Pourquoi le livre al-Fiqh al-Akbar de Abou Hanifah ne pourra jamais servir de preuve aux anthropomorphistes

Ceci est un article de réfutation contre ceux qui pensaient avoir trouvé dans al-Fiqh al-Akbar une preuve pour leur mauvaise croyance

Dans le traité de Abou Hanifah,  « al-Fiqh al-Akbar » (que vous pouvez trouver en entier ici),  il y a la phrase suivante :

Ce que Allah ta’ala a mentionné dans le Qour’an en citant al-yad, al-wajh, et an-nafs, sont Ses attributs sans comment. Et on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce car cela constituerait un reniement de l’attribut, et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila, mais Son yad est Son attribut sans comment, et Son ghadab et Son rida sont deux de Ses attributs sans comment (pour la page en arabe cliquez ici).

Nous aimerions rassurer les Sunnites au sujet du fait que cette phrase ne contredit pas du tout le  fait qu’il est permis d’interpréter les versets non explicites du Qour’an. Au contraire l’imam Abou Hanifah n’a fait que suivre la voie du Salaf concernant l’interprétation des versets non-explicites comme expliquée par l’imam an-Nawawi et d’autres. Nous aimerions rappeler quelques points utiles:

  1. L’imam Abou Hanifah faisait partie des savants du Salaf, et les savants du Salaf n’avaient pas pour habitude d’interpréter de manière détaillée, donc il n’y a rien d’étonnant au fait que Abou Hanifa fasse figurer dans son traité une phrase  qui décourage de détailler le sens d’un des attributs de Allah mentionnés dans le Qour’an, tout en sachant qu’il ne prend pas le sens apparent de ce mot! C’est là que les anthropomorphistes se retrouvent sans issue, car l’imam Abou Hanifah n’a JAMAIS dit, contrairement à ce qu’ils aimeraient, qu’il faut prendre le mot yad « selon son sens apparent » (‘ala dhahiriha ) ou « selon sa réalité » (haqiqiyyatan) et autres phrases qu’ils ajoutent aux textes révélés! Les Sunnites n’ont aucun problème avec le fait de ne pas vouloir donner de sens précis à une expression non-explicite au sujet de Dieu, tant que la personne sait que ce n’est pas le sens apparent qui est visé, et c’est exactement ce quel’imam Abou Hanifah fait.  N’oubliez pas que les savants du Salaf dans leur majorité préféraient ne pas interpréter de manière détaillée sans nécessité, mais ils interprétaient quand même de manière générale(c’est-à-dire en rejetant le sens apparent de l’organe, mais sans préciser de sens), et dans certaines occasions où ils jugeaient cela nécessaire, ils interprétaient de manière détaillée (c’est-à-dire toujours en rejetant le sens apparent, mais en choisissant des sens précis parmi les sens possibles). (pour les preuves de cela voir ci-dessous paragraphe « Preuves »).
  2. L’imam Abou Hanifah a exclu le sens apparent de yad, et ceci se voit très clairement parce qu’il dit deux fois que c’est un attribut « SANS COMMENT » (bilaa kayf en arabe). NOTEZ BIEN QU’IL N’A PAS DIT « ON NE SAIT PAS COMMENT », il a dit que le yad de Allah est SANS COMMENT c’est-à-dire que ce n’est pas l’organe « main ». Quand l’imam Abou Hanifah dit qu' »il faut croire en l’attribut yad sans comment » ça veut dire « croire en le yad, sans croire que c’est une main ». Yad a énormément de sens dans la langue arabe.
  3. L’imam  Abou Hanifah dit bien dans la même phrase que la raison pour laquelle il ne veut pas dire que yad signifie qoudra (puissance) est parce que ceci était, à son époque, la parole des mou’ tazila, car il faut savoir que les mou’tazila NIAIENT l’attribut du yad au sujet de Allah, ce qui n’est pas le cas des Sunnites. Il faut comprendre cette phrase dans son contexte: à l’époque de Abou Hanifah, ceux qui interprétaient les attributs le faisaient parce qu’ils niaient que Dieu avait pour attribut le yad.  Alors que la croyance des musulmans c’est de dire que Allah a pour attribut le yad avec un sens digne de Lui et non pas dans le sens de main. Les Sunnites suivent la voie du juste milieu car ni ils ne disent que c’est une main (qui est le sens apparent de yad), ni ils ne renient que le yad est un attribut de Allah.  C’est pour cela que cette phrase de Abou Hanifah n’est pas du tout contradictoire avec la croyance des Sunnites, car les Sunnites ne disent pas qu’il est une obligation d’interpréter, ils ne disent pas qu’il faut renier l’attribut de Allah, bien au contraire ils disent que celui qui nie un des attributs de Allah tels que al yad alors qu’il sait que ceci est mentionné au sujet de Allah dans le Qour’an il est  devenu mécréant.
  4. L’imam Abou Hanifah à aucun moment de tout le traité ne spécifie un sens précis de yad,et ceci est conforme à l’habitude des savants du Salaf.
  5. L’imam Abou Hanifah a utilisé la même méthode pour istiwa : il dit clairement que ce n’est pas le fait de s’asseoir, ou de s’établir, mais il ne précise pas de sens précis. C’est cela l’interprétation GLOBALE: rejeter les sens indignes de Allah, mais ne pas confirmer de sens précis. C’est exactement ce que fait Abou Hanifah, et ceci était correct, et c’est correct jusqu’à maintenant de dire cela (pour voir là où l’imam Abou Hanifah exclut le sens de « s’établir » pour « istiwa », cliquez ici).
  6. L’imam Abou Hanifah dit, dans le même traité, qu’il ne faut pas traduire yad en persan. Or, le mot persan pour yad veut dire « main ». Donc est-ce que quelqu’un de censé peut croire que Abou Hanifah soutiendrait aujourd’hui des gens qui disent que Dieu a une main? Alors qu’il ne voulait pas que cette expression soit traduite?! Pour voir là où Abou Hanifah dit qu’il ne faut pas traduire le mot yad en persan, cliquez ici. D’autres savants ont parlé du fait que les savants du Salaf étaient tellement prudents qu’ils préféraient ne pas traduire et juste répéter les expressions révélées telles quelles (pour voir ceci, cliquez ici).
  7. L’imam Abou Hanifah dit juste au-dessus de ce passage,  dans le même traité, que Dieu n’est pas un corps et qu’Il n’a pas de limites. Est-ce qu’on peut concevoir qu’il avait pour croyance que Dieu avait une main? Pour voir où Abou Hanifah a dit, dans le même traité, que Dieu n’est pas un corps, cliquez ici. Il dit aussi qu’il ne faut pas prendre le fait d’être « proche » ou « loin » de Dieu dans le sens de la distance. Est-ce qu’on peut concevoir qu’il dirait qu’il faut prendre le mot yad selon son sens apparent? Pour voir où l’imam Abou Hanifah explique qu’être « proche » ou « loin » de Dieu, ce n’est pas selon le sens de la distance, cliquez ici.
  8. L‘imam Abou Hanifah dit, dans le même traité, que Dieu ne parle pas avec des lettres. Or les anthropomorphistes croient que Dieu parle avec des lettres, ceci est même une des bases de leur croyance. Vont-ils maintenant dire que al-Fiqh al-Akbar de Abou Hanifah est un mauvais livre? Pourquoi l’utiliser comme soi-disant preuve contre les Sunnites alors qu’en fait ils ne respectent même pas Abou Hanifah en tant que savant?! Nous les Sunnites nous acceptons tout le traité de l’imam Abou Hanifah, pas juste une partie de phrase sortie de son contexte! Celui qui veut se servir de cette phrase de l’imam Abou Hanifah contre les Sunnites, qu’il nous explique sa position sur le reste du traité, car nous considérons tout le traité comme véridique. Pour voir là où Abou Hanifah dit que Allah a pour attribut la parole qui n’est pas de lettres, cliquez ici.
  9. Les plus grands savants hanafites eux-mêmes, tel que l’imam al-Bayadi,  ont compris de l’imam Abou Hanifah que dans ce passage de al-Fiqh al-Akbar il interprétait de manière globale et pas détaillée, et qu’il n’acceptait pas de prendre le sens apparent des textes non explicites. Pour voir là où l’imam al-Bayadi explique cette phrase de Abou Hanifah, cliquez ici. Vous pouvez aussi lire ce que l’imam at-Tahawi , qui fait partie du Salaf, a écrit. Son traité de croyance, il l’a appelé  » l’exposé de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama’a selon la voie des savants de jurisprudence Abou Hanifah et de ses deux élèves » . Dedans il dit bien que le kalaam de Allah est bilaa kayf, et qu’Il est exempt des limites, des extrémités, des côtés, des membres et des organes, Il n’est pas délimité par les six directions, contrairement à la totalité des créatures”. Pour voir où l’imam at-Tahawi dit dans son traité, qui représente la croyance de Abou Hanifah et de tous les Sunnites, que Allah n’a pas d’organes, cliquez ici.

