelles sûres, conformément à ce qui est digne de l’éminence de Allah ta’ala et qui a nié au sujet de Allah ta’ala les défauts, il aura suivi la voie de bonne guidée  » .

Et [on trouve] semblable à cela dans d’autres tafsir des Imams véridiques.
Et ils disent au sujet du hadith yanzilou Rabbouna ila s-Samaa’i d-dounya (ينزل ربنا إلى سماء الد نيا ): »C’est un nouzoul qui est digne de Lui et que seul Lui, Allah ta’ala sait ». Quant au hadith de la femme esclave, al-jariyah, qui a été rapporté par Mouslim et Abou Dawoud par la voie de Mou’awiyah ibnou al-Hakam dans lequel il est dit que le prophète sallallahou ‘alayhi wa sallam a interrogé la femme esclave en lui disant أين الله [aynallah] et qu’elle a répondu في السماء [fis-samaa’] et qu’il a dit من أنا [man ana] et qu’elle lui a répondu أنت رسول الله [anta raçouloullah] et il a dit à son maitre أعتقها فإنها مؤمنة [ce qui signifie: Libère-là car certes elle est croyante], ils disent à son sujet ce qu’ils ont dit au sujet de la ‘ayah a amintoum man fis-samaa’( ءأمنتم من في السماء )

Et il en est de même au sujet des hadith des attributs non explicites. Ils ont argumenté cela par sa parole ‘azza wa jall « Houwa l-ldhee anzala ‘alyka l-kitab minhou aayaat mouhkamaat wa hounna oummou l-kitaab wa akhr moutachaabihaat fa amma l-ladheena fee qouloubouhim zayghou fa yatab’ouna maa yatachaabah minh ibtaghaa’ al-fitnah wa btaghaa’ ta’wilihi wa lam ya’lam ta’wilahou illallaah ( هو الذي أنزل عليك الكتاب منه آيات محكمات و هن أم الكتاب و أخر متشابهات فأما الذين في قلوبهم زيغ فيتبعون ما تشابه منه ابتغاء الفتنة و ابتغاء تأويله و ما يعلم تأويله إلا الله ). [ ce qui signifie :« C’est Lui (Allah) Qui t’a révélé le Livre au sein duquel il y a des ‘ayah explicites (mouhkamah) qui sont la base du Livre et d’autres [‘ayah qui sont] non explicites (moutachabihah). Quant à ceux dont les cœurs sont déviés, ils suivent ce qui n’en est pas explicite pour faire tomber dans l’égarement et faire de mauvaises interprétations, et ne connaît son interprétation que Allah] .Ils ont dit que l’on s’arrête [au mot Allah] avec cette récitation.

Quant à la suite « wa r-Raashikhouna fi l-ilm « ( و الراسخون في العلم ) [c’est-à-dire « et ceux qui sont versés dans la science », pour le Salaf, c’était une parole pour indiquer que les plus illustres de ceux qui ont la science croient en la véracité des ‘ayah non-explicites (moutachabihah) du Qour’an.

[LA METHODE DU KHALAF]
Quant au Khalaf, que Allah ta’ala leur fasse miséricorde, ils disent au sujet de cette ‘ayah et de ces hadith, que leur sens est connu. Ainsi le sens de ar-Rahman ‘ala l-‘archi stawa ( الرحمن على العرش استوا ) est « Istawla bil-qahar« , c’est-à-dire « Il a dominé », que le trône est sous la destinée de Allah.

