Fatwa récente de al-Azhar (2005) qui explique que la croyance unanime des musulmans c’est que Dieu existe sans endroit

L’université islamique al-Azhar possède un site Internet sur lequel les gens peuvent poser des questions. Récemment (en 2005), quelqu’un a demandé ce qu’il en était par rapport à la croyance en Dieu car lui a toujours appris que Dieu existe sans endroit, et le Conseil de Fatwa lui a répondu que la croyance unanime des musulmans c’est que Dieu existe sans endroit. Voici la question et la réponse, tirées de leur website (leur website changé fréquemment de couleur et de présentation):

Début de la fatwa de al-AzharFin de la fatwa de al-Azhar

Question:

Je suis étudiant à la faculté de la Shari’a. J’ai appris et étudié dans la science de la croyance (‘aqida) que Dieu existe sans endroit et n’est point limité par aucune direction. Prière de m’éclairer à ce sujet, car il y a des gens qui s’en prennent à la croyance de al-Azhar.

La réponse du Conseil des Fatwa en date du 6 décembre 2005:

L’un des principes immuables de la croyance (‘aqida) des musulmans est que Allah n’est point circonscrit dans un lieu et n’est point limité dans le temps. En effet, le lieu et le temps sont deux créatures, et Allah – exalté soit-Il – est exempt du fait d’être entouré par une de Ses créatures.  Il est, au contraire, le Créateur de toute chose et Il englobe parfaitement toute chose [par Sa science]. Cette croyance fait l’unanimité des musulmans, et nul parmi eux ne la rejette.

Les savants exprimèrent cela en disant : « Allah existe [de toute éternité] alors que n’existait aucun lieu, et Il est comme Il [a toujours été] avant la création des lieux, sans le moindre changement. »

Parmi les expressions que nous tenons de nos pieux prédécesseurs [les savants du Salaf] figure cette parole de l’imam Ja’far as-Sadiq : « Celui qui prétend que Allah est dans quelque chose, ou issu de quelque chose ou au-dessus de quelque chose, aura adoré autre que Allah, car s’Il était dans quelque chose Il serait limité, s’Il était sur quelque chose, Il serait porté, et s’Il était  issu de quelque chose, Il serait entré en existence, cad qu’Il serait une créature ».

Quelqu’un demanda à Yahya ibn Mu’adh ar-Razi : « Parle-nous de Dieu – exalté soit-Il –. »

Yahya ibn Mu’adh ar-Razi dit : « Un Dieu unique. »

On lui dit : « Comment Il est ? »

Yahya rétorqua : « Un Seigneur tout-puissant. »

On lui dit enfin : « Où est-Il ? »

Yahya répondit [par une phrase qui signifie]: « Il connait les injustes et les punit »

La personne qui l’interrogeait objecta : « Ma question ne porte pas sur cela ! »

Alors Yahya lui dit : « Ce qui est autre que cela est un attribut de la créature. Quant à Ses attributs, ils sont tels que je viens de les évoquer. »

On demanda à Dhou n-Noun al-Misri, que Allah l’agrée, au sujet de la parole de Dieu – exalté soit-Il – : « le Tout-Miséricordieux « istawa » sur le trône. » [1] il répondit : « Il affirma Son Être et nia toute localisation à son sujet, car Il existe de par son Être tandis que toute chose, par Sa sagesse, est conforme à Sa volonté. »

Pour ce qui est des textes rapportés du Livre ou de la Sounnah qui indiquent [un mot dont le sens qui vient immédiatement à l’esprit est] l’ « élévation » de Allah par rapport à Ses créatures, il s’agit de l’élévation du rang (makaanah), de l’honneur (charaf), de l’emprise (haymanah), et de la domination (qahr) [et non une élévation physique]. Il est – exalté soit-Il – exempt de toute ressemblance avec Ses créatures et Ses attributs ne sont pas du tout comme les leurs. Rien dans Ses attributs ne relève de l’imperfection caractéristique des attributs des créatures ; au contraire, à Lui reviennent les attributs parfaits et à Lui appartiennent les noms sublimes. Tout ce qui est susceptible de parvenir à ton esprit, Allah en est différent. Réaliser son incapacité à parvenir à connaître [la réalité de Allah] est en soi une connaissance, et chercher à atteindre la réalité du Seigneur est un acte d’association (chirk).