Preuves tirées des savants musulmans sur le fait qu’interpréter est permis et que le Salaf interprétait de manière globale et parfois détaillée:

Pour résumer:

La réplique à ceux qui veulent utiliser cette phrase de Abou Hanifah contre les Sunnites se trouve dans le traité al-Fiqh al-Akbar lui-même, dans les écrits des savants hanafites, ainsi que dans les oeuvres des plus grands savants  musulmans tels que an-Nawawi, Ibn Hajar al-Asqalani et d’autres.  Dans son traité Abou Hanifah dit que Dieu n’est pas un corps, qu’Il parle sans lettres ni instruments, qu’Il n’est pas concerné par la distance, qu’il ne faut pas traduire yad en persan, et que tous Ses attributs sont sans comment, ce qui montre qu’il ne prend PAS le sens apparent de yad comme le voudraient les anthropomorphistes. Les savants hanafites ont compris cela de leur imam Abou Hanifah. Les plus grands savants de cette communauté ont confirmé que la voie du Salaf était d’interpréter de manière générale et de ne pas prendre le sens apparent des attributs. Que reste-t-il aux anthropomorphistes? Soit ils vont dire que Abou Hanifah était un égaré qui s’est trompé sur la croyance, soit ils vont dire qu’il n’a pas écrit al-Fiqh al-Akbar. Ces deux solutions sont inacceptables par les musulmans sunnites, au vu des preuves. Que Dieu nous accorde la bonne compréhension.

L’explication d’un passage de al-Fiqh al-Akbar par le savant hanafite al-Bayadi

Le savant hanafite al-Bayadi, dans son livre Icharat al-Maram min ‘Ibarat al-Imam, page 192 (la page 193 est ajoutée pour que vous puissiez voir le contexte), a dit :

Page de titre de Icharat al-MaramPage 192 de Icharat al-MaramPage 193 de Icharat al-Maram

Dans cette affirmation, il y a plusieurs indications [ici al-Bayadi parle de l’affirmation de Abou Hanifah qui signifie  « on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce car cela constituerait un reniement de l’attribut, et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila, mais Son yad est Son attribut sans comment, et Son ghadab et Son rida sont deux de Ses attributs sans comment  » (et que vous pouvez retrouver dans son contexte en cliquant ici] :

La première [indication] : Il est obligatoire d’interpréter de manière globale [afin d’éviter] les sens apparents qui viennent à l’esprit. Ce qui montre cela c’est sa parole [c’est-à-dire la parole de Abou Hanifah dans le même traité]  « On n’attribue pas à Allah les attributs des créatures »: ceci rend obligatoire l’interprétation.

La deuxième : Eviter d’interpréter de manière détaillée en renvoyant  ces attributs à la puissance ou la grâce ou ce qui est de genre. Ce qui montre cela c’est sa parole « on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce » parce q’il y a en ceci une annulation de l’origine de l’attribut confirmé parce qu’il n’y a pas de [parfait] synonyme pour cet attribut [Abou Hanifah préférait interpréter de manière GLOBALE et non pas DETAILLEE, mais comme al-Bayadi le dit plus haut, il ne prenait PAS le sens apparent].

La troisième : C’est une réplique à ceux qui ont précisé un sens parmi les sens métaphoriques, de la part de ceux qui se sont entêtés [à tort]  dans l’interprétation détaillée. Ceci qui montre cela c’est sa parole « et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila » [il faut savoir que les Qadariyya et les Mou’tazila reniaient la plupart des attributs de Allah, c’est pour cela qu’ils insistaient sur le fait d’interpréter en détails, parce qu’ils n’acceptaient pas de dire que Allah a pour attribut un yad , alors que les Sunnites confirment le yad pour Allah tout en ne disant pas que ce serait dans le sens de main bien sûr. De plus juste en dessous l’imam al-Bayadi dit bien que Abou Hanifah prenait le sens métaphorique, mais juste de manière globale. Pour plus de détails sur ce sujet vous pouvez cliquer ici]

La quatrième: Le tafwid dans le fait de préciser un sens, après avoir pris un sens métaphorique de manière globale [c’est-à-dire que l’imam Abou Hanifah  évite de prendre le sens apparent mais ne donne pas un sens précis] . Ce qui montre ceci c’est sa parole « mais Son yad est Son attribut sans comment » donc cet attribut n’est pas du tout pris dans son sens réel (haqiqiyan).

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Kamal ad-Din Ahmad ibn Hasan al-Bayadi est mort en 1098 de l’Hégire, soit il y a plus de 300 ans.
  • C’était un grand savant hanafite reconnu qui a écrit un livre pour expliquer les expressions employées par l’imam Abou Hanifah dans ses différents livres.
  • Regardez comment il confirme que l’imam Abou Hanifah était pour l’interprétation métaphorique générale et contre le fait de prendre l’attribut  yad dans son sens apparent. Ceci prouve que c’est ce qu’ont compris les hanafites de la phrase de Abou Hanifah. Et donc personne ne peut utiliser cela comme preuve pour dire que Dieu aurait une « vraie main », wa l-‘iyaadhou billaah.
  • Le fait que l’imam Abou Hanifah était hostile à l’interprétation détaillée est dû à deux choses : les savants du Salaf n’en voyaient pas l’utilité en général sauf pour des cas  bien précis. Pour plus de précisions sur ce sujet, un article complet y est consacré,  vous pouvez le trouver en cliquant ici.

Abou Hanifah et son traité « al-Fiqh al-Akbar » (regardez bien ce qu’il a VRAIMENT dit)

Voici l’intégralité du texte de al-Fiqh al-Akbar, qui est imprimée à la fin de l’édition dont vous voyez l’image de la page 323 à 327 (l’édition est un commentaire de al-Fiqh al-Akbar mais à la fin du livre ils mettent le texte en entier. Al-Fiqh al-Akbar ne fait que 5 pages). Vous trouverez ici l’intégralité du texte en arabe, et les passages soulignés sont ceux traduits ci-dessous.

