Pourquoi le livre al-Fiqh al-Akbar de Abou Hanifah ne pourra jamais servir de preuve aux anthropomorphistes

Ceci est un article de réfutation contre ceux qui pensaient avoir trouvé dans al-Fiqh al-Akbar une preuve pour leur mauvaise croyance

Dans le traité de Abou Hanifah,  « al-Fiqh al-Akbar » (que vous pouvez trouver en entier ici),  il y a la phrase suivante :

Ce que Allah ta’ala a mentionné dans le Qour’an en citant al-yad, al-wajh, et an-nafs, sont Ses attributs sans comment. Et on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce car cela constituerait un reniement de l’attribut, et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila, mais Son yad est Son attribut sans comment, et Son ghadab et Son rida sont deux de Ses attributs sans comment (pour la page en arabe cliquez ici).

Nous aimerions rassurer les Sunnites au sujet du fait que cette phrase ne contredit pas du tout le  fait qu’il est permis d’interpréter les versets non explicites du Qour’an. Au contraire l’imam Abou Hanifah n’a fait que suivre la voie du Salaf concernant l’interprétation des versets non-explicites comme expliquée par l’imam an-Nawawi et d’autres. Nous aimerions rappeler quelques points utiles:

  1. L’imam Abou Hanifah faisait partie des savants du Salaf, et les savants du Salaf n’avaient pas pour habitude d’interpréter de manière détaillée, donc il n’y a rien d’étonnant au fait que Abou Hanifa fasse figurer dans son traité une phrase  qui décourage de détailler le sens d’un des attributs de Allah mentionnés dans le Qour’an, tout en sachant qu’il ne prend pas le sens apparent de ce mot! C’est là que les anthropomorphistes se retrouvent sans issue, car l’imam Abou Hanifah n’a JAMAIS dit, contrairement à ce qu’ils aimeraient, qu’il faut prendre le mot yad « selon son sens apparent » (‘ala dhahiriha ) ou « selon sa réalité » (haqiqiyyatan) et autres phrases qu’ils ajoutent aux textes révélés! Les Sunnites n’ont aucun problème avec le fait de ne pas vouloir donner de sens précis à une expression non-explicite au sujet de Dieu, tant que la personne sait que ce n’est pas le sens apparent qui est visé, et c’est exactement ce quel’imam Abou Hanifah fait.  N’oubliez pas que les savants du Salaf dans leur majorité préféraient ne pas interpréter de manière détaillée sans nécessité, mais ils interprétaient quand même de manière générale(c’est-à-dire en rejetant le sens apparent de l’organe, mais sans préciser de sens), et dans certaines occasions où ils jugeaient cela nécessaire, ils interprétaient de manière détaillée (c’est-à-dire toujours en rejetant le sens apparent, mais en choisissant des sens précis parmi les sens possibles). (pour les preuves de cela voir ci-dessous paragraphe « Preuves »).
  2. L’imam Abou Hanifah a exclu le sens apparent de yad, et ceci se voit très clairement parce qu’il dit deux fois que c’est un attribut « SANS COMMENT » (bilaa kayf en arabe). NOTEZ BIEN QU’IL N’A PAS DIT « ON NE SAIT PAS COMMENT », il a dit que le yad de Allah est SANS COMMENT c’est-à-dire que ce n’est pas l’organe « main ». Quand l’imam Abou Hanifah dit qu' »il faut croire en l’attribut yad sans comment » ça veut dire « croire en le yad, sans croire que c’est une main ». Yad a énormément de sens dans la langue arabe.
  3. L’imam  Abou Hanifah dit bien dans la même phrase que la raison pour laquelle il ne veut pas dire que yad signifie qoudra (puissance) est parce que ceci était, à son époque, la parole des mou’ tazila, car il faut savoir que les mou’tazila NIAIENT l’attribut du yad au sujet de Allah, ce qui n’est pas le cas des Sunnites. Il faut comprendre cette phrase dans son contexte: à l’époque de Abou Hanifah, ceux qui interprétaient les attributs le faisaient parce qu’ils niaient que Dieu avait pour attribut le yad.  Alors que la croyance des musulmans c’est de dire que Allah a pour attribut le yad avec un sens digne de Lui et non pas dans le sens de main. Les Sunnites suivent la voie du juste milieu car ni ils ne disent que c’est une main (qui est le sens apparent de yad), ni ils ne renient que le yad est un attribut de Allah.  C’est pour cela que cette phrase de Abou Hanifah n’est pas du tout contradictoire avec la croyance des Sunnites, car les Sunnites ne disent pas qu’il est une obligation d’interpréter, ils ne disent pas qu’il faut renier l’attribut de Allah, bien au contraire ils disent que celui qui nie un des attributs de Allah tels que al yad alors qu’il sait que ceci est mentionné au sujet de Allah dans le Qour’an il est  devenu mécréant.