Et la signification de a amintoum man fis-samaa’ ( ءأمنتم من في السماء ), c’est : « Celui dont la souveraineté est au ciel », ou alors c’est pour dire que c’est une forme en langue arabe qui indique la glorification de Allah ta’ala en lui attribuant al ‘oulouw et al ‘athamah et l’exemption ddu fait d’être dessous ou en bas (as-soufl wa at-taht), non pas que Allah ta’ala est incarné dans le ciel, car l’incarnation fait partie des caractéristiques des corps et des signes d’entrée en existence et Allah est exempt de cela.
Et la signification de yanzilou Rabbouna ila s-Samaa’i d-dounya ( ينزل ربنا إلى سماء الدنيا ), c’est-à-dire que c’est Son messager qui descend au ciel du bas-monde, ou bien Sa miséricorde. Quant à la décision du messager salla llahou ta’ala ‘alayhi wa ‘ala alihi wa sallam de libérer la femme esclave, lorsqu’elle a dirigé sa main vers le ciel, c’est parce que que cela de sa part indique qu’elle n’attribue pas d’associé à Dieu. Car en montrant le ciel du doigt, il a su qu’elle n’était pas de ceux qui adorent les idoles qui sont sur terre. Il en est de même dans les autres ‘ayah et hadith et c’était pour les savants du Khalaf une indication [de plus pour confirmer le fait que] qu'[il faut s’arrêter au mot ‘ilm] dans la récitation de la ‘ayah honorable pour la parole de Allah ta^ala wa r-Raashikhouna fi l-ilm ( و الراسخون في العلم ) [et donc on lirait : « C’est Lui (Allah) Qui t’a révélé le Livre au sein duquel il y a des ‘ayah explicites (mouhkamah) qui sont la base du Livre et d’autres [‘ayah qui sont] non explicites (moutachabihah). Quant à ceux dont les cœurs sont déviés, ils suivent ce qui n’en est pas explicite pour faire tomber dans l’égarement et faire de mauvaises interprétations, et ne connaissent son interprétation que Allah ainsi que ceux qui sont versés dans la science. »

Ils argumentent cela par le fait que le Qour’an est en langue arabe et que la langue arabe contient le sens de ces mots qui sont dans ces ‘ayah non explicites.

Les voies du salaf et du khalaf sont toutes deux correctes
. Les preuves indiquent leur vérité et le surcroit de mérite revient au Salaf. Celui qui attribue donc aux savants du salaf ou du khalaf quelque chose de contraire à cela, c’est un égaré qui déroute les gens. Celui qui dit que la voie du Khalaf est la voie des Jahmiyyah, c’est un calomniateur menteur.Car

« les Jahmiyyah sont ceux qui ont suivi Jahm ibnou Safwan qui a prétendu que la personne est contrainte dans ces actes, il a nié toutes les capacités. Il a prétendu que le paradis et l’enfer auront une fin. Il a prétendu aussi que la foi est uniquement le fait de connaitre de Allah ta’ala et que la mécréance est uniquement le fait d’ignorer [l’existence] de Allah. Il a dit qu’il n’y a pas d’actes à autre que Allah ta’ala mais que les actes sont attribués aux créatures par un sens figuré tout comme on dit que le soleil a quitté le zénith ou que le moulin a tourné sans qu’ils soient sujets ou capables de faire ce qui a été cité à leur sujet. Il a prétendu également que la science de Allah ta’ala est entrée en existence. Il s’est abstenu de dire que Allah est un chay’ ou qu’Il est Hayy’ ou qu’Il est ‘Alim ou qu’Il est Mourid. Il a dit : « Je ne lui donne pas un terme qu’il est possible d’utiliser pour autre que Lui comme chay’, ou Hayy ou ‘Alim ou mourid et ce qui est du même ordre ». Il acceptait d’attribuer [à Dieu] le fait qu’Il est qadir, moujid, fa’il, khaliq, mouhyiy moumit car ces attributs Lui sont spécifiques . Il a prétendu que la parole de Allah ta’ala est entrée en existence tout comme l’ont dit les qadariyy. Et il n’a pas dit que Allah ta’ala est moutakallim. Nos compagnons l’ont déclaré mécréant dans tous ces égarements. Et les qadariyy l’ont déclaré mécréant quand il a dit que Allah ta’ala est créateur des actes des esclaves. Les différents groupes de la communauté se sont accordés à le déclarer mécréant. »Fin de citation du livre al-Farqou bayna l-firaq de l’imam Abou Mansour ^Abdou l-Qahir al-Baghdadiyy page 199. [présente ds ce site]

Et à partir de là, tu sauras que les savants du Khalaf sont innocents de cette voie [des Jahmiyyah] et de ceux qui l’ont suivie.