Dans son livre al-Fiqh al-Akbar, il a dit, dès la première page de son traité :

Titre Fiqh al-akbar matnAl-Fiqh al-akbar Matn page 1

Il ne ressemble pas aux choses de Sa création, et aucune des choses de Sa création ne Lui ressemble. Il est de toute éternité avec Ses Noms et Ses attributs, ceux de l’Etre et ceux des actes. Pour ce qui est des attributs de l’Etre, ce sont : la vie, la puissance, la science, le kalam, l’ouïe, la vue, et la volonté. Les attributs des actes sont : créer, pourvoir, faire entrer en existence, […] et d’autres.

Le Qour’an est le kalam de Allah ta’aala: écrit dans des livres, mémorisé par les coeurs, récité par les langues et révélé au Prophète sallaLLAAHou alayhi wa sallam. Notre prononciation du Qour’an est créée, notre écriture du Qour’an est créée, notre récitation du Qour’an est créée mais le Qour’an n’est pas créé.

Dans la deuxième page du traité, il a dit :

charh_alfiqh_alakbar_matn-page22

« Allah parle pas comme nous parlons. Nous, nous parlons au moyen d’instruments et de lettres tandis que Allah ta’aala parle sans instruments ni lettres. Les lettres sont créées et le kalam de Allah n’est pas créé. Il est un chay’ pas comme les [autres] chay’. Le sens du fait de dire que Allah est un « chay' » est qu‘Il n’est pas un corps (bilaa jism) , Il n’est pas une substance (wa laa jawhar) , ni un attribut des substances (wa laa ‘arad), Il n’a pas de limites (laa had lahou), Il n’a pas d’opposé, ni d’équivalent, ni de pair. Il est attribué de yad, de wajh, de nafs, comme Il l’a mentionné dans le Qour’an. Ce que Allah ta’ala a mentionné dans le Qour’an en citant al-yad, al-wajh, et an-nafs, sont Ses attributs sans comment. Et on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce car cela constituerait un reniement de l’attribut, et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila, mais Son yad est Son attribut sans comment, et Son ghadab et Son rida sont deux de Ses attributs sans comment [pour plus de détails concernant cette phrase, cliquez ici].

Dans la troisième page du traité il a dit:

al-Fiqh al-akbar matn page 3

Nous ne mentionnons aucun des compagnons du Prophète sallallaahou alayhi wa sallam sans que ce ne soit en bien. Et nous ne déclarons pas mécréant un musulman à cause d’un péché qu’il aurait commis, même s’il s’agit d’un grand péché, tant qu’il ne se le rend pas licite, et nous ne lui enlevons pas le nom de croyant, au contraire nous l’appelons un croyant véritable. [En effet,] il est possible qu’une personne soit un croyant grand pécheur sans être mécréant. »

Dans la quatrième page du traité il a dit :

al-Fiqh al-Akbar matn page 4

« Allah sera vu dans l’au-delà . Les croyants Le verront, ils seront au Paradis et ils Le verront avec les yeux de leur tête, sans comparaison et sans comment, et il n’y aura pas de distance entre Lui et Ses créatures.« 

Dans la quatrième et cinquième pages du traité il a dit :

Al-Fiqh al-Akbar matn page 5

Tout ce que les savants ont mentionné au sujet des attributs de Dieu ta’ala wa azza en persan et de Ses noms est permis, excepté pour al-yad en persan , et il est permis de dire « Rou’i Khouda » [qui signifie: l’Etre de Dieu] azza wa jalla sans faire ressembler Dieu à Ses créatures et sans comment. Le fait d’être proche ou loin de Dieu ce n’est pas en termes de distance, courte ou longue: au contraire c’est en termes d’honneur et d’humiliation. Celui qui obéit est celui qui est « proche » de Lui sans comment, et celui qui désobéit est celui qui est « loin » de Lui sans comment.

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Abou Hanifah fait partie des Successeurs, il est né en 80 , mort en 150 et il fait partie du Salaf dont le Prophète sallallaahou alayhi wa sallam a fait l’éloge. Il a eu l’immense honneur de voir des gens qui avaient vu et vécu avec notre Prophète bien-aimé, sallaLLAAHOU alayhi wa sallam, Mouhammad fils de Abdoullah.
  • Ici il dit clairement que : le kalam de Allah n’est pas avec des lettres, qu’il n’y aura pas de distance entre Dieu et les gens lorsqu’ils Le verront alors qu’ils seront au Paradis, et aussi que Ses attributs sont « sans comment » (ce qui est TRES différent du fait de dire « on ne sait pas comment »).
  • Pour l’attribut de al-yad, la raison pour laquelle il refusait d’interpréter yad par qoudrah c’est parce que les gens de son époque qui interprétaient ces mots NIAIENT les attributs de Dieu et eux ils interprétaient pour NIER que Dieu avait un « yad » ce qui est bien évidemment inacceptable. De plus, le fait qu’il rajoute que c’est un attribut « bila kayf » c’est-à-dire « sans comment » et le fait qu’il dit plus loin qu’il ne faut pas traduire « yad » en persan [car le mot persan pour yad (qui se dit « daste » ) signifie juste « main » donc il n’a pas tous les sens de yad en arabe] cela montre bien que sa phrase ne signifie pas qu’il disait qu’il faut croire que Dieu a une VERITABLE main. D’ailleurs il ne dit ça nulle part. Enfin, il est tout à fait dans la lignée des Salaf, qui, comme l’ont dit an-Nawawi (et d’autres, dans ce site) préféraient ne pas interpréter en détail mais ils interprétaient en général, et en disant « sans comment » c’est exactement ce que Abou Hanifah a fait. Regardez aussi comment il explique le fait d’être « près de Dieu » ou « loin de Dieu », il dit bien que ce n’est pas une distance, ce qui montre bien qu’il ne comprend pas les expressions selon leur sens apparent. Que Dieu bénisse les savants de l’époque du Salaf. Pour plus de détails sur ce sujet, veuillez cliquer ici.

Fatwa des savants de al-Azhar au sujet de celui qui croit que Dieu est dans un endroit

Page de titre de Ithaf al-KainatPage 3 de IthafPage 4 de IthafPage 5 de IthafPage 6 de IthafPage 7 de IthafPage 8 de Ithaf

Pour lire toute la fatwa en un seul document cliquez ici :Cette Fatwa en PDF

Voici la traduction de cette fatwa importante, qui est rédigée par l’Imam Abou Mouhammad Mahmoud ibn Mouhammad ibn Khattab As-Soubki al-Azhari dans son livre Ithaf al-Kainat bi-bayan as-salaf wa l-khalaf fi l-moutachabbihat, page 3:

LISEZ BIEN CAR CE QU’IL A DIT EN 1931 EST TRES IMPORTANT!

Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim La louange est à Allah le Seigneur des mondes. Celui qui est exempt des caractéristiques des créatures, comme la direction, le corps, l’endroit et le fait d’être au-dessus. Que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à notre maître Mouhammad, celui qui est venu avec l’effacement de l’association (Ach-chirk) et de l’athéisme (al-‘Ilhad), celui qui nous a ordonné d’exempter Allah ta’ala des attributs des esclaves, celui sur qui a été révélée la sourate ( قل هو الله أحد الله الصمد لم يلد و لم يولد و لم يكن له كفوا أحد ) [qui signifie: « Dis que Allah est unique, Il n’a besoin de rien, Il n’engendre pas et Il n’est pas engendré et qu’Il n’est pas d’équivalent »] ainsi que le verset ( ليس كمثله شيء و هو السميع البصير ) [il se lit Layça kamithlihi chay’ wa houwa s-Samee’ou l-Baseer » et il signifie « Rien n’est tel que Lui »] ainsi qu’ à sa famille et ses compagnons, ceux qui ont suivi sa bonne guidée jusqu’au jour du jugement. Mahmoud fils de Mouhammad fils de Ahmad Khattab As-Soubki dit :

[LA QUESTION]

« Un de ceux qui veulent connaître la science de la religion, et s’attacher à la voie du Salaf et du Khalaf m’a interrogé au sujet de ce qui n’est pas explicite dans les ‘ayah et les hadiths, par sa parole : « Que disent les maîtres des savants, que Allah ta’ala les protège, au sujet de celui qui a pour croyance que Allah ‘azza wa jall a une direction, ou qu’Il est assis sur le trône dans un endroit spécifique, qui dit que cela est la croyance du Salaf, qui amène les gens à avoir cette croyance, qui leur dit que celui qui ne croit pas cela est un mécréant, en prenant pour argument Sa parole ta’ala (الرحمن على العرش استو ى ) [Sourate Taha verset 5, qui se lit : ar-Rahman ‘ala l-‘archi stawa, et dont le sens apparent serait que Dieu serait établi sur le Trône, mais vous allez voir que le Chaykh as-Soubki explique qu’il ne faut pas le comprendre ainsi] Et Sa parole ‘azza wa jall ( ءأمنتم من في السماء ) [Sourate al-Moulk verset 16 qui se lit : A amintoum man fis-samaa, et qui littéralement signifie « Vous croyez-vous à l’abri de celui qui est au ciel? »] Est-ce que cette croyance est correcte ou fausse ? Et si elle est fausse, est-ce que celui qui dit cela devient mécréant en ayant cette croyance précédemment citée ? Est-ce que tous ses actes comme la prière, le jeûne et autres que ceux-là des actes de la religion sont annulés ? Est-ce que sa femme cesse d’être son épouse ? Et est-ce que, s’il meurt sur cet état avant de se repentir, on ne le lave pas, on ne fait pas la prière funéraire en sa faveur, on ne l’enterre pas dans un cimetière de musulmans ? Et est-ce que celui qui le croit dans cette croyance devient mécréant comme lui ? Et que dites-vous au sujet de certaines personnes qui prétendent que nier les six directions à Allah ta’ala reviendrait selon eux à nier l’existence de Allah ta’ala ? Répondez-nous, que Allah vous rétribue en récompense en indiquant la voie du Salaf et du Khalaf dans ces deux ‘ayah et ce qui est du même ordre parmi les ‘ayah non explicites comme Sa parole ( إليه يصعد الكلم الطيب ) [Sourate verset qui se lit Ilayhi yaS’adou l-kalimou t-tayyib, et qui littéralement signifierait « Et à Lui remontent les bonnes paroles »] Et des hadiths des attributs comme le hadith ( ينزل ربنا إلى سماء الدنيا ) [qui se lit yanzilou Rabbouna ila s-Samaa’i d-dounya] Et le hadith de la femme esclave d’une explication qui nous suffise en citant les paroles des savants du Tafsir et du hadith, de la jurisprudence, du Tawhid, avec les détails complets pour que les langues de ces gens-là, qui assimilent Allah ta’ala à Ses créatures, cessent de diffuser leur mal. Ils prétendent que le Ta’wil des savants du Khalaf serait de la mécréance en soutenant que c’est la voie des jahmiyyah mécréants et ils ont diffusé cela parmi les gens du commun. Que Allah ta’ala vous rétribue en bien pour la religion de la meilleure des rétributions.

[LA REPONSE]

§ J’ai répondu par l’aide de Allah ta^ala et j’ai dit : §

Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim, la louange est à Allah Celui qui guide vers la vérité. Que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à celui qui a reçu la sagesse et l’éloquence. Ainsi que sa famille et ses compagnons, ceux que Allah a guidés et à qui Il a accordé la réussite. Le jugement de cette croyance est qu’elle est infondée et celui qui y croit est un mécréant par l’unanimité des savants musulmans que l’on prend en considération. La preuve selon la raison est l’exemption de Allah ta’ala du début et le fait qu’Il est différent de ce qui entre en existence. Et la preuve à partir des textes est Sa parole ta^ala ( ليس كمثله شيء و هو السميع البصير ) [cela se lit Layça kamithlihi chay’ wa houwa s-Samee’ou l-Baseer » et cela signifie « Rien n’est tel que Lui »] Quiconque a cru que Allah ta’ala est incarné dans un endroit, qu’Il est en contact avec un endroit ou avec quoi que ce soit parmi les créatures comme le trône, le piédestal, le ciel, la terre ou autre que cela est catégoriquement un mécréant. Tous ses actes seront annulés que ce soit sa prière, son jeûne, son pèlerinage et autres que ceux-là. Sa femme cesse d’être son épouse, il doit se repentir immédiatement et s’il meurt sur cette croyance, que Allah ta’ala nous en préserve, il n’est pas lavé, on ne fait pas la prière funéraire en sa faveur, on ne l’enterre pas dans un cimetière de musulmans. Et sont pareils à celui-là tous ceux qui ont cru [en une telle personne] avec cette croyance, que Allah ta’ala nous préserve du mal de nos âmes et de nos mauvais actes. Quant au fait d’amener les gens a croire en cela et a leur dire que ne pas croire ainsi est de la mécréance, ceci est [également] de la mécréance et une grave calomnie. Sa prétendue argumentation par ces deux ‘ayah est infondée. Comment quelqu’un de raisonnable comprendrait-il de ces deux ‘ayah et de ce qui est du même ordre, que Allah ‘azza wa jall serait assis sur le trône, ou s’assoit dessus ou, qu’Il est dans le ciel ou ce qui est du même ordre de ce que prétend ce groupuscule alors que la Parole de Allah n’est pas créée, qu’Elle est un des attributs de Allah ta’ala exempt de début ? Il existe avant l’existence du trône et des cieux. Allah ta’ala a pour attribut l’Istiwa’ ‘ala l ‘arch avant l’existence du trône. Est-ce qu’Il était assis selon eux sur le trône qui était inexistant avant son existence ? Est-ce que Allah jalla jalalouhou aurait été dans le ciel avant la création des cieux ? Quelqu’un de raisonnable ne conçoit pas cela. Est-ce que la raison va croire que celui qui est exempt de début s’incarne dans quelque chose qui entre en existence ?Certes nous appartenons à Allah et nous reviendrons à Son jugement. En résumé, celui qui dit ces paroles ainsi que ces semblables qui n’acceptent pas la confirmation, ni par la raison ni par les textes transmis, sont devenus mécréants alors qu’ils pensent qu’ils sont en train de bien faire. Ce qui est catastrophique est qu’ils prétendent être des Salafites, alors que ce sont des gens écartés de la voie de la vérité blâmant les meilleurs musulmans. La hawla wa la qouwwata ila bi l-lah al-‘aliyy al-‘adhim.