La croyance d’ al-Azhar ach-Charif est conforme à la croyance ach’arite qui est la croyance des Sunnites (Ahlou s-sounnah wal-jama’ah). Les maîtres ach’arites, que Allah les agrée et les comble, constituent la majorité des savants de la communauté. Ce sont eux qui ont réfuté les fausses allégations des impies et consorts. Ce sont eux qui, au fil de notre histoire, se sont attachés au Qour’an et à la Sounnah de notre maître Mouhammad – sallallaahou ‘alayhi wa sallam  –. Quiconque les rend mécréants ou les accuse d’égarement, sa religion est en péril. Al-Hafidh ibn ‘Asakir, que Allah lui fasse  miséricorde, dit dans son ouvrage « Tabyin kadhib al-muftâri fima nusiba ila l-imam Abi al-Hasan al-Ash’ari » : « Sache, puisse Dieu nous accorder Son agrément et nous accepter parmi ceux qui Le craignent et Le redoutent comme il se doit, que la chair des savants est vénéneuse [Ceci est une allusion au fait que le Prophète, sallallaahou ‘alayhi wa sallam, a comparé le fait de parler en mal de son frère musulman au fait de manger de sa chair. Donc l’image est pour dire celui qui parle en mal des savants s’empoisonne lui-même, car c’est comme s’il mangeait de la chair empoisonnée] . Par une loi divine bien connue, ceux qui les dénigrent sont honnis. Quiconque les diffame sera éprouvé par la mort de son coeur avant son décès. » Al-Azhar ach-Charif a toujours été le phare du savoir et de la religion à travers l’histoire Islamique. Cet éminent édifice constitue le plus grand centre scientifique que la communauté a connu, après les premiers siècles privilégiés. Dieu en a fait une cause pour préserver la religion contre les détracteurs et les incrédules. Celui qui dénigre la croyance d’al-Azhar s’expose à un grand péril et il est à craindre qu’il soit du nombre des khawarij ou des fauteurs de troubles dont Dieu dit : « Certes, si les hypocrites, ceux qui ont la maladie au coeur, et les alarmistes (semeurs de troubles) à Médine ne cessent pas, Nous t’inciterons contre eux, et alors, ils n’y resteront que peu de temps en ton voisinage. » [2]

Allâh – exalté soit-Il – sait plus que tout autre.

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[1]sourate 20, Taha, verset 5. Le terme istiwa possède plus d’une dizaine de sens en arabe et dans cette sourate, le terme istiwa peut signifier « dominer », « préserver » ou « maintenir en existence », et non pas « s’établir ».

[2]sourate 33, al-Ahzab, verset 60.

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Points à retenir de cet article:

  • Il s’agit de la réponse du Conseil de fatwa de l’Université al-Azhar au Caire qui répond sans aucune équivoque que la croyance des musulmans est que Dieu existe sans endroit.
  • L’Université al-Azhar fait partie de nos plus grandes universités  d’enseignement sunnite.  C’est environ un siècle après la conquête d’Egypte par le sultan sunnite Salahou d-Dine al-Ayyoubi  en 567 AH, que la mosquée du centre ville du Caire, appelée al-Azhar (qui avait été construite à l’origine  en 361AH de l’Hégire), est vraiment devenue un centre d’enseignement sunnite. Elle n’a fait que grandir depuis.
  • Parmi nos grands savants qui ont enseigné à al-Azhar il y a:
    • Ibn Khaldoun (m.808 AH) l’historien et juge malikite, a enseigné à al-Azhar à partir de 784 AH.
    • Ibn Hajar al-Asqalani (m.852 AH), le grand commentateur de Sahih al-Boukhari, avait, entre autres responsabilités, celles d’enseignant et d’imam à la mosquée d’al-Azhar.
    • Zakariyya al-Ansari (m.926 AH), le grand savant chafiite, qui était appelé Chaykh al-Islam de son vivant, a enseigné  à al-Azhar pendant longtemps, et il a même éduqué trois générations de savants. Allah lui a accordé une longue vie, il est mort à 101 ans ma cha ALLAH
    • Ibn Hajar al-Haytami (m.974 AH), le grand savant chafiite,  a étudié à al-Azhar sous la direction de Zakariyya al-Ansari (m.926 AH). Plusieurs de ses enseignants étaient des étudiants de Ibn Hajar al-Asqalani ou de al-Souyouti.
    • Chamsou d-Din al-Ramli (m.1004 AH) , le grand savant chafiite connu pour son livre Nihayat al-Mouhtaj ila charh al-Minhaj, qui est un volumineux commentaire du livre de fiqh écrit par l’imam an-Nawawi intitulé Minhaj at-Taalibeen. Il a enseigné à al-Azhar à partir de 957AH, jusqu’à sa mort en 1004.
    • Mouhammad ibn Abd al-Baqi’ al-Zourqani (m.1122AH/ 1710 CE), grand savant malikite, a enseigné fiqh et hadith à al-Azhar presque toute sa vie, et il est resté célèbre pour son commentaire de al-Mouwatta (recueil de hadith de l’imam Malik)
    • Shaykh Ibrahim ibn Mouhammad al-Bajouri al-Chafii (m.1277 AH /1860 CE) a été le Grand Chaykh de al-Azhar de 1847 à sa mort en 1860.
    • Mouhammad ibn Ahmad al-Illaych (m.1299 AH/ 1882 CE), le célèbre Moufti Malikite d’Egypte, a étudié à al-Azhar puis y a enseigné à partir de 1232 AH jusqu’à sa mort.
    • Mahmoud Mouhammad Khattab as-Soubki al-Azhari (m.1352 AH) a étudié puis enseigné à al-Azhar jusqu’à sa mort, au point qu’il été surnommé « al-Azhari », que Allah lui fasse miséricorde.
    • Et d’autres…!
  • Conclusion: ne prêtez aucune attention à ceux qui disent que la croyance selon laquelle Dieu existe sans être limité par un endroit n’est pas correcte. On voit bien de cette fatwa que  le fait que Dieu existe sans endroit a toujours été la croyance des musulmans! !
cela a toujours été le cas chez les musulmans