Quant à ce qui a été dit au sujet de « renier les six directions au sujet de Allah ta^ala revient à nier Son existence », ce n’est d’évidence qu’une parole infondée, en raison de ce qui est connu que Allah ‘azza wa jall existe avant l’existence des six directions citées qui sont haut, bas, devant, derrière, droite et gauche. Il existe avant l’existence du monde dans sa totalité par l’unanimité des prédécesseurs et des successeurs. Comment pourrait-on concevoir que l’existence de Allah ‘azza wa jall qui est exempt de début,n dépendrait de l’existence de certaines choses entrées en existence ou de tout ce qui est entré en existence qu’Il a crée soubhanallah ? Ce ne sont là que des calomnies graves. Un groupe de Salaf et de khalaf ont dit que celui qui a pour croyance que Allah est dans une direction est un mécréant tout comme l’a dit al-‘Iraqi, Abou Hanifah, Malik, ach-Chafii, Abou l-Hacan al-Ach’ari et al- Baqillani.

Le savant Moulla ‘Ali al-Qari dans son Sharh de al-Michkat, tome 2 page 167 l’a dit. Allah ta^ala dit
( فانها لا تعمى ألابصار و لكن تعمى القلوب التي في الصدور )
C’est-à-dire: ce n’est pas les yeux qui deviennent aveugles mais ce sont les cœurs qui sont dans les poitrines.

Et Allah ta’ala dit ( و من لم يجعل الله نورا فماله من نور )
C’est-à-dire, : « Celui que Allah ne guide pas, qui va le guider ? »
Nous demandons à Allah ta’ala qu’Il nous guide tous vers la voie de droiture et qu’Il nous préserve et qu’Il nous protège des débordements et des mauvaises suggestions du chaytan maudit et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés au dernier des prophètes ainsi qu’a ceux qui ont œuvré conformément à sa guidée

Et j’ai exposé cette réponse à un groupe de savants émérites de Al ‘Azhar qui l’ont validée et qui ont écrit leur noms sur celle-ci. Il s’agit de leurs excellences,

  • le Chaykh Mouhammad An-Najdi, le chaykh des maîtres des Chafiis,
  • le Chaykh Mouhammad Sabi’ adh-Dhahabi,
  • le Chaykh des maîtres Hanbalites, le Chaykh Mouhammad al-‘Azbiyy Rizq, l’enseignant des hautes études ,
  • et le Chaykh ‘Abdoul-Hamid ‘Ammar, l’enseignant des hautes études,
  • le Chaykh ‘Aliyy an-Nahrawiyy, l’enseignant des hautes études,
  • le Chaykh Dousouqiyy ‘Abdullah al ‘Arabi, du comité des grands savants,
  • et le Chaykh ‘Ali Mahfoudh, l’enseignant dans les spécialités de Al Azhar,
  • le chaykh Ibrahim ‘Ayyarah ad-Daljamouni, l’enseignant dans la section spécialisation de Al-Azhar,
  • le Chaykh Mouhammad ‘Alyan, grand savant de Al-Azhar,
  • le Chaykh Ahmad Makkiyy, l’enseignant dans la section des spécialisations de Al-Azhar,
  • et le le Chaykh Mouhammad Houcayn Himdan.
Points à retenir:
  • L’imam as-Soubki al-Azhari est mort en 1352 de l’Hégire, que Allah lui pardonne, et la fatwa a été rédigée et signée par ces savants en 1350 de l’Hégire.
  • Ce qu’il explique ici est un jugement sur la croyance, la croyance musulmane ne change pas avec les époques. Si il a pu dire, il y a 80 ans, que croire que Dieu est dans une direction est de la mécréance, par avis unanime des savants dignes de considération, pourquoi alors aujourd’hui certains ne veulent pas accepter cette réalité et préfèrent dire que ce n’est pas de la mécréance?