  4. L’imam Abou Hanifah à aucun moment de tout le traité ne spécifie un sens précis de yad,et ceci est conforme à l’habitude des savants du Salaf.
  5. L’imam Abou Hanifah a utilisé la même méthode pour istiwa : il dit clairement que ce n’est pas le fait de s’asseoir, ou de s’établir, mais il ne précise pas de sens précis. C’est cela l’interprétation GLOBALE: rejeter les sens indignes de Allah, mais ne pas confirmer de sens précis. C’est exactement ce que fait Abou Hanifah, et ceci était correct, et c’est correct jusqu’à maintenant de dire cela (pour voir là où l’imam Abou Hanifah exclut le sens de « s’établir » pour « istiwa », cliquez ici).
  6. L’imam Abou Hanifah dit, dans le même traité, qu’il ne faut pas traduire yad en persan. Or, le mot persan pour yad veut dire « main ». Donc est-ce que quelqu’un de censé peut croire que Abou Hanifah soutiendrait aujourd’hui des gens qui disent que Dieu a une main? Alors qu’il ne voulait pas que cette expression soit traduite?! Pour voir là où Abou Hanifah dit qu’il ne faut pas traduire le mot yad en persan, cliquez ici. D’autres savants ont parlé du fait que les savants du Salaf étaient tellement prudents qu’ils préféraient ne pas traduire et juste répéter les expressions révélées telles quelles (pour voir ceci, cliquez ici).
  7. L’imam Abou Hanifah dit juste au-dessus de ce passage,  dans le même traité, que Dieu n’est pas un corps et qu’Il n’a pas de limites. Est-ce qu’on peut concevoir qu’il avait pour croyance que Dieu avait une main? Pour voir où Abou Hanifah a dit, dans le même traité, que Dieu n’est pas un corps, cliquez ici. Il dit aussi qu’il ne faut pas prendre le fait d’être « proche » ou « loin » de Dieu dans le sens de la distance. Est-ce qu’on peut concevoir qu’il dirait qu’il faut prendre le mot yad selon son sens apparent? Pour voir où l’imam Abou Hanifah explique qu’être « proche » ou « loin » de Dieu, ce n’est pas selon le sens de la distance, cliquez ici.
  8. L‘imam Abou Hanifah dit, dans le même traité, que Dieu ne parle pas avec des lettres. Or les anthropomorphistes croient que Dieu parle avec des lettres, ceci est même une des bases de leur croyance. Vont-ils maintenant dire que al-Fiqh al-Akbar de Abou Hanifah est un mauvais livre? Pourquoi l’utiliser comme soi-disant preuve contre les Sunnites alors qu’en fait ils ne respectent même pas Abou Hanifah en tant que savant?! Nous les Sunnites nous acceptons tout le traité de l’imam Abou Hanifah, pas juste une partie de phrase sortie de son contexte! Celui qui veut se servir de cette phrase de l’imam Abou Hanifah contre les Sunnites, qu’il nous explique sa position sur le reste du traité, car nous considérons tout le traité comme véridique. Pour voir là où Abou Hanifah dit que Allah a pour attribut la parole qui n’est pas de lettres, cliquez ici.
  9. Les plus grands savants hanafites eux-mêmes, tel que l’imam al-Bayadi,  ont compris de l’imam Abou Hanifah que dans ce passage de al-Fiqh al-Akbar il interprétait de manière globale et pas détaillée, et qu’il n’acceptait pas de prendre le sens apparent des textes non explicites. Pour voir là où l’imam al-Bayadi explique cette phrase de Abou Hanifah, cliquez ici. Vous pouvez aussi lire ce que l’imam at-Tahawi , qui fait partie du Salaf, a écrit. Son traité de croyance, il l’a appelé  » l’exposé de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama’a selon la voie des savants de jurisprudence Abou Hanifah et de ses deux élèves » . Dedans il dit bien que le kalaam de Allah est bilaa kayf, et qu’Il est exempt des limites, des extrémités, des côtés, des membres et des organes, Il n’est pas délimité par les six directions, contrairement à la totalité des créatures”. Pour voir où l’imam at-Tahawi dit dans son traité, qui représente la croyance de Abou Hanifah et de tous les Sunnites, que Allah n’a pas d’organes, cliquez ici.