Pourquoi le livre al-Fiqh al-Akbar de Abou Hanifah ne pourra jamais servir de preuve aux anthropomorphistes

Ceci est un article de réfutation contre ceux qui pensaient avoir trouvé dans al-Fiqh al-Akbar une preuve pour leur mauvaise croyance

Dans le traité de Abou Hanifah,  « al-Fiqh al-Akbar » (que vous pouvez trouver en entier ici),  il y a la phrase suivante :

Ce que Allah ta’ala a mentionné dans le Qour’an en citant al-yad, al-wajh, et an-nafs, sont Ses attributs sans comment. Et on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce car cela constituerait un reniement de l’attribut, et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila, mais Son yad est Son attribut sans comment, et Son ghadab et Son rida sont deux de Ses attributs sans comment (pour la page en arabe cliquez ici).

Nous aimerions rassurer les Sunnites au sujet du fait que cette phrase ne contredit pas du tout le  fait qu’il est permis d’interpréter les versets non explicites du Qour’an. Au contraire l’imam Abou Hanifah n’a fait que suivre la voie du Salaf concernant l’interprétation des versets non-explicites comme expliquée par l’imam an-Nawawi et d’autres. Nous aimerions rappeler quelques points utiles:

  1. L’imam Abou Hanifah faisait partie des savants du Salaf, et les savants du Salaf n’avaient pas pour habitude d’interpréter de manière détaillée, donc il n’y a rien d’étonnant au fait que Abou Hanifa fasse figurer dans son traité une phrase  qui décourage de détailler le sens d’un des attributs de Allah mentionnés dans le Qour’an, tout en sachant qu’il ne prend pas le sens apparent de ce mot! C’est là que les anthropomorphistes se retrouvent sans issue, car l’imam Abou Hanifah n’a JAMAIS dit, contrairement à ce qu’ils aimeraient, qu’il faut prendre le mot yad « selon son sens apparent » (‘ala dhahiriha ) ou « selon sa réalité » (haqiqiyyatan) et autres phrases qu’ils ajoutent aux textes révélés! Les Sunnites n’ont aucun problème avec le fait de ne pas vouloir donner de sens précis à une expression non-explicite au sujet de Dieu, tant que la personne sait que ce n’est pas le sens apparent qui est visé, et c’est exactement ce quel’imam Abou Hanifah fait.  N’oubliez pas que les savants du Salaf dans leur majorité préféraient ne pas interpréter de manière détaillée sans nécessité, mais ils interprétaient quand même de manière générale(c’est-à-dire en rejetant le sens apparent de l’organe, mais sans préciser de sens), et dans certaines occasions où ils jugeaient cela nécessaire, ils interprétaient de manière détaillée (c’est-à-dire toujours en rejetant le sens apparent, mais en choisissant des sens précis parmi les sens possibles). (pour les preuves de cela voir ci-dessous paragraphe « Preuves »).
  2. L’imam Abou Hanifah a exclu le sens apparent de yad, et ceci se voit très clairement parce qu’il dit deux fois que c’est un attribut « SANS COMMENT » (bilaa kayf en arabe). NOTEZ BIEN QU’IL N’A PAS DIT « ON NE SAIT PAS COMMENT », il a dit que le yad de Allah est SANS COMMENT c’est-à-dire que ce n’est pas l’organe « main ». Quand l’imam Abou Hanifah dit qu' »il faut croire en l’attribut yad sans comment » ça veut dire « croire en le yad, sans croire que c’est une main ». Yad a énormément de sens dans la langue arabe.
  3. L’imam  Abou Hanifah dit bien dans la même phrase que la raison pour laquelle il ne veut pas dire que yad signifie qoudra (puissance) est parce que ceci était, à son époque, la parole des mou’ tazila, car il faut savoir que les mou’tazila NIAIENT l’attribut du yad au sujet de Allah, ce qui n’est pas le cas des Sunnites. Il faut comprendre cette phrase dans son contexte: à l’époque de Abou Hanifah, ceux qui interprétaient les attributs le faisaient parce qu’ils niaient que Dieu avait pour attribut le yad.  Alors que la croyance des musulmans c’est de dire que Allah a pour attribut le yad avec un sens digne de Lui et non pas dans le sens de main. Les Sunnites suivent la voie du juste milieu car ni ils ne disent que c’est une main (qui est le sens apparent de yad), ni ils ne renient que le yad est un attribut de Allah.  C’est pour cela que cette phrase de Abou Hanifah n’est pas du tout contradictoire avec la croyance des Sunnites, car les Sunnites ne disent pas qu’il est une obligation d’interpréter, ils ne disent pas qu’il faut renier l’attribut de Allah, bien au contraire ils disent que celui qui nie un des attributs de Allah tels que al yad alors qu’il sait que ceci est mentionné au sujet de Allah dans le Qour’an il est  devenu mécréant.
  4. L’imam Abou Hanifah à aucun moment de tout le traité ne spécifie un sens précis de yad,et ceci est conforme à l’habitude des savants du Salaf.