[LA METHODE DU SALAF ET DU KHALAF POUR CES VERSETS]
Quant à la voie du Salaf et du Khalaf concernant les ‘ayah et les hadiths non explicites (moutachabih), tous se sont accordés à dire que Allah ta’ala est exempt des caractéristiques des créatures. Allah ‘azza wa jall n’a pas d’endroit, ni au trône, ni dans le ciel, ni ailleurs. Et Il n’est pas caractérisé par l’incarnation dans des choses qui seraient entrées en existence, ni par le contact avec quoi que ce soit, ni par le changement, ni par le déplacement et ce qui est du même ordre des caractéristiques de ce qui entre en existence. Mais Allah soubhanahou wa ta’ala est tel qu’Il est avant l’existence du trône, avant qu’Il n’ait créé le trône, le piédestal, les cieux et autres choses qui sont entrées en existence. Le Hafidh [al-‘Asqalani ] a dit dans al-Fath : « Les Faqih se sont tous accordés qu’ils soient en orient ou en occident à croire en le Qour’an et en les hadith qui sont parvenus par les gens dignes de confiance d’après le messager de Allah Salla llahou ‘alayhi wa ‘ala ‘alihi sallam concernant les attributs du Seigneur sans assimilation ni interprétation par un sens qui n’est pas correct ».

Mais ils ont seulement divergé entre eux concernant l’explication du sens qui est visé par ces ‘ayah et ces hadith.

[LA METHODE DU SALAF]
Le Salaf, que Allah ta’ala l’agrée, a pour croyance en ces ‘ayah et ces hadith tout comme ils sont parvenus. Ils ont pour croyance qu’ils n’ont pas le sens apparent en raison de la parole de Allah ta »ala
( ليس كمثله شيء و هو السميع البصير ) Layça kamithlihi chay’ wa houwa s-Samee’ou l-Baseer
[ cela signifie « Rien n’est tel que Lui »]
Et ils remettent la connaissance du sens visé à Allah ta’ala, en raison de Sa parole ^azza wa jall « wa ma ya’lamou ta’wilahou illa llaah » ( و ما يعلم تأويله إلا الله ) [Sourate 3, verset 7, cela signifie « Et ne sait son interprétation que Allah »];et ils disent au sujet de la ‘ayah ar-Rahman ‘ala l-‘archi stawa ( الرحمن على العرش استوا ) [Sourate Taha verset 5, dont le sens apparent serait que Dieu serait établi sur le Trône, mais vous allez voir qu le Chaykh as-Soubki explique qu’il ne faut pas le comprendre ainsi] :
« Istawa’, d’un istiwa’ qui est digne de Lui et que seul Lui, Allah ‘azza wa jall, sait ».

Et pour la ‘ayah A amintoum man fis-samaa ( ءأمنتم من في السما ) [Sourate al-Moulk verset 16, qui littéralement signifie « Vous croyez-vous à l’abri de celui qui est au ciel? »] :[Les gens du Salaf disent:] « Nous avons foi en ces versets selon le sens que Allah a voulu, tout en L’exemptant parfaitement des attributs de ce qui entre en existence ainsi que de l’incarnation.

Ils disent au sujet de la ‘ayah yadoullah fawqa aydihim ( يدالله فوق أيديهم ) [Sourate Fath verset 10, qui littéralement signifierait que « Sa main est au-dessus des leurs » mais ici ce n’est pas le sens qui est visé] : »Il a un yad pas comme nos mains et ne le sait que Allah ta’ala »; et ainsi pour toutes les ‘ayah non explicites ( moutachabihah).

L’imam glorieux, le salafite Ibnou Kathir dans le troisième tome de son Tafsir page 488 a dit, quant à la parole de Allah : thoumma stawa ala ‘arch ( ثم استوى على العرش )[Sourate al-A’raf verset 54, que vous pouvez retrouver dans ce site]

Les gens ont à ce sujet plusieurs avis , mais ce n’est pas le lieu de les détailler ici. Nous citons ici la voie du Salaf vertueux de Malik, al-Awza’iyy, ath-Thawriyy, Layth Ibnou Ka’b, Ach-Chafi’iyy, Ahmad ibnou Hanbal, Ishaq ibnou Rahawih et d’autres qu’eux parmi les imams musulmans du passé et contemporains et plus récents, à savoir de lire ces ‘ayah comme elles sont parvenues. Sans attribuer le comment, ni d’assimilation, ni annulation de ces ‘ayah. Et le sens apparent qui vient à l’esprit des assimilateurs est nié au sujet de Allah ta’ala. Car Allah n’a pas de ressemblance avec quoi que ce soit de Ses créatures. Rien n’est tel que Lui et Il est celui qui entend et qui voit. Mais il en est comme l’on dit les imams parmi lesquels Na’im ibnou Hammad al-Khouza’iyy, le chaykh de Al-Boukhariyy, qui a dit : « Celui qui assimile Allah à Ses créatures est un mécréant, et celui qui renie ce que Allah a cité comme attributs pour Lui-même est mécréant. Et il n’y a pas, dans les attributs que Allah a cités comme étant Ses propres attributs ni dans ceux que Son messager a cités, d’assimilation. Celui qui confirme à Allah ta’ala ce qui est parvenu dans les ‘ayah explicites et les nouvelles sûres, conformément à ce qui est digne de l’éminence de Allah ta’ala et qui a nié au sujet de Allah ta’ala les défauts, il aura suivi la voie de bonne guidée  » .

Et [on trouve] semblable à cela dans d’autres tafsir des Imams véridiques.
Et ils disent au sujet du hadith yanzilou Rabbouna ila s-Samaa’i d-dounya (ينزل ربنا إلى سماء الد نيا ): »C’est un nouzoul qui est digne de Lui et que seul Lui, Allah ta’ala sait ». Quant au hadith de la femme esclave, al-jariyah, qui a été rapporté par Mouslim et Abou Dawoud par la voie de Mou’awiyah ibnou al-Hakam dans lequel il est dit que le prophète sallallahou ‘alayhi wa sallam a interrogé la femme esclave en lui disant أين الله [aynallah] et qu’elle a répondu في السماء [fis-samaa’] et qu’il a dit من أنا [man ana] et qu’elle lui a répondu أنت رسول الله [anta raçouloullah] et il a dit à son maitre أعتقها فإنها مؤمنة [ce qui signifie: Libère-là car certes elle est croyante], ils disent à son sujet ce qu’ils ont dit au sujet de la ‘ayah a amintoum man fis-samaa’( ءأمنتم من في السماء )

Et il en est de même au sujet des hadith des attributs non explicites. Ils ont argumenté cela par sa parole ‘azza wa jall « Houwa l-ldhee anzala ‘alyka l-kitab minhou aayaat mouhkamaat wa hounna oummou l-kitaab wa akhr moutachaabihaat fa amma l-ladheena fee qouloubouhim zayghou fa yatab’ouna maa yatachaabah minh ibtaghaa’ al-fitnah wa btaghaa’ ta’wilihi wa lam ya’lam ta’wilahou illallaah ( هو الذي أنزل عليك الكتاب منه آيات محكمات و هن أم الكتاب و أخر متشابهات فأما الذين في قلوبهم زيغ فيتبعون ما تشابه منه ابتغاء الفتنة و ابتغاء تأويله و ما يعلم تأويله إلا الله ). [ ce qui signifie :« C’est Lui (Allah) Qui t’a révélé le Livre au sein duquel il y a des ‘ayah explicites (mouhkamah) qui sont la base du Livre et d’autres [‘ayah qui sont] non explicites (moutachabihah). Quant à ceux dont les cœurs sont déviés, ils suivent ce qui n’en est pas explicite pour faire tomber dans l’égarement et faire de mauvaises interprétations, et ne connaît son interprétation que Allah] .Ils ont dit que l’on s’arrête [au mot Allah] avec cette récitation.