Preuves tirées des savants musulmans sur le fait qu’interpréter est permis et que le Salaf interprétait de manière globale et parfois détaillée:

Pour résumer:

La réplique à ceux qui veulent utiliser cette phrase de Abou Hanifah contre les Sunnites se trouve dans le traité al-Fiqh al-Akbar lui-même, dans les écrits des savants hanafites, ainsi que dans les oeuvres des plus grands savants  musulmans tels que an-Nawawi, Ibn Hajar al-Asqalani et d’autres.  Dans son traité Abou Hanifah dit que Dieu n’est pas un corps, qu’Il parle sans lettres ni instruments, qu’Il n’est pas concerné par la distance, qu’il ne faut pas traduire yad en persan, et que tous Ses attributs sont sans comment, ce qui montre qu’il ne prend PAS le sens apparent de yad comme le voudraient les anthropomorphistes. Les savants hanafites ont compris cela de leur imam Abou Hanifah. Les plus grands savants de cette communauté ont confirmé que la voie du Salaf était d’interpréter de manière générale et de ne pas prendre le sens apparent des attributs. Que reste-t-il aux anthropomorphistes? Soit ils vont dire que Abou Hanifah était un égaré qui s’est trompé sur la croyance, soit ils vont dire qu’il n’a pas écrit al-Fiqh al-Akbar. Ces deux solutions sont inacceptables par les musulmans sunnites, au vu des preuves. Que Dieu nous accorde la bonne compréhension.

Ibn al-Jawzi répond aux anthropomorphistes ( A LIRE ABSOLUMENT)

L’imam Ibn al-Jawzi a dit, dans son livre Daf’ Choubah at-tachbih, en page 8:

« Ils disent: « Nous comprenons [les textes non-explicites] selon leurs sens apparents connus » , mais ce sens apparent « connu », c’est ce qui est familier aux êtres humains. Cependant, un texte ne peut être pris selon son sens apparent que dans la mesure du possible [c’est-à-dire si le sens apparent n’entraîne pas de contradiction avec des textes explicites du Qour’an] . Si quelque chose empêche cela, le texte est alors pris selon son sens figuré. Ensuite ils se sentent offensés lorqu’ils sont accusés d’anthropomorphisme, et ils sont très durs envers toute personne qui leur dirait cela, en même temps ils disent « Nous sommes Ahlou s-Sounnah ». [En réalité,] leur parole est clairement de l’anthropomorphisme, et ils ont été suivis par des gens du commun. »

Il dit, en page 9:

« Puis vous avez dit au sujet de ces hadiths, nous les prenons selon leurs sens apparents » alors que le sens apparent de « qadam », c’est l’organe pied. Ceci est similaire à ce que les Chrétiens , que Dieu les éloigne de tout bien, disent et croient au sujet de Jésus: ils disent que Dieu, exalté soit-Il, aurait un attribut qui serait « Son âme » (rouh) qu’Il aurait fait entrer dans Maryam. Celui qui dit que Dieu est « istawa » par Son être golirifé, il a rendu ALLAH, exalté soit-Il, soumis aux sens physiques alors qu’il ne faut pas négliger le principe que [Son existence] est confirmée, à l’origine, par la raison, et c’est par cette raison que nous avons connu Dieu, exalté soit-Il, et que nous avons considéré Dieu comme n’ayant pas de début. Si vous vous étiez contentés de dire « Nous lisons les hadiths tels qu’ils [nous] sont parvenus », personne ne vous aurait contredit. Mais c’est votre interprétation selon le sens apparent (‘ala dhahiriha) qui est laide.