  5. L’imam Abou Hanifah a utilisé la même méthode pour istiwa : il dit clairement que ce n’est pas le fait de s’asseoir, ou de s’établir, mais il ne précise pas de sens précis. C’est cela l’interprétation GLOBALE: rejeter les sens indignes de Allah, mais ne pas confirmer de sens précis. C’est exactement ce que fait Abou Hanifah, et ceci était correct, et c’est correct jusqu’à maintenant de dire cela (pour voir là où l’imam Abou Hanifah exclut le sens de « s’établir » pour « istiwa », cliquez ici).
  6. L’imam Abou Hanifah dit, dans le même traité, qu’il ne faut pas traduire yad en persan. Or, le mot persan pour yad veut dire « main ». Donc est-ce que quelqu’un de censé peut croire que Abou Hanifah soutiendrait aujourd’hui des gens qui disent que Dieu a une main? Alors qu’il ne voulait pas que cette expression soit traduite?! Pour voir là où Abou Hanifah dit qu’il ne faut pas traduire le mot yad en persan, cliquez ici. D’autres savants ont parlé du fait que les savants du Salaf étaient tellement prudents qu’ils préféraient ne pas traduire et juste répéter les expressions révélées telles quelles (pour voir ceci, cliquez ici).
  7. L’imam Abou Hanifah dit juste au-dessus de ce passage,  dans le même traité, que Dieu n’est pas un corps et qu’Il n’a pas de limites. Est-ce qu’on peut concevoir qu’il avait pour croyance que Dieu avait une main? Pour voir où Abou Hanifah a dit, dans le même traité, que Dieu n’est pas un corps, cliquez ici. Il dit aussi qu’il ne faut pas prendre le fait d’être « proche » ou « loin » de Dieu dans le sens de la distance. Est-ce qu’on peut concevoir qu’il dirait qu’il faut prendre le mot yad selon son sens apparent? Pour voir où l’imam Abou Hanifah explique qu’être « proche » ou « loin » de Dieu, ce n’est pas selon le sens de la distance, cliquez ici.
  8. L‘imam Abou Hanifah dit, dans le même traité, que Dieu ne parle pas avec des lettres. Or les anthropomorphistes croient que Dieu parle avec des lettres, ceci est même une des bases de leur croyance. Vont-ils maintenant dire que al-Fiqh al-Akbar de Abou Hanifah est un mauvais livre? Pourquoi l’utiliser comme soi-disant preuve contre les Sunnites alors qu’en fait ils ne respectent même pas Abou Hanifah en tant que savant?! Nous les Sunnites nous acceptons tout le traité de l’imam Abou Hanifah, pas juste une partie de phrase sortie de son contexte! Celui qui veut se servir de cette phrase de l’imam Abou Hanifah contre les Sunnites, qu’il nous explique sa position sur le reste du traité, car nous considérons tout le traité comme véridique. Pour voir là où Abou Hanifah dit que Allah a pour attribut la parole qui n’est pas de lettres, cliquez ici.
  9. Les plus grands savants hanafites eux-mêmes, tel que l’imam al-Bayadi,  ont compris de l’imam Abou Hanifah que dans ce passage de al-Fiqh al-Akbar il interprétait de manière globale et pas détaillée, et qu’il n’acceptait pas de prendre le sens apparent des textes non explicites. Pour voir là où l’imam al-Bayadi explique cette phrase de Abou Hanifah, cliquez ici. Vous pouvez aussi lire ce que l’imam at-Tahawi , qui fait partie du Salaf, a écrit. Son traité de croyance, il l’a appelé  » l’exposé de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama’a selon la voie des savants de jurisprudence Abou Hanifah et de ses deux élèves » . Dedans il dit bien que le kalaam de Allah est bilaa kayf, et qu’Il est exempt des limites, des extrémités, des côtés, des membres et des organes, Il n’est pas délimité par les six directions, contrairement à la totalité des créatures”. Pour voir où l’imam at-Tahawi dit dans son traité, qui représente la croyance de Abou Hanifah et de tous les Sunnites, que Allah n’a pas d’organes, cliquez ici.

Preuves tirées des savants musulmans sur le fait qu’interpréter est permis et que le Salaf interprétait de manière globale et parfois détaillée:

Pour résumer:

La réplique à ceux qui veulent utiliser cette phrase de Abou Hanifah contre les Sunnites se trouve dans le traité al-Fiqh al-Akbar lui-même, dans les écrits des savants hanafites, ainsi que dans les oeuvres des plus grands savants  musulmans tels que an-Nawawi, Ibn Hajar al-Asqalani et d’autres.  Dans son traité Abou Hanifah dit que Dieu n’est pas un corps, qu’Il parle sans lettres ni instruments, qu’Il n’est pas concerné par la distance, qu’il ne faut pas traduire yad en persan, et que tous Ses attributs sont sans comment, ce qui montre qu’il ne prend PAS le sens apparent de yad comme le voudraient les anthropomorphistes. Les savants hanafites ont compris cela de leur imam Abou Hanifah. Les plus grands savants de cette communauté ont confirmé que la voie du Salaf était d’interpréter de manière générale et de ne pas prendre le sens apparent des attributs. Que reste-t-il aux anthropomorphistes? Soit ils vont dire que Abou Hanifah était un égaré qui s’est trompé sur la croyance, soit ils vont dire qu’il n’a pas écrit al-Fiqh al-Akbar. Ces deux solutions sont inacceptables par les musulmans sunnites, au vu des preuves. Que Dieu nous accorde la bonne compréhension.