Quant à la suite « wa r-Raashikhouna fi l-ilm « ( و الراسخون في العلم ) [c’est-à-dire « et ceux qui sont versés dans la science », pour le Salaf, c’était une parole pour indiquer que les plus illustres de ceux qui ont la science croient en la véracité des ‘ayah non-explicites (moutachabihah) du Qour’an.

[LA METHODE DU KHALAF]
Quant au Khalaf, que Allah ta’ala leur fasse miséricorde, ils disent au sujet de cette ‘ayah et de ces hadith, que leur sens est connu. Ainsi le sens de ar-Rahman ‘ala l-‘archi stawa ( الرحمن على العرش استوا ) est « Istawla bil-qahar« , c’est-à-dire « Il a dominé », que le trône est sous la destinée de Allah.

Et la signification de a amintoum man fis-samaa’ ( ءأمنتم من في السماء ), c’est : « Celui dont la souveraineté est au ciel », ou alors c’est pour dire que c’est une forme en langue arabe qui indique la glorification de Allah ta’ala en lui attribuant al ‘oulouw et al ‘athamah et l’exemption ddu fait d’être dessous ou en bas (as-soufl wa at-taht), non pas que Allah ta’ala est incarné dans le ciel, car l’incarnation fait partie des caractéristiques des corps et des signes d’entrée en existence et Allah est exempt de cela.
Et la signification de yanzilou Rabbouna ila s-Samaa’i d-dounya ( ينزل ربنا إلى سماء الدنيا ), c’est-à-dire que c’est Son messager qui descend au ciel du bas-monde, ou bien Sa miséricorde. Quant à la décision du messager salla llahou ta’ala ‘alayhi wa ‘ala alihi wa sallam de libérer la femme esclave, lorsqu’elle a dirigé sa main vers le ciel, c’est parce que que cela de sa part indique qu’elle n’attribue pas d’associé à Dieu. Car en montrant le ciel du doigt, il a su qu’elle n’était pas de ceux qui adorent les idoles qui sont sur terre. Il en est de même dans les autres ‘ayah et hadith et c’était pour les savants du Khalaf une indication [de plus pour confirmer le fait que] qu'[il faut s’arrêter au mot ‘ilm] dans la récitation de la ‘ayah honorable pour la parole de Allah ta^ala wa r-Raashikhouna fi l-ilm ( و الراسخون في العلم ) [et donc on lirait : « C’est Lui (Allah) Qui t’a révélé le Livre au sein duquel il y a des ‘ayah explicites (mouhkamah) qui sont la base du Livre et d’autres [‘ayah qui sont] non explicites (moutachabihah). Quant à ceux dont les cœurs sont déviés, ils suivent ce qui n’en est pas explicite pour faire tomber dans l’égarement et faire de mauvaises interprétations, et ne connaissent son interprétation que Allah ainsi que ceux qui sont versés dans la science. »

Ils argumentent cela par le fait que le Qour’an est en langue arabe et que la langue arabe contient le sens de ces mots qui sont dans ces ‘ayah non explicites.

Les voies du salaf et du khalaf sont toutes deux correctes
. Les preuves indiquent leur vérité et le surcroit de mérite revient au Salaf. Celui qui attribue donc aux savants du salaf ou du khalaf quelque chose de contraire à cela, c’est un égaré qui déroute les gens. Celui qui dit que la voie du Khalaf est la voie des Jahmiyyah, c’est un calomniateur menteur.Car

« les Jahmiyyah sont ceux qui ont suivi Jahm ibnou Safwan qui a prétendu que la personne est contrainte dans ces actes, il a nié toutes les capacités. Il a prétendu que le paradis et l’enfer auront une fin. Il a prétendu aussi que la foi est uniquement le fait de connaitre de Allah ta’ala et que la mécréance est uniquement le fait d’ignorer [l’existence] de Allah. Il a dit qu’il n’y a pas d’actes à autre que Allah ta’ala mais que les actes sont attribués aux créatures par un sens figuré tout comme on dit que le soleil a quitté le zénith ou que le moulin a tourné sans qu’ils soient sujets ou capables de faire ce qui a été cité à leur sujet. Il a prétendu également que la science de Allah ta’ala est entrée en existence. Il s’est abstenu de dire que Allah est un chay’ ou qu’Il est Hayy’ ou qu’Il est ‘Alim ou qu’Il est Mourid. Il a dit : « Je ne lui donne pas un terme qu’il est possible d’utiliser pour autre que Lui comme chay’, ou Hayy ou ‘Alim ou mourid et ce qui est du même ordre ». Il acceptait d’attribuer [à Dieu] le fait qu’Il est qadir, moujid, fa’il, khaliq, mouhyiy moumit car ces attributs Lui sont spécifiques . Il a prétendu que la parole de Allah ta’ala est entrée en existence tout comme l’ont dit les qadariyy. Et il n’a pas dit que Allah ta’ala est moutakallim. Nos compagnons l’ont déclaré mécréant dans tous ces égarements. Et les qadariyy l’ont déclaré mécréant quand il a dit que Allah ta’ala est créateur des actes des esclaves. Les différents groupes de la communauté se sont accordés à le déclarer mécréant. »Fin de citation du livre al-Farqou bayna l-firaq de l’imam Abou Mansour ^Abdou l-Qahir al-Baghdadiyy page 199. [présente ds ce site]

Et à partir de là, tu sauras que les savants du Khalaf sont innocents de cette voie [des Jahmiyyah] et de ceux qui l’ont suivie.

Quant à ce qui a été dit au sujet de « renier les six directions au sujet de Allah ta^ala revient à nier Son existence », ce n’est d’évidence qu’une parole infondée, en raison de ce qui est connu que Allah ‘azza wa jall existe avant l’existence des six directions citées qui sont haut, bas, devant, derrière, droite et gauche. Il existe avant l’existence du monde dans sa totalité par l’unanimité des prédécesseurs et des successeurs. Comment pourrait-on concevoir que l’existence de Allah ‘azza wa jall qui est exempt de début,n dépendrait de l’existence de certaines choses entrées en existence ou de tout ce qui est entré en existence qu’Il a crée soubhanallah ? Ce ne sont là que des calomnies graves. Un groupe de Salaf et de khalaf ont dit que celui qui a pour croyance que Allah est dans une direction est un mécréant tout comme l’a dit al-‘Iraqi, Abou Hanifah, Malik, ach-Chafii, Abou l-Hacan al-Ach’ari et al- Baqillani.

Le savant Moulla ‘Ali al-Qari dans son Sharh de al-Michkat, tome 2 page 167 l’a dit. Allah ta^ala dit
( فانها لا تعمى ألابصار و لكن تعمى القلوب التي في الصدور )
C’est-à-dire: ce n’est pas les yeux qui deviennent aveugles mais ce sont les cœurs qui sont dans les poitrines.