Imam al-Qourtoubi interprète le verset de l’Istiwa

Titre Tafsir Qourtoubi vol 1Page 254 vol 1 qourtoubiPage 255 vol 1 qourtoubi

L’imam al-Qourtoubi a dit dans son Tafsir, lors du premier verset de l’istawa dans le Qour’an, volume 1 pages 254, sourate al-Baqarah verset :

« Ce verset fait partie des versets problématiques et les gens sont, au sujet de ce verset et de ceux qui sont du même type, en trois groupes. Certains ont dit : « nous les lisons, et nous y croyons sans en faire l’éxégèse« , et ce qu’ont choisi la plupart des imams, et il en est tel qu’il a été rapporté de [l’imam] Malik, que Allah lui fasse miséricorde, qu’un homme l’avait interrogé au sujet du verset « ar-Rahman ‘ala l-archi stawa et qu’il a dit « L’istawa n’est pas inconnu, et le comment n’est pas concevable, et la croyance en cela est obligatoire et questionner à ce sujet est une [mauvaise] innovation et je vois que tu es quelqu’un de mauvais! Et il l’a fait sortir. Certains autres ont dit : « nous les lisons et nous les expliquons selon ce qui est apparent dans la langue ». Et ceci est la parole des anthropomorphistes (mouchabbihah). Et d’autres ont dit :« Nous les lisons et nous les interprétons et nous interdisons le fait de les prendre selon le sens apparent. [puis il cite différentes interprétations jusqu’à la page 255 que vous pouvez consulter en cliquant dessus] »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam al-Qourtoubi est mort en 671 de l’Hégire soit il y a plus de 700 ans. Il est très connu pour son Tafsir, éxégèse du Qour’an.
  • Ici il dit clairement que ceux qui prennent les versets selon leur sens apparent sont des anthropomorphistes, et il propose plusieurs interprétations de ce verset.

al-Hafidh Ibn Hajar al-Asqalani explique comment comprendre Hadith an-Nouzoul

Page de titre générale de Ibn Hajar FathTitre Ibn Hajar Fath vol 3 realPage 22 vol 3 FathPage 23 vol 3 FathPage 24 vol 3 Fath

L’imam Ibn Hajar al-Asqalani, en expliquant une des versions du hadith dU Prophète Mouhammad sallallaahou ‘alayhi wa sallam, appelé hadith an-Nouzoul (et qui donnerait l’impression de Dieu descend du ciel toutes les nuits), dans son livre Fath al-Bari, volume 3, page 23 (vous trouverez ci-dessus les pages 22 et 24 uniquement pour le contexte, mais la phrase se trouve page 23):

« Quant à sa parole « Yanzilou Rabbouna ‘ila s-Samaa’i d-Dounya« , les anthropomorphistes (mouchabbihah) se sont basés dessus pour confirmer une direction à Allah et ils disent que c’est la direction du dessus (al-oulouww) et cela a été renié par les savants (al-joumhour), parce que parler ainsi revient à limiter Dieu, qui est exempt de cela. Puis les gens ont divergé sur le sens de an-nouzoul : certains l’ont pris selon le sens apparent et en réalité , ce sont les anthropomorphistes (al-Mouchabbihah), et Allah est exempt de ce qu’ils disent. Certains ont carrément nié la véracité de tous les hadiths parvenus à ce sujet, ceux-là sont les Khawarij et les Mou’tazilah et ceux-là sont vraiment étonnants parce que d’un côté ils interprètent ce qui est parvenu dans le Qour’an qui est du même ordre, et d’un côté ils renient ce qui est parvenu du hadith soit par ignorance, soit par entêtement. Certains sont passés sur ces textes comme ils ont été révélés en y croyant dans leur globalité et en exemptant Allah du comment des anthropomorphistes, et ceux-là sont la majorité des savants du Salaf . [Par ailleurs], al-Bayhaqi ainsi que d’autres, ont rapporté des quatre imams, des deux Soufyan, des deux Hammad, de al-Awza’i, de al-Layth, et d’autres, qu’ils ont interprété ce texte selon ce qui est digne de Allah et qui est utilisé dans la langue des Arabes. Certains autres sont allés tellement loin dans l’interprétation que cela revenait à une sorte de distortion. Certains autres ont fait la différence entre ce qui est une interprétation « proche » c’est-à-dire utilisée dans la langue des Arabes, et ce qui serait éloigné, et par conséquent, ils ont interprété dans certains cas et ils ont fait le tafwid [laisser le sens à Allah] dans certains cas, et cela a été rapporté de l’imam Malik .Il a été confirmé par Ibn Daqiq al-Id, de parmi les savants de la nouvelle génération, que al-Bayhaqi a dit que la plus saine [de toutes ces voies] est d’y croire sans comment et de passer sous silence ce qui est visé. »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Ibn Hajar al-Asqalani est mort en 852 de l’Hégire, soit il y a plus de 500 ans.
  • Son commentaire de Sahih al-Boukhari, qui s’appelle “Fath al-Bari” est un livre incontournable pour tout étudiant en science de religion et pour tout savant.
  • Ici, il dit clairement que ceux qui prennent ce hadith selon son sens apparent ce sont les anthropomorphistes, c’est-à-dire ceux qui font ressembler Dieu à Ses créatures. Il dit aussi que des interprétations ont été rapportées des savants du Salaf tels que les fondateurs des 4 écoles par exemple.