L’explication d’un passage de al-Fiqh al-Akbar par le savant hanafite al-Bayadi

Le savant hanafite al-Bayadi, dans son livre Icharat al-Maram min ‘Ibarat al-Imam, page 192 (la page 193 est ajoutée pour que vous puissiez voir le contexte), a dit :

Page de titre de Icharat al-MaramPage 192 de Icharat al-MaramPage 193 de Icharat al-Maram

Dans cette affirmation, il y a plusieurs indications [ici al-Bayadi parle de l’affirmation de Abou Hanifah qui signifie  « on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce car cela constituerait un reniement de l’attribut, et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila, mais Son yad est Son attribut sans comment, et Son ghadab et Son rida sont deux de Ses attributs sans comment  » (et que vous pouvez retrouver dans son contexte en cliquant ici] :

La première [indication] : Il est obligatoire d’interpréter de manière globale [afin d’éviter] les sens apparents qui viennent à l’esprit. Ce qui montre cela c’est sa parole [c’est-à-dire la parole de Abou Hanifah dans le même traité]  « On n’attribue pas à Allah les attributs des créatures »: ceci rend obligatoire l’interprétation.

La deuxième : Eviter d’interpréter de manière détaillée en renvoyant  ces attributs à la puissance ou la grâce ou ce qui est de genre. Ce qui montre cela c’est sa parole « on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce » parce q’il y a en ceci une annulation de l’origine de l’attribut confirmé parce qu’il n’y a pas de [parfait] synonyme pour cet attribut [Abou Hanifah préférait interpréter de manière GLOBALE et non pas DETAILLEE, mais comme al-Bayadi le dit plus haut, il ne prenait PAS le sens apparent].

La troisième : C’est une réplique à ceux qui ont précisé un sens parmi les sens métaphoriques, de la part de ceux qui se sont entêtés [à tort]  dans l’interprétation détaillée. Ceci qui montre cela c’est sa parole « et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila » [il faut savoir que les Qadariyya et les Mou’tazila reniaient la plupart des attributs de Allah, c’est pour cela qu’ils insistaient sur le fait d’interpréter en détails, parce qu’ils n’acceptaient pas de dire que Allah a pour attribut un yad , alors que les Sunnites confirment le yad pour Allah tout en ne disant pas que ce serait dans le sens de main bien sûr. De plus juste en dessous l’imam al-Bayadi dit bien que Abou Hanifah prenait le sens métaphorique, mais juste de manière globale. Pour plus de détails sur ce sujet vous pouvez cliquer ici]

La quatrième: Le tafwid dans le fait de préciser un sens, après avoir pris un sens métaphorique de manière globale [c’est-à-dire que l’imam Abou Hanifah  évite de prendre le sens apparent mais ne donne pas un sens précis] . Ce qui montre ceci c’est sa parole « mais Son yad est Son attribut sans comment » donc cet attribut n’est pas du tout pris dans son sens réel (haqiqiyan).

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Kamal ad-Din Ahmad ibn Hasan al-Bayadi est mort en 1098 de l’Hégire, soit il y a plus de 300 ans.
  • C’était un grand savant hanafite reconnu qui a écrit un livre pour expliquer les expressions employées par l’imam Abou Hanifah dans ses différents livres.
  • Regardez comment il confirme que l’imam Abou Hanifah était pour l’interprétation métaphorique générale et contre le fait de prendre l’attribut  yad dans son sens apparent. Ceci prouve que c’est ce qu’ont compris les hanafites de la phrase de Abou Hanifah. Et donc personne ne peut utiliser cela comme preuve pour dire que Dieu aurait une « vraie main », wa l-‘iyaadhou billaah.
  • Le fait que l’imam Abou Hanifah était hostile à l’interprétation détaillée est dû à deux choses : les savants du Salaf n’en voyaient pas l’utilité en général sauf pour des cas  bien précis. Pour plus de précisions sur ce sujet, un article complet y est consacré,  vous pouvez le trouver en cliquant ici.

Imam at-Tahawi et son traité de croyance (extraits)

L’imam, l’illustre savant Salafi (cad de l’époque du Salaf) Imam Abou Ja’far Ahmad ibn Salamah at-Tahawi a dit, dans son traité de croyance très célèbre, page 49 de notre édition (mais première page du traité) :

titre TahawiyyaTahawiyya page 49

« La Louange est à Allah, le Seigneur des Mondes. L’illustre savant, Houjjat al-Islam, Abou Ja’far al-Warraaq at-Tahawi, d’Egypte, que Allah lui fasse miséricorde a dit : « Ceci est un exposé de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamaa’ah [Bayaan aqidat Ahlou s-sounnah wa-l jamaa’ah ] selon la voie des savants de jurisprudence de cette communauté que sont : Abou Hanifah an-Nou’man ibn Thabital-Koufi, Abou Youssouf Ya’qoub ibn Ibrahim al-Ansari et Abou Abdoullah Mouhammad ibn l-Hasan ach-Chaybani, que Allah les agrée tous; ainsi que leurs croyances au sujet des fondements de la religion; et ce sur quoi ils basent leur adoration de Allah.