Et Allah ta’ala dit ( و من لم يجعل الله نورا فماله من نور )
C’est-à-dire, : « Celui que Allah ne guide pas, qui va le guider ? »
Nous demandons à Allah ta’ala qu’Il nous guide tous vers la voie de droiture et qu’Il nous préserve et qu’Il nous protège des débordements et des mauvaises suggestions du chaytan maudit et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés au dernier des prophètes ainsi qu’a ceux qui ont œuvré conformément à sa guidée

Et j’ai exposé cette réponse à un groupe de savants émérites de Al ‘Azhar qui l’ont validée et qui ont écrit leur noms sur celle-ci. Il s’agit de leurs excellences,

  • le Chaykh Mouhammad An-Najdi, le chaykh des maîtres des Chafiis,
  • le Chaykh Mouhammad Sabi’ adh-Dhahabi,
  • le Chaykh des maîtres Hanbalites, le Chaykh Mouhammad al-‘Azbiyy Rizq, l’enseignant des hautes études ,
  • et le Chaykh ‘Abdoul-Hamid ‘Ammar, l’enseignant des hautes études,
  • le Chaykh ‘Aliyy an-Nahrawiyy, l’enseignant des hautes études,
  • le Chaykh Dousouqiyy ‘Abdullah al ‘Arabi, du comité des grands savants,
  • et le Chaykh ‘Ali Mahfoudh, l’enseignant dans les spécialités de Al Azhar,
  • le chaykh Ibrahim ‘Ayyarah ad-Daljamouni, l’enseignant dans la section spécialisation de Al-Azhar,
  • le Chaykh Mouhammad ‘Alyan, grand savant de Al-Azhar,
  • le Chaykh Ahmad Makkiyy, l’enseignant dans la section des spécialisations de Al-Azhar,
  • et le le Chaykh Mouhammad Houcayn Himdan.
Points à retenir:
  • L’imam as-Soubki al-Azhari est mort en 1352 de l’Hégire, que Allah lui pardonne, et la fatwa a été rédigée et signée par ces savants en 1350 de l’Hégire.
  • Ce qu’il explique ici est un jugement sur la croyance, la croyance musulmane ne change pas avec les époques. Si il a pu dire, il y a 80 ans, que croire que Dieu est dans une direction est de la mécréance, par avis unanime des savants dignes de considération, pourquoi alors aujourd’hui certains ne veulent pas accepter cette réalité et préfèrent dire que ce n’est pas de la mécréance?

al-Hafidh Ibn Hajar al-Asqalani explique comment comprendre Hadith an-Nouzoul

Page de titre générale de Ibn Hajar FathTitre Ibn Hajar Fath vol 3 realPage 22 vol 3 FathPage 23 vol 3 FathPage 24 vol 3 Fath

L’imam Ibn Hajar al-Asqalani, en expliquant une des versions du hadith dU Prophète Mouhammad sallallaahou ‘alayhi wa sallam, appelé hadith an-Nouzoul (et qui donnerait l’impression de Dieu descend du ciel toutes les nuits), dans son livre Fath al-Bari, volume 3, page 23 (vous trouverez ci-dessus les pages 22 et 24 uniquement pour le contexte, mais la phrase se trouve page 23):

« Quant à sa parole « Yanzilou Rabbouna ‘ila s-Samaa’i d-Dounya« , les anthropomorphistes (mouchabbihah) se sont basés dessus pour confirmer une direction à Allah et ils disent que c’est la direction du dessus (al-oulouww) et cela a été renié par les savants (al-joumhour), parce que parler ainsi revient à limiter Dieu, qui est exempt de cela. Puis les gens ont divergé sur le sens de an-nouzoul : certains l’ont pris selon le sens apparent et en réalité , ce sont les anthropomorphistes (al-Mouchabbihah), et Allah est exempt de ce qu’ils disent. Certains ont carrément nié la véracité de tous les hadiths parvenus à ce sujet, ceux-là sont les Khawarij et les Mou’tazilah et ceux-là sont vraiment étonnants parce que d’un côté ils interprètent ce qui est parvenu dans le Qour’an qui est du même ordre, et d’un côté ils renient ce qui est parvenu du hadith soit par ignorance, soit par entêtement. Certains sont passés sur ces textes comme ils ont été révélés en y croyant dans leur globalité et en exemptant Allah du comment des anthropomorphistes, et ceux-là sont la majorité des savants du Salaf . [Par ailleurs], al-Bayhaqi ainsi que d’autres, ont rapporté des quatre imams, des deux Soufyan, des deux Hammad, de al-Awza’i, de al-Layth, et d’autres, qu’ils ont interprété ce texte selon ce qui est digne de Allah et qui est utilisé dans la langue des Arabes. Certains autres sont allés tellement loin dans l’interprétation que cela revenait à une sorte de distortion. Certains autres ont fait la différence entre ce qui est une interprétation « proche » c’est-à-dire utilisée dans la langue des Arabes, et ce qui serait éloigné, et par conséquent, ils ont interprété dans certains cas et ils ont fait le tafwid [laisser le sens à Allah] dans certains cas, et cela a été rapporté de l’imam Malik .Il a été confirmé par Ibn Daqiq al-Id, de parmi les savants de la nouvelle génération, que al-Bayhaqi a dit que la plus saine [de toutes ces voies] est d’y croire sans comment et de passer sous silence ce qui est visé. »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Ibn Hajar al-Asqalani est mort en 852 de l’Hégire, soit il y a plus de 500 ans.
  • Son commentaire de Sahih al-Boukhari, qui s’appelle “Fath al-Bari” est un livre incontournable pour tout étudiant en science de religion et pour tout savant.
  • Ici, il dit clairement que ceux qui prennent ce hadith selon son sens apparent ce sont les anthropomorphistes, c’est-à-dire ceux qui font ressembler Dieu à Ses créatures. Il dit aussi que des interprétations ont été rapportées des savants du Salaf tels que les fondateurs des 4 écoles par exemple.

Ibn Kathir dit que le sens apparent des versets non-explicites est à rejeter

Page de titre de Tafsir ibn Kathir vol 2 realPage 220 vol 2 tanzih ibn kathir

Dans son célèbre Tafsir volume 2, page 220, Ibn Kathir, lorsqu’il explique le verset 54 de la Sourate « al-A’raf  » a dit :

Les gens ont à ce sujet plusieurs avis , mais ce n’est pas le lieu de les détailler ici. Nous citons ici la voie du Salaf vertueux de Malik, al-Awza’iyy, ath-Thawriyy, Layth Ibnou Ka’b, Ach-Chafi’i, Ahmad ibnou Hanbal, Ishaq ibnou Rahawih et d’autres qu’eux parmi les imams musulmans du passé et contemporains et plus récents, à savoir de lire ces ‘ayah comme elles sont parvenues. Sans attribuer le comment, ni d’assimilation, ni annulation de ces ‘ayah. Et le sens apparent qui vient à l’esprit des assimilateurs est nié au sujet de Allah ta’ala. Car Allah n’a pas de ressemblance avec quoi que ce soit de Ses créatures. Rien n’est tel que Lui et Il est celui qui entend et qui voit. Mais il en est comme l’on dit les imams parmi lesquels Na’im ibnou Hammad al-Khouza’iyy, le chaykh de Al-Boukhariyy, qui a dit : « Celui qui assimile Allah à Ses créatures est un mécréant, et celui qui renie ce que Allah a cité comme attributs pour Lui-même est mécréant ». Et il n’y a pas, dans les attributs que Allah a cités comme étant Ses propres attributs ni dans ceux que Son messager a cités, d’assimilation. Celui qui confirme à Allah ta’ala ce qui est parvenu dans les ‘ayah explicites et les nouvelles sûres, conformément à ce qui est digne de l’éminence de Allah ta’ala et qui a nié au sujet de Allah ta’ala les défauts, il aura suivi la voie de bonne guidée  » .