Il dit aussi, en page 10:

Page 10 du daf

Ne faites pas entrer dans le madh-hab de cet homme pieux du Salaf [c’est-à-dire l’imam Ahmad ]ce qui n’en fait pas partie. Vous avez apporté la honte et le déshonneur sur cette école au point que la seule chose que l’on dit au sujet des hanbalites c’est qu’ils sont anthropomorphistes. [..]

Abou Mouhammad al-Tamimi [m.488 AH] avait l’habitude de dire de l’un de vos chefs qu’il a tellement fait la honte à cette école que ceci ne sera pas lavé avant le jour du jugement dernier« 

L’imam Ibn al-Jawzi a dit, en page 11:

Page 11 daf shubah at-tashbih

« Ils disent que la signification des ces hadiths du Prophète tombent dans la catégorie des choses dont seul Dieu sait la signification. Cependant ils ajoutent ensuite : « Nous les prenons selon leur sens apparent ». Quelle étrangeté que le sens que seul Dieu connaîtrait est en fait le sens apparent [sous-entendu, si seul Dieu sait le sens, mais alors pourquoi dites-vous que le sens du verset est le sens apparent!]! Est-ce que le mot « istawa », quand il est pris dans son sens apparent, signifie autre chose que « s’asseoir » (qou’oud) , ou le terme « nouzoul » autre chose que « mouvement » (intiqal) ? » [c’est-à-dire que ce raisonnement est inacceptable, car le sens apparent c’est celui que l’on connait, et qui est inacceptable, alors si on ne veut pas faire ressembler Dieu à Ses créatures, on ne doit pas prendre le sens apparent.]

Il dit aussi, pages 40 et 41:

Page 40 of Daf ShoubahPage 41 Daf Choubah

« Le treizième hadith: le Qadi Abou Ya’la rapporte que Moujahid aurait dit: « Lorsque le jour du jugement viendra: Dawoud, alayhi s-salaam va mentionner sa faute et Allah ta’aala va dire « Viens devant Moi » et Dawoud va dire « Mais, mon Seigneur, ma faute, ma faute! Et Dieu lui dira « Viens derrière moi ». Alors il dira « Prends Mon pied ». Et selon la formulation [qui serait soi-disant de ] Ibn Sirin, il aurait dit: « Certes, Allah ta’aala va rapprocher Dawoud si proche de Lui qu’il mettra sa main sur Sa cuisse »
Il est incroyable d’attribuer de telles choses à Dieu soubhanahou wa ta’aala avec les [soi-disant] paroles des Successeurs alors que cela n’a même pas été confirmé d’eux! Si la [chaîne] était sûre, alors ils auraient pris cela des gens du Livre, comme Wahb ibn Mounabbih le mentionne. Mais ce Qadi Abou Ya’la, [qui fait partie de ceux qu’il dénonce dans tout le livre] a dit « Nous les prenons selon leur sens apparent, parce que nous ne confirmons pas que qadam et fakhadh sont des organes. » Ceci est tout simplement étonnant! Ils ont achevé la structure complète d’un corps en confirmant une cuisse, un tibia, un visage, deux mains, des doigts, un petit doigt, un pouce, une montée, et une descente. Puis ils disent « Nous les prenons selon leur sens apparent mais ce ne sont pas des organes ». Est-ce que quelqu’un de raisonnable peut vraiment affirmer que Dieu, Exalté soit-Il, aurait un derrière, un devant et une cuisse? Il ne convient même pas que nous discutions avec ces gens-là, parce que nous savons ce qu’est une cuisse. Mais ensuite ils disent [immédiatement] : « ce n’est pas une cuisse. Et le dos n’est pas un dos ». Pareil à ces gens-là, on ne peut pas discuter avec eux, parce qu’ils insultent votre intelligence et vous parlent en tant qu’enfants. »