Il dit aussi, en page 55 de notre édition :

Tahawiyya page 55

« Celui qui attribue à Allah un sens des humains a commis de la mécréance. Alors que celui qui observe cela fasse attention, et en tire les conséquences, et qu’il s’éloigne des paroles des mécréants et de ce qui y ressemble, et il aura su que Allah avec Ses attributs n’est pas tel que les humains. »

Il dit aussi, page 59 (de notre édition):

tahawiyya Page 59

« Celui qui ne se protège pas du fait de nier les attributs [d’un côté], ainsi que du fait de faire ressembler Dieu à ses créatures [de l’autre côté], il aura glissé, et il n’arrivera pas à avoir la croyance en l’exemption de Allah de toute ressemblance avec les créatures [tanzih]. En effet, Notre Seigneur jalla wa ‘ala a pour attributs les attributs de l’Unicité. Il est qualifié des qualificatifs d’Unicité. Aucune des créatures n’a d’attributs semblables aux Siens. Il est exempt des limites, des extrémités, des côtés, des membres et des organes, Il n’est pas délimité par les six directions, contrairement à la totalité des créatures ».

Il dit aussi, en page 81 (de notre édition):

Tahawiyya page 81

« Voilà notre religion, notre croyance, en public comme en privé. Nous nous innocentons en prenant Allah à témoin, de tous ceux qui contredisent ce que nous avons mentionné et présenté ici. Nous demandons à Allah que nous persévérions sur la foi, qu’Il nous accorde de mourir sur elle, et qu’Il nous préserve des différentes passions, des avis dispersés, des voies médiocres comme celle des mouchabbihah, des jahmiyyah, des jabriyyah, des qadariyyah et d’autres parmi ceux qui ont contredit as-Sounnah wa l-Jama’ah et se sont ralliés à l’égarement. Nous sommes innocent d’eux. Ils sont pour nous des égarés, des gens médiocres, et c’est par Allah que sont la préservation et la réussite. »

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam at-Tahawi est incontestablement un Salaf, un savant de la période louée par notre Prophète sallallaahou alayhi wa sallam, il est mort en 321, que Allah lui fasse miséricorde.
  • Regardez comme il s’exprime bien : il dit bien qu’attribuer un sens des humains à Dieu est de la mécréance. Si quelqu’un dit une expression en français, comme « les deux mains droites », qui n’a qu’un seul sens en français, et qui est un sens uniquement pour les humains, si il comprend ce qu’il dit, ne rentre-t-il pas dans ce cas cité par ce savant du Salaf? Pourquoi ne pas se contenter de réciter ce qui a été révélé en sachant que cela ne vise pas l’organe? Regardez ce qu’il a dit : c’est le « sens » qui compte. Si ce que la personne dit n’a que des sens des êtres humains, et qu’il l’attribue à Dieu, alors c’est de la mécréance.
  • Les six directions sont le haut, le bas, la droite, la gauche, le devant et le derrière. Il dit clairement que Dieu en est exempt.
  • C’est un savant du Salaf, il est de cette période, le titre original de son traité est « Bayan Aqidat Ahlou s-Sounnah wa l-Jama’ah » cad : Présentation de la croyance de Ahlou s-sounnah wa l-Jama’ah et il fait partie des textes les mieux préservés qui nous sont parvenus du Salaf sur la croyance. L’imam at-Tahawi est très connu spécialement pour son exposition de la croyance des Sunnites. Il ne s’est pas trompé au sujet des attributs de Dieu, au contraire, il est connu pour ce qu’il a dit JUSTEMENT au sujet de la croyance en Dieu!
  • Voici un traité de croyance clair et reconnu depuis des centaines d’ années; écrit par un Salaf authentique. N’est-ce pas qu’il est plus sain de le suivre lui plutôt que d’autres?
  • Il dit clairement, à la fin, qu’il s’innocente de ceux qui contredisent quoi que ce soit de ce qu’il vient d’évoquer. Dont acte.

Abou Hanifah et son traité « al-Fiqh al-Akbar » (regardez bien ce qu’il a VRAIMENT dit)

Voici l’intégralité du texte de al-Fiqh al-Akbar, qui est imprimée à la fin de l’édition dont vous voyez l’image de la page 323 à 327 (l’édition est un commentaire de al-Fiqh al-Akbar mais à la fin du livre ils mettent le texte en entier. Al-Fiqh al-Akbar ne fait que 5 pages). Vous trouverez ici l’intégralité du texte en arabe, et les passages soulignés sont ceux traduits ci-dessous.

Dans son livre al-Fiqh al-Akbar, il a dit, dès la première page de son traité :

Titre Fiqh al-akbar matnAl-Fiqh al-akbar Matn page 1

Il ne ressemble pas aux choses de Sa création, et aucune des choses de Sa création ne Lui ressemble. Il est de toute éternité avec Ses Noms et Ses attributs, ceux de l’Etre et ceux des actes. Pour ce qui est des attributs de l’Etre, ce sont : la vie, la puissance, la science, le kalam, l’ouïe, la vue, et la volonté. Les attributs des actes sont : créer, pourvoir, faire entrer en existence, […] et d’autres.