Points à retenir de cette citation:

  • Ibn Kathir est mort en 774, soit il y a environ 650 ans.
  • Il est pris en référence par les gens qui se prétendent Salafis.
  • Regardez-bien la traduction car parfois le même passage est traduit différemment par les soi-disant Salafis, et puis gardez-bien l’original en arabe…
  • Il ne fait que confirmer ce que nous avons vu dans d’autres citations, et qui est que le sens apparent était rejeté par le Salaf. Il y a d’autres interprétations de sa part dans le site.
  • Il cite même l’imam Ahmad comme ayant cette croyance.
  • Il appelle ceux qui prennent le sens apparent des mouchabbihine, cad des anthropomorphistes.

Abou l-Layth as-Samarqandi rapporte la parole de Ja’far as-Sadiq (qui commence par « Celui qui prétend que … »)

Page de titre de Charh al-Fiqh al-Akbar by “Al-Matouridi”Page 81 de Charh al-Fiqh al-Akbar (ici al-Wasiyya)

Dans le commentaire de al-Wasiyya( un livre de Abou Hanifah) par al-Layth as-Samarqandi, ce savant hanafite dit

« Ja’far al-Sadiq, que Dieu l’agrée, a dit que le tawhid (l’Unicité) (…) consiste à savoir que : Dieu n’est pas « à partir de » quelque chose, ni « dans » une chose, ni « sur » quelque chose, car en effet, celui qui dit de Dieu qu’Il est « à partir de » quelque chose, il Lui aura attribué le fait d’être créé, et il aura mécru, celui qui dit de Dieu qu’Il est « dans » quelque chose, il Lui aura attribué le fait d’être limité, et il aura mécru, et celui qui dit de Dieu qu’Il est « sur » quelque chose, il Lui aura attribué le fait d’avoir un besoin et d’être porté, et il aura mécru. »

Points à retenir de cette citation

  • al-Layth as-Samarqandi est mort en 378 de l’Hégire soit il y a plus de 1000 ans et son commentaire de al-Fiqh al-Akbar est très répandu. (Il est parfois appelé « le commentaire de al-Matouridi » dû à une certaine confusion )
  • al-Ja’far as-Saadiq fait partie du Salaf, et cette phrase qu’il a prononcée est aussi connue. Il dit clairement que si Dieu était littéralement « sur » quelque chose, alors il serait porté par cette chose, ce qui est inconcevable ma sha ALLAH.

Imam Abou Hanifah (du SALAF) dit bien qu’il ne faut pas comprendre « istawa » comme un établissement ou le fait d’être assis

Page de titre de Jawharat al-Munifah, livre d\'explication de al-Wasiyya

 

L’imam Abou Hanifah a dit, dans son livre al-Wasiyyah, (page 81 de l’édition que nous avons utilisée ici):

Nous récitons que Dieu est « istawa ‘ala » le Trône sans qu’Il ait un besoin ou qu’Il soit établi sur le Trône. Il est le Protecteur du Trône et d’autre que cela sans qu’Il ait de besoin, car s’Il avait un besoin, Il n’aurait pas pu faire exister le monde ni ce qui lui advient, comme les créatures, et s’Il avait le besoin de s’asseoir [joulous] et de s’établir [istiqrar], alors avant de créer le Trône, où donc aurait-Il été ? Dieu est exempt de ce que lui attribuent les injustes.

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Abou Hanifah fait partie du SALAF, c’est-à-dire des trois premières générations de cette communauté, les meilleures générations. Il est né en 80 de l’Hégire et est mort en 150, soit il y a 1200 ans. Il a vu des compagnons, c’est-à-dire qu’il a été en compagnie de gens qui ont eu l’immense honneur de voir notre Prophète sallaLLAAHOU alayhi wa sallam.
  • Ce livre al-Wasiyya fait partie des CINQ livres qu’il a écrits et qui parlent de la croyance.
  • Regardez comme il explique al-Istawa à des Arabes: il leur dit : ce n’est pas istiqrar et ce n’est pas joulous, cad qu’il leur dit, ce grand savant du Salaf: « ne comprenez pas istawa comme un établisssement ( qui est le sens istiqrar) ou comme le fait d’être assis (qui est le sens de joulous) ». Comment, après ça, pouvons-nous voir des gens qui disent librement que Dieu est ETABLI ou ASSIS, alors que l’un des plus grands savants du Salaf nous a prévenus de ne pas le comprendre comme cela?
  • La raison pour laquelle nous n’avons pas traduit « istawa ‘ala » c’est parce que Abou Hanifah, en tant que Savant du Salaf , n’a PAS donné de sens! Il a EXCLU les sens de s’établir et de s’asseoir mais il n’a pas donné de sens précis. Donc bien que d’autres savants aient donné des interprétations précises de « istawa », ici nous ne traduisons pas pour rester proche de la démarche de Abou Hanifah.

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Le jugement des savants du Salaf sur le fait que croire en une direction au sujet de ALLAH est de la mécréance (rapporté par Ali al-Qari)

Page de titre de Mirqat al-MichkatLa page 300 de ce livre

Dans son commentaire intitulé Mirqat al-Mafatih, Charh Michkat al-Maçabih vol.3 p.300, il dit:

« Tout un groupe d’entre eux [c’est-à-dire les Pieux Prédécesseurs] ainsi que du Khalaf [c’est-à-dire de l’époque qui a suivi] a dit:

« Celui qui croit en une direction [au sujet de Dieu] est un mécréant (kafir) , comme cela a été clairement rapporté par al-Iraqi quand il a dit: « Ceci est l’avis de Abou Hanifah, Malik, Al-Chafii, al-‘Achari et al-Baqillani » »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Ali al-Qari est mort en 1014 de l’Hégire soit il y a plus de 400 ans (et donc bien avant la naissance de Mouhammad ibn Abd al-Wahhab qui est né en 1115).
  • C’est le même qui a commenté al-Fiqh al-Akbar de ABou Hanifah, il est une sommité de la science, un très grand savant hanafite. Il vivait à laMecque et c’est là qu’il enseignait et qu’il est mort (il était né dans ce qui est l’Afghanistan aujourd’hui).
  • Ceci vient à fin d’un long passage où il explique comment comprendre les versets du Qour’an qui ne sont pas explicites.
  • Ici il rapporte que tout un groupe du Salaf disait que attribuer une direction à Dieu est de la mécréance, parmi eux: Abou Hanifah, Malik, ach-Chafii.

L’Unanimité des fondateurs des 4 écoles sur le fait qu’attribuer une direction à Dieu est de la mécréance (rapportée par Ibn Hajar al-Haytami)

Page de titre de al-Minhaj al-QawimLa page 224 de ce livre


Dans son livre al-Minhaj al-Qawim, p.224, Ibn Hajar al-Haytami a dit:

« Sachez que al-Qarafi et d’autres ont rapporté de ach-Chafii, Malik, Ahmad et Abou Hanifah, que ALLAH les agrée, que ceux qui disent [à propos de ALLAH] qu’Il est dans une direction ou qu’Il a un corps ont commis de la mécréance (al-qaa’ileen bi j-jihat wa-t-tajsim), et ils [ces savants] avaient raison de dire cela. »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Chihab ad-Din Ibn Hajar al-Haytami est mort en 974 de l’Hégire, soit il environ 450 ans. Il était chafiite et est un très grand savant qui était l’étudiant de Zakariyya al-Ansari, un pilier du fiqh chafiite.
  • Ici il rapporte l’Unanimité des fondateurs des quatre écoles sur le fait qu’attribuer une direction à Dieu est de la mécréance.