Ibn Kathir dit que le sens apparent des versets non-explicites est à rejeter

Page de titre de Tafsir ibn Kathir vol 2 realPage 220 vol 2 tanzih ibn kathir

Dans son célèbre Tafsir volume 2, page 220, Ibn Kathir, lorsqu’il explique le verset 54 de la Sourate « al-A’raf  » a dit :

Les gens ont à ce sujet plusieurs avis , mais ce n’est pas le lieu de les détailler ici. Nous citons ici la voie du Salaf vertueux de Malik, al-Awza’iyy, ath-Thawriyy, Layth Ibnou Ka’b, Ach-Chafi’i, Ahmad ibnou Hanbal, Ishaq ibnou Rahawih et d’autres qu’eux parmi les imams musulmans du passé et contemporains et plus récents, à savoir de lire ces ‘ayah comme elles sont parvenues. Sans attribuer le comment, ni d’assimilation, ni annulation de ces ‘ayah. Et le sens apparent qui vient à l’esprit des assimilateurs est nié au sujet de Allah ta’ala. Car Allah n’a pas de ressemblance avec quoi que ce soit de Ses créatures. Rien n’est tel que Lui et Il est celui qui entend et qui voit. Mais il en est comme l’on dit les imams parmi lesquels Na’im ibnou Hammad al-Khouza’iyy, le chaykh de Al-Boukhariyy, qui a dit : « Celui qui assimile Allah à Ses créatures est un mécréant, et celui qui renie ce que Allah a cité comme attributs pour Lui-même est mécréant ». Et il n’y a pas, dans les attributs que Allah a cités comme étant Ses propres attributs ni dans ceux que Son messager a cités, d’assimilation. Celui qui confirme à Allah ta’ala ce qui est parvenu dans les ‘ayah explicites et les nouvelles sûres, conformément à ce qui est digne de l’éminence de Allah ta’ala et qui a nié au sujet de Allah ta’ala les défauts, il aura suivi la voie de bonne guidée  » .

Points à retenir de cette citation:

  • Ibn Kathir est mort en 774, soit il y a environ 650 ans.
  • Il est pris en référence par les gens qui se prétendent Salafis.
  • Regardez-bien la traduction car parfois le même passage est traduit différemment par les soi-disant Salafis, et puis gardez-bien l’original en arabe…
  • Il ne fait que confirmer ce que nous avons vu dans d’autres citations, et qui est que le sens apparent était rejeté par le Salaf. Il y a d’autres interprétations de sa part dans le site.
  • Il cite même l’imam Ahmad comme ayant cette croyance.
  • Il appelle ceux qui prennent le sens apparent des mouchabbihine, cad des anthropomorphistes.

Ach-Chahrastani parle de la croyance de l’imam al-Achari, qui est celle du Salaf

Page de titre de al-Milal wa n-NihalPage 101 du Milal

L’imam ach-Chahrastani, dans son livre al-Milal wa n-Nihal, qui est consacré aux différentes sectes se réclamant de l’Islam, mais aussi d’autres groupes, dit, en p.101, au sujet de l’Imam al-Achari:

Il confirme « al-yadayn » et « al-wajh » en tant qu’attributs révélés. Il dit : « Ceci est parvenu ainsi dans la révélation, donc il est un devoir de les considérer tels qu’ils ont été révélés ». Il penchait pour la méthode des Salaf, qui était de ne pas se risquer à faire une interprétation, mais il lui est arrivé d’accepter l’interprétation.