Le Qour’an est le kalam de Allah ta’aala: écrit dans des livres, mémorisé par les coeurs, récité par les langues et révélé au Prophète sallaLLAAHou alayhi wa sallam. Notre prononciation du Qour’an est créée, notre écriture du Qour’an est créée, notre récitation du Qour’an est créée mais le Qour’an n’est pas créé.

Dans la deuxième page du traité, il a dit :

charh_alfiqh_alakbar_matn-page22

« Allah parle pas comme nous parlons. Nous, nous parlons au moyen d’instruments et de lettres tandis que Allah ta’aala parle sans instruments ni lettres. Les lettres sont créées et le kalam de Allah n’est pas créé. Il est un chay’ pas comme les [autres] chay’. Le sens du fait de dire que Allah est un « chay' » est qu‘Il n’est pas un corps (bilaa jism) , Il n’est pas une substance (wa laa jawhar) , ni un attribut des substances (wa laa ‘arad), Il n’a pas de limites (laa had lahou), Il n’a pas d’opposé, ni d’équivalent, ni de pair. Il est attribué de yad, de wajh, de nafs, comme Il l’a mentionné dans le Qour’an. Ce que Allah ta’ala a mentionné dans le Qour’an en citant al-yad, al-wajh, et an-nafs, sont Ses attributs sans comment. Et on ne dit pas que Son yad est Sa puissance ou Sa grâce car cela constituerait un reniement de l’attribut, et ceci est la parole des Qadariyya et des Mou’tazila, mais Son yad est Son attribut sans comment, et Son ghadab et Son rida sont deux de Ses attributs sans comment [pour plus de détails concernant cette phrase, cliquez ici].

Dans la troisième page du traité il a dit:

al-Fiqh al-akbar matn page 3

Nous ne mentionnons aucun des compagnons du Prophète sallallaahou alayhi wa sallam sans que ce ne soit en bien. Et nous ne déclarons pas mécréant un musulman à cause d’un péché qu’il aurait commis, même s’il s’agit d’un grand péché, tant qu’il ne se le rend pas licite, et nous ne lui enlevons pas le nom de croyant, au contraire nous l’appelons un croyant véritable. [En effet,] il est possible qu’une personne soit un croyant grand pécheur sans être mécréant. »

Dans la quatrième page du traité il a dit :

al-Fiqh al-Akbar matn page 4

« Allah sera vu dans l’au-delà . Les croyants Le verront, ils seront au Paradis et ils Le verront avec les yeux de leur tête, sans comparaison et sans comment, et il n’y aura pas de distance entre Lui et Ses créatures.« 

Dans la quatrième et cinquième pages du traité il a dit :

Al-Fiqh al-Akbar matn page 5

Tout ce que les savants ont mentionné au sujet des attributs de Dieu ta’ala wa azza en persan et de Ses noms est permis, excepté pour al-yad en persan , et il est permis de dire « Rou’i Khouda » [qui signifie: l’Etre de Dieu] azza wa jalla sans faire ressembler Dieu à Ses créatures et sans comment. Le fait d’être proche ou loin de Dieu ce n’est pas en termes de distance, courte ou longue: au contraire c’est en termes d’honneur et d’humiliation. Celui qui obéit est celui qui est « proche » de Lui sans comment, et celui qui désobéit est celui qui est « loin » de Lui sans comment.

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Abou Hanifah fait partie des Successeurs, il est né en 80 , mort en 150 et il fait partie du Salaf dont le Prophète sallallaahou alayhi wa sallam a fait l’éloge. Il a eu l’immense honneur de voir des gens qui avaient vu et vécu avec notre Prophète bien-aimé, sallaLLAAHOU alayhi wa sallam, Mouhammad fils de Abdoullah.
  • Ici il dit clairement que : le kalam de Allah n’est pas avec des lettres, qu’il n’y aura pas de distance entre Dieu et les gens lorsqu’ils Le verront alors qu’ils seront au Paradis, et aussi que Ses attributs sont « sans comment » (ce qui est TRES différent du fait de dire « on ne sait pas comment »).
  • Pour l’attribut de al-yad, la raison pour laquelle il refusait d’interpréter yad par qoudrah c’est parce que les gens de son époque qui interprétaient ces mots NIAIENT les attributs de Dieu et eux ils interprétaient pour NIER que Dieu avait un « yad » ce qui est bien évidemment inacceptable. De plus, le fait qu’il rajoute que c’est un attribut « bila kayf » c’est-à-dire « sans comment » et le fait qu’il dit plus loin qu’il ne faut pas traduire « yad » en persan [car le mot persan pour yad (qui se dit « daste » ) signifie juste « main » donc il n’a pas tous les sens de yad en arabe] cela montre bien que sa phrase ne signifie pas qu’il disait qu’il faut croire que Dieu a une VERITABLE main. D’ailleurs il ne dit ça nulle part. Enfin, il est tout à fait dans la lignée des Salaf, qui, comme l’ont dit an-Nawawi (et d’autres, dans ce site) préféraient ne pas interpréter en détail mais ils interprétaient en général, et en disant « sans comment » c’est exactement ce que Abou Hanifah a fait. Regardez aussi comment il explique le fait d’être « près de Dieu » ou « loin de Dieu », il dit bien que ce n’est pas une distance, ce qui montre bien qu’il ne comprend pas les expressions selon leur sens apparent. Que Dieu bénisse les savants de l’époque du Salaf. Pour plus de détails sur ce sujet, veuillez cliquer ici.