Points à retenir de toutes ces citations:
  • L’imam Ibn a-Jawzi est mort en 597 de l’Hégire et il était hanbalite. Il a écrit Talbis Ibliss et autres livres connus, que Dieu l’agrée.
  • Il a écrit tout cela il y a plus de 800 ans, plus de 800 ans!
  • Tous les arguments qu’il décrit sont exactement ce que nous rencontrons chez beaucoup de gens de nos jours!
  • Retenez bien ces phrases: Si vous vous étiez contentés de dire « Nous lisons les hadiths tels qu’ils [nous] sont parvenus », personne ne vous aurait contredit. Mais c’est votre interprétation selon le sens apparent (‘ala dhahiriha) qui est laide.
  • Et aussi : Est-ce que le mot « istawa », quand il est pris dans son sens apparent, signifie autre chose que « s’asseoir » (qou’oud) , ou le terme « nouzoul » autre chose que « mouvement » (intiqal) ?
  • Et aussi : Abou Mouhammad al-Tamimi [m.488/1095] avait l’habitude de dire de l’un de vos chefs qu’il a tellement fait la honte à cette école que ceci ne sera pas lavé avant le jour du jugement dernier. Regardez à quel point cette phrase est véridique!

Imam Ahmad ibn Hanbal a interprété « Wa jaa’a Rabbouka » (rapporté par as-Sa’idi)

Page de titre de al-Jawhar al-MuhsalPage de al-Jawhar alMuhsal

Dans sa biographie de l’imam Ahmad, le savant hanbalite as-Sa’idi a dit, dans le chapitre de la croyance de l’imam Ahmad l’histoire suivante:

« Il suivait en cela le madh-hab du salaf, avec le fait de déclarer l’Exemption de ALLAH [de toute ressemblance] et avec le reniement de tout anthropomorphisme, et il est même arrivé qu’il interprète dans certaines situations. Hanbal (le fils de l’oncle paternel de l’imam Ahmad) a dit: J’ai entendu le fils de mon oncle dire : « Ils [les mou’tazilah] ont utilisé comme preuve contre moi, le jour du grand débat, en disant: « Au jour du jugement, Sourate al-Baqarah va venir, et Sourate Tabaaraka va venir! [Explication: c’est-à-dire que les Mou’tazilah se sont basés sur ce hadith pour dire que le Qour’an créé, ce que l’imam Ahmad ne voulait PAS dire, et leur soi-disant preuve pour dire que le Qour’an est créé était que dans ce hadith on dit bien que telle et telle sourate vont VENIR, donc cela prouverait, selon eux, que les sourates sont créées, puisqu’elles vont se déplacer.] Je leur ai dit : « C’est la récompense [qui viendra], [en effet] Dieu dit « wa jaa’a Rabbouka wa l-malakou saffan saffaa« ; et certes c’est la manifestation de Sa puissance qui viendra [qoudratouhou]. Le Qour’an est plein de métaphores, et d’exhortations, d’ordres, d’interdictions, et autres… » [Explication: c’est-à-dire que l’imam Ahmad leur a répondu: dans le Qour’an Dieu dit de Li-même : « Wa jaa’a Rabbouka », allez-vous donc dire que cela veut dire que Dieu se déplace (Imam Ahmad savait qu’ils ne disent pas que Dieu se déplace)? C’est un moyen de leur dire : »Nous savons que ce n’est pas le sens ici ». De plus il a expliqué que lorsqu on dit que « Sourate al Baqarah et Tabaaraka vont venir » c’est simplement pour dire que les récompenses du fait d’avoir lu ces sourates vont venir.]

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam as-Sa’idi est mort en 900 de l’Hégire soit il y a plus de 500 ans. C’est un hanbalite et ce livre est spécialement dédié à la vie de l’imam Ahmad ibn Hanbal.
  • L’imam as-Sa’idi commence le chapitre de la croyance de l’imam Ahmad par décrire la croyance du Salaf, et par le fait que l’imam Ahmad a interprété.
  • On voit aussi que l’imam Ahmad n’a interprété que parce qu’il y avait un besoin, c’est-à-dire il a eu besoin d’un argument contre un groupe égaré, et cela l’a forcé à détailler comment il comprenait le verset « wa jaa’a Rabbouka ». Dans autre que ce type de situations, le Salaf n’interprétait pas de manière détaillée, juste de manière générale (en disant qu’il ne faut pas prendre le sens apparent)
  • Cette interprétation est également rapportée par Ibn Kathir (dans ce site), qui le rapporte de al-Bayhaqi, qui dit que cette chaîne est incontestable.