Pages 104 et 105 de al-Milal

Au sujet du salaf en général voilà comment il explique leur croyance, p.104:

Quant à Ahmad ibn Hanbal, Dawoud ibn ‘Ali al-Isfahani, et la majorité des imams du « salaf », ils adoptèrent la voie du « salaf », leurs prédescesseurs de parmi les Ahlou l-hadith, tels que Malik ibn Anas et Mouqatil ibn Soulayman. Ils suivirent la voie saine, disant : »nous croyons en ce qui a été rapporté dans le Livre et dans la Sounnah sans nous risquer à l’interpréter, après avoir su avec certitude que Dieu ne ressemble en rien aux créatures et que tout ce qui est représentable par l’imagination c’est Dieu qui en est le Créateur et qui le détermine » « 

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam ach-Chahrastani est mort en 548 de l’Hégire soit il y a plus de 800 ans.
  • Son livre décrit les croyances de différents groupes. Ici il parle de l’imam al-Achari, de l’Imam Ahmad et de l’imam Malik comme ayant la même croyance. Notez bien la référence au fait que la croyance de l’imam al-Achari est bien conforme à la croyance du Salaf (en fait, al-Achari est lui-même de cette période du SALAF puisqu’il est né en 260 et est mort en 324. (pour vous donner une idée, imam at-Tahawi, reconnu comme faisant partie du Salaf, est mort en 321 AH)).

La parole de l’imam Malik « L’istiwa n’est pas inconnu et le comment est inconcevable » (rapportée par Ibn Abi Zayd al-Qayrawani)

Page de titre de Kitab al-JamiPage 123 de Kitab al-Jami

Ibn Abi Zayd al-Qayrawani a dit dans son livre Kitab al-Jami` fi s-sounan wa al-adab wa l-maghazi wa t-tarikh, p.123:

« Un homme demanda à Malik : « O Abu Abd Allah [il récita le verset :] « ar-Rahman ‘ala ‘arshi stawa » : Comment « istawa » ? ». L’imam Malik répondit : « L’istiwa n’est pas inconnu et le comment n’est pas concevable. (al-istiwa ghayr majhoul wa l-kayf minhou ghayr ma’qoul) Poser la question à ce sujet est une innovation, et y croire est un devoir, et , je pense que tu fais partie des [mauvais] innovateurs» et le fit sortir »

Points à retenir de cette citation:

  • Ibn Abi Zayd al-Qayrawani est un grand savant malikite mort en 386 de l’Hégire soit il y a plus de 1000 ans.
  • Cette version est la version correcte aussi rapportée par adh-Dhahabi (dans ce site).
  • Dire que l’istiwa de ALLAH est sans comment revient donc à suivre la voie tracée par l’imam Malik lorsqu’il a dit : »Le comment est inconcevable ». Ce n’est pas la même chose que de dire « on ne sait pas comment ». Imam Malik n’a jamais dit ça.
  • Il existe plusieurs versions de ce hadith. Cependant, celle qui est rapportée ici est la plus fiable : elle est rapportée de plusieurs personnes différentes de la MEME façon quant au contenu, et ce dans plusieurs ouvrages. Cette version est sûre. L’imam Malik n’a JAMAIS dit al-istiwa ma’loum wa l-kayf majhoul. Il n’a jamais dit « l’istiwa est connu et son comment est inconnu » Il a « le comment n’est pas concevable », c’est-à-dire : il n’y a PAS de comment.