Imam Ahmad ibn Hanbal a interprété le verset « wa ja’a Rabbouka » (rapporté par Ibn Kathir)

Titre Bidayah wa n-Nihayah real généralPage de titre intérieure du vol 1à de al-BidayahPage 327 vol 10 Ibn Kathir Twil Ahmad

Ibn Kathir rapporte l’interprétation de l’imam Ahmad ibn Hanbal. Il dit, dans le volume 10 de al-Bidayah wa l-Nihayah, p.327 :

« Al-Bayhaqi rapporte de al-Hakim qui le tient de Amr ibn as-Sammaak qui le tient de Hanbal que Ahmad ibn Hanbal a interprété la parole de ALLAH « wa jaa’a Rabbouka » en disant que Sa récompense viendra. Puis, al-Bayhaqi a dit: « Cette chaîne est incontestable‘ »

[Explication: le verset wa jaa’a Rabbouka, si il était pris selon son sens apparent, signifierait que Dieu viendrait, or ici on voit que Ibn Kathir confirme que l’imam Ahmad a fait une interprétation de ce verset en disant que c’est la récompense de Dieu qui viendra (et donc non pas Lui-même, car Allah n’est pas sujet au mouvement) et Ibn Kathir déclare la chaîne de transmission de l’imam al-Bayhaqi incontestable.]

Points à retenir de cette citation:

  • Ibn Kathir est mort en 774, soit il y a environ 650 ans.
  • Il est pris en référence par les gens qui se prétendent, à tort, Salafis
  • Ici, dans un livre autre que son Tafsir, il rapporte le fait que l’imam Ahmad a fait un « ta’wil » et il utilise le terme « ta’wil » dans son livre. Cette interprétation est aussi rapporté par as-Saidi al-Hanbali (dans ce site).
  • Et notez qu’il rapporte que al-Bayhaqi a mentionné que la chaîne de transmission est INCONTESTABLE.

al-Hafidh Ibn Hajar al-Asqalani explique comment comprendre Hadith an-Nouzoul

Page de titre générale de Ibn Hajar FathTitre Ibn Hajar Fath vol 3 realPage 22 vol 3 FathPage 23 vol 3 FathPage 24 vol 3 Fath

L’imam Ibn Hajar al-Asqalani, en expliquant une des versions du hadith dU Prophète Mouhammad sallallaahou ‘alayhi wa sallam, appelé hadith an-Nouzoul (et qui donnerait l’impression de Dieu descend du ciel toutes les nuits), dans son livre Fath al-Bari, volume 3, page 23 (vous trouverez ci-dessus les pages 22 et 24 uniquement pour le contexte, mais la phrase se trouve page 23):

« Quant à sa parole « Yanzilou Rabbouna ‘ila s-Samaa’i d-Dounya« , les anthropomorphistes (mouchabbihah) se sont basés dessus pour confirmer une direction à Allah et ils disent que c’est la direction du dessus (al-oulouww) et cela a été renié par les savants (al-joumhour), parce que parler ainsi revient à limiter Dieu, qui est exempt de cela. Puis les gens ont divergé sur le sens de an-nouzoul : certains l’ont pris selon le sens apparent et en réalité , ce sont les anthropomorphistes (al-Mouchabbihah), et Allah est exempt de ce qu’ils disent. Certains ont carrément nié la véracité de tous les hadiths parvenus à ce sujet, ceux-là sont les Khawarij et les Mou’tazilah et ceux-là sont vraiment étonnants parce que d’un côté ils interprètent ce qui est parvenu dans le Qour’an qui est du même ordre, et d’un côté ils renient ce qui est parvenu du hadith soit par ignorance, soit par entêtement. Certains sont passés sur ces textes comme ils ont été révélés en y croyant dans leur globalité et en exemptant Allah du comment des anthropomorphistes, et ceux-là sont la majorité des savants du Salaf . [Par ailleurs], al-Bayhaqi ainsi que d’autres, ont rapporté des quatre imams, des deux Soufyan, des deux Hammad, de al-Awza’i, de al-Layth, et d’autres, qu’ils ont interprété ce texte selon ce qui est digne de Allah et qui est utilisé dans la langue des Arabes. Certains autres sont allés tellement loin dans l’interprétation que cela revenait à une sorte de distortion. Certains autres ont fait la différence entre ce qui est une interprétation « proche » c’est-à-dire utilisée dans la langue des Arabes, et ce qui serait éloigné, et par conséquent, ils ont interprété dans certains cas et ils ont fait le tafwid [laisser le sens à Allah] dans certains cas, et cela a été rapporté de l’imam Malik .Il a été confirmé par Ibn Daqiq al-Id, de parmi les savants de la nouvelle génération, que al-Bayhaqi a dit que la plus saine [de toutes ces voies] est d’y croire sans comment et de passer sous silence ce qui est visé. »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Ibn Hajar al-Asqalani est mort en 852 de l’Hégire, soit il y a plus de 500 ans.
  • Son commentaire de Sahih al-Boukhari, qui s’appelle “Fath al-Bari” est un livre incontournable pour tout étudiant en science de religion et pour tout savant.
  • Ici, il dit clairement que ceux qui prennent ce hadith selon son sens apparent ce sont les anthropomorphistes, c’est-à-dire ceux qui font ressembler Dieu à Ses créatures. Il dit aussi que des interprétations ont été rapportées des savants du Salaf tels que les fondateurs des 4 écoles par exemple.