La parole de l’imam Malik « L’istiwa n’est pas inconnu et le comment est inconcevable » (rapportée par adh-Dhahabi)

Page de titre de SiyarPage 415 de Siyar

Adh-Dhahabi , dans son volumineux Siyar , volume 7, page 415 a dit:

« Nous étions auprès de Malik et c’est alors qu’un homme entra et lui demanda : « O Abu Abd Allah [il récita le verset :] « al-Rahman ‘ala ‘arshi stawa » : Comment « istawa » ? ». L’imam Malik s’est tu, il a regardé vers le sol, il a pris un morceau de bois dans sa main afin de lever sa transpiration, puis il a levé la tête, jeta le morceau de bois et répondit : « Le comment n’est pas concevable, et l’istiwa n’est pas inconnu, (al-kayf ghayr ma’qoul, wa l-istiwa ghayr majhoul) y croire est un devoir, et poser la question à ce sujet est une innovation, je pense que tu fais partie des [mauvais] innovateurs» et lui ordonna de partir ».

Points à retenir de cette citation:

  • Adh-Dhahabi est mort en 748 AH  c’est-à-dire il y a plus de 700 ans.
  • Il existe plusieurs versions de ce hadith. Cependant, celle qui est rapportée ici est la plus fiable : elle est rapportée de plusieurs personnes différentes de la MEME façon quant au contenu, et ce dans plusieurs ouvrages. Cette version est sûre. L’imam Malik n’a JAMAIS dit al-istiwa ma’loum wa l-kayf majhoul. Il n’a jamais dit « l’istiwa est connu et son comment est inconnu » Il a « le comment n’est pas concevable », c’est-à-dire : il n’y a PAS de comment.

Imam an-Nawawi interprète « hadith an-Nouzoul » (le hadith dont le sens apparent serait que Dieu descend)

Titre Char Sahih Mouslim volume 6La page 269 volume 6 de Charh Sahih Mouslim

Imam an-Nawawi a écrit un commentaire du recueil de hadith de l’Imam Mouslim. Lorsqu’il en vient au chapitre de la prière, et qu’il doit expliquer le hadith dont le sens apparent est que Dieu descendrait au troisième tiers de la nuit, et qui commence par « Yanzilou Rabbouna ila s-samaa’i d-dounya », il dit:

Ce hadith fait partie des hadiths qui traitent des attributs de Dieu. Il y a, au sujet de ces hadith, deux voies principales (madhhab) au sujet de la croyance, que nous avons déjà clarifiées dans le livre au sujet de la Foi [cad le chapitre de la Foi dans le recueil de hadith de Mouslim], et le résumé en est: l’un de ces madhhabs est: le madh-hab de la plupart des Salaf, et de quelques-uns des moutakallimoun [c’est-à-dire des théologiens, qui sont venus après le salaf], qui consiste à croire en ces textes comme étant véridiques, en fonction de ce qui convient à Dieu, et que leur sens apparent (dhahiriha) que nous connaissons n’est pas le sens visé, et évitant de parler de son interprétation, avec la conviction que Dieu est exempt des attributs des créations, et entièrement exempt du mouvement, du déplacement, et du reste des autres états de la création.

La seconde voie est le madh-hab de la plupart des moutakallimoun et d’une partie du Salaf, et qui est rapportée de Malik, et d’al-Awza’i: cela consiste à interpréter les textes en fonction de ce qui est digne de ALLAH. Ils l’ont fait et ils ont interprété ce hadith avec deux explications: l’une d’entre elles est un ta’wil par Malik ibn Anas et d’autres, qui a dit: ce sont Sa Miséricorde (rahmah), Son Ordre (amr) et Ses anges qui descendent, comme on peut dire: « le sultan a fait ceci » alors que cela a été fait effectivement par des personnes sous son commandement [et non par lui personnellement] ». Le deuxième type d’explication est que ceci est au sens figuré, c’est-à-dire que le sens serait que ceux qui invoquent seront acceptés, et qu’il seront exaucés et recevront des « bonnes choses » (al-lotf).