Ach-Chahrastani parle de la croyance de l’imam al-Achari, qui est celle du Salaf

Page de titre de al-Milal wa n-NihalPage 101 du Milal

L’imam ach-Chahrastani, dans son livre al-Milal wa n-Nihal, qui est consacré aux différentes sectes se réclamant de l’Islam, mais aussi d’autres groupes, dit, en p.101, au sujet de l’Imam al-Achari:

Il confirme « al-yadayn » et « al-wajh » en tant qu’attributs révélés. Il dit : « Ceci est parvenu ainsi dans la révélation, donc il est un devoir de les considérer tels qu’ils ont été révélés ». Il penchait pour la méthode des Salaf, qui était de ne pas se risquer à faire une interprétation, mais il lui est arrivé d’accepter l’interprétation.

Pages 104 et 105 de al-Milal

Au sujet du salaf en général voilà comment il explique leur croyance, p.104:

Quant à Ahmad ibn Hanbal, Dawoud ibn ‘Ali al-Isfahani, et la majorité des imams du « salaf », ils adoptèrent la voie du « salaf », leurs prédescesseurs de parmi les Ahlou l-hadith, tels que Malik ibn Anas et Mouqatil ibn Soulayman. Ils suivirent la voie saine, disant : »nous croyons en ce qui a été rapporté dans le Livre et dans la Sounnah sans nous risquer à l’interpréter, après avoir su avec certitude que Dieu ne ressemble en rien aux créatures et que tout ce qui est représentable par l’imagination c’est Dieu qui en est le Créateur et qui le détermine » « 

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam ach-Chahrastani est mort en 548 de l’Hégire soit il y a plus de 800 ans.
  • Son livre décrit les croyances de différents groupes. Ici il parle de l’imam al-Achari, de l’Imam Ahmad et de l’imam Malik comme ayant la même croyance. Notez bien la référence au fait que la croyance de l’imam al-Achari est bien conforme à la croyance du Salaf (en fait, al-Achari est lui-même de cette période du SALAF puisqu’il est né en 260 et est mort en 324. (pour vous donner une idée, imam at-Tahawi, reconnu comme faisant partie du Salaf, est mort en 321 AH)).

L’Unanimité des fondateurs des 4 écoles sur le fait qu’attribuer une direction à Dieu est de la mécréance (rapportée par Ibn Hajar al-Haytami)

Page de titre de al-Minhaj al-QawimLa page 224 de ce livre


Dans son livre al-Minhaj al-Qawim, p.224, Ibn Hajar al-Haytami a dit:

« Sachez que al-Qarafi et d’autres ont rapporté de ach-Chafii, Malik, Ahmad et Abou Hanifah, que ALLAH les agrée, que ceux qui disent [à propos de ALLAH] qu’Il est dans une direction ou qu’Il a un corps ont commis de la mécréance (al-qaa’ileen bi j-jihat wa-t-tajsim), et ils [ces savants] avaient raison de dire cela. »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Chihab ad-Din Ibn Hajar al-Haytami est mort en 974 de l’Hégire, soit il environ 450 ans. Il était chafiite et est un très grand savant qui était l’étudiant de Zakariyya al-Ansari, un pilier du fiqh chafiite.
  • Ici il rapporte l’Unanimité des fondateurs des quatre écoles sur le fait qu’attribuer une direction à Dieu est de la mécréance.