Points à retenir de cette citation

  • L’imam an-Nawawi est mort en 676 de l’Hégire soit il y a plus de 700 ans. Il venait de Nawa qui est un village à environ 80km de Damas. Il n’ a donc pas écrit cela pour réfuter Ibn Taymiyya (qui devait avoir 15 ans lorsque an-Nawawi est mort puisqu’il est né en 661 de l’Hégire) ou les Wahhabites (apparus au douzième siècle de l’Hégire).
  • C’est lui qui a écrit « le Jardin des vertueux  » ( Riyad as-Saaliheen) et le recueil des 40 hadith si connus. C’est un grand savant qui ne s’est pas TROMPE sur les noms et les attributs de Dieu. Il a toujours été considéré comme un GRAND savant.
  • Il a résumé deux voies correctes pour aborder ce type de texte et elles ont toutes les deux en commun de ne pas prendre le sens apparent de ces textes.
  • Il rapporte des interprétations faites par des savants du Salaf. En gros, c’est pour dire que parfois le sujet d’un verbe n’est pas celui qui fait l’action, comme quand on dit en arabe « Banal-Amirou l-Madinata » cad, littéralement « Le prince a construit la ville » alors qu’il n’a pas mis lui-même les pierres les unes sur les autres. Mais on peut mettre « le prince » en tant que sujet de « construire » dans la phrase parce que c’est lui qui a ordonné que la ville soit construite. Eh bien ici c’est le même raisonnement, cad que « Rabbouna » est sujet de « Yanzilou » mais cela ne veut pas dire que c’est Dieu qui descend. C’est une façon de parler en arabe (et même en Français ça marche, comme si on dit « La mairie de Paris a construit deux écoles on sait bien que ce n’est pas Delanoë qui est parti les construire mais il l’a ordonné)…. Donc voilà une des interprétations possibles.

Le jugement des savants du Salaf sur le fait que croire en une direction au sujet de ALLAH est de la mécréance (rapporté par Ali al-Qari)

Page de titre de Mirqat al-MichkatLa page 300 de ce livre

Dans son commentaire intitulé Mirqat al-Mafatih, Charh Michkat al-Maçabih vol.3 p.300, il dit:

« Tout un groupe d’entre eux [c’est-à-dire les Pieux Prédécesseurs] ainsi que du Khalaf [c’est-à-dire de l’époque qui a suivi] a dit:

« Celui qui croit en une direction [au sujet de Dieu] est un mécréant (kafir) , comme cela a été clairement rapporté par al-Iraqi quand il a dit: « Ceci est l’avis de Abou Hanifah, Malik, Al-Chafii, al-‘Achari et al-Baqillani » »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Ali al-Qari est mort en 1014 de l’Hégire soit il y a plus de 400 ans (et donc bien avant la naissance de Mouhammad ibn Abd al-Wahhab qui est né en 1115).
  • C’est le même qui a commenté al-Fiqh al-Akbar de ABou Hanifah, il est une sommité de la science, un très grand savant hanafite. Il vivait à laMecque et c’est là qu’il enseignait et qu’il est mort (il était né dans ce qui est l’Afghanistan aujourd’hui).
  • Ceci vient à fin d’un long passage où il explique comment comprendre les versets du Qour’an qui ne sont pas explicites.
  • Ici il rapporte que tout un groupe du Salaf disait que attribuer une direction à Dieu est de la mécréance, parmi eux: Abou Hanifah, Malik, ach-Chafii.

L’Unanimité des fondateurs des 4 écoles sur le fait qu’attribuer une direction à Dieu est de la mécréance (rapportée par Ibn Hajar al-Haytami)

Page de titre de al-Minhaj al-QawimLa page 224 de ce livre


Dans son livre al-Minhaj al-Qawim, p.224, Ibn Hajar al-Haytami a dit:

« Sachez que al-Qarafi et d’autres ont rapporté de ach-Chafii, Malik, Ahmad et Abou Hanifah, que ALLAH les agrée, que ceux qui disent [à propos de ALLAH] qu’Il est dans une direction ou qu’Il a un corps ont commis de la mécréance (al-qaa’ileen bi j-jihat wa-t-tajsim), et ils [ces savants] avaient raison de dire cela. »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Chihab ad-Din Ibn Hajar al-Haytami est mort en 974 de l’Hégire, soit il environ 450 ans. Il était chafiite et est un très grand savant qui était l’étudiant de Zakariyya al-Ansari, un pilier du fiqh chafiite.
  • Ici il rapporte l’Unanimité des fondateurs des quatre écoles sur le fait qu’attribuer une direction à Dieu est de la mécréance.