al-Hafidh al-Bayhaqi a interprété « mahabba » et « boughd » (mot à mot « amour » et « haine »)

Page de titre de al-Asma wa s-SifatPage 501 de al-AsmaPage 502 de al-Asma

L’imam al-Bayhaqi explique comment al-Achari interprétait les textes qui contiennent les mot « mahabba » et « ghadab » au sujet de ALLAH [littéralement ces mot signifient « amour« et « haine » , or nous savons grâce au Qour’an que Dieu ne change pas, et qu’Il n’a pas besoin de Ses créatures, donc comment comprendre ces textes? La réponse est dans cet extrait].

Il dit, pages 501-502:

« Le chaykh [c’est-à-dire al-‘Ach’ari] a dit: la « mahabba », le « boughd« , et la « karahiyya« , selon certains de nos compagnons, sont parmi les attributs des actes [c’est-à-dire Sifat al-Fil » et non de la réalité de Dieu]. Par conséquent, la « mahabba » de ALLAH signifie que ALLAH loue [cette personne], et cela se voit grâce à ce qu’ils [les esclaves] ont acquis [comme bonnes actions], tandis que pour « boughd » et « karahiyyah« , ces mots ont le sens de la situation blâmable dans laquelle Il met les désobéissants, en raison de ce qu’ils ont acquis contre eux [comme mauvaises actions]. Mais si louer et blâmer sont considérés comme étant par Sa Parole, alors on sait que Sa parole est un attribut de Sa réalité [et non des actes].

Al-Achari considère donc que ces deux attributs sont à renvoyer à Sa volonté. Ainsi la « mahabba » de Allah envers les croyants revient au fait qu’Il VEUT pour eux des choses profitables et leur réussite, tandis que Son « boughd » envers les autres [c’est-à-dire autres que les croyants] revient au fait qu’Il veut pour eux leur humiliation et leur déchéance. Aussi, Sa « mahabba » des qualités nobles [chez les gens] revient au fait qu’Il veut le bien pour celui qui a ces qualités, et Son « boughd » des mauvaises qualités revient au fait qu’Il veut le rabaissement pour celui qui a ces qualités, wa Allah a’lam. « 

Points à retenir de cette citation:
  • L’imam al-Bayhaqi est mort en 458 de l’Hégire, donc il y a presque 1000 ans et c’était un grand hafidh. Ce livre al-Asma wa l-Sifat est entièrement dédié au interprétations correctes à donner aux noms et attributs de ALLAH
  • Vous pouvez consulter le Lexique si quelque chose n’est pas clair.
  • Ici il explique que partout où il y a les termes « mahabba » ou « boughd » , qui littéralement signifient amour, haine, en fait cela exprime le fait que lorsqu’une personne ou ses actes sont agréés par ALLAH, Il veut pour cette personne le Bien, et lorsqu’une personne désobéit, ALLAH veut pour cette personne le mauvais état dans lequel cette personnese trouve.

al-Hafidh Al-Bayhaqi confirme que Dieu n’est pas attribué de limites ou de directions

Titre Chouayb al-ImanPage 112 de Chouab al-Iman vol 1Page 113 de Chouab al-Iman vol 1
L’imam al-Bayhaqi a dit , dans son livre Chouab al-Iman, volume 1, page 112:

« La véritable connaissance est de reconnaître qu’Il existe de toute éternité, qu’Il ne s’anéantit pas, qu’Il est indivisible, qu’Il n’a besoin de rien (Samad), qu’Il est un « chay‘ » , qu’Il est unique, qu’Il ne peut être imaginé par l’esprit, qu’Il n’est pas composé de parties, qu’Il ne se divise pas, qu’Il n’est pas un atome (jawhar), ni un accident (‘arad), ni un corps (jism), Il n’a besoin de rien (qa’im bi-nafsihi), et qu’Il se passe de toute chose. »

En page 113 il dit aussi:

« Il est exempt des limites et des directions (wa houwa l-mouta’aala ‘ani l-houdou wa l-jihaat)

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam al-Bayhaqi est mort en 458 de l’Hégire, soit il y a presque 1000 ans.
  • Il est une référence et un grand hafidh spécialisé dans le domaine des noms et attributs de Dieu. C’est un grand savant de Ahlou s-Sounnah.
  • Ici, il dit clairement que la croyance véritable au sujet de ALLAH c’est de croire qu’Il n’est pas un corps , et qu’Il est exempt des limites, et des directions.

Imam al-Boukhari interprète « wajh » par « moulk » (Souveraineté)

Page de titre de Matn al-Boukhari machkoul bi Hashiyat as-SindiPage 171 avec interprétation al-Boukhari

L’imam al-Boukhari, dans le chapitre d’Exégèse ( Tafsir)) de son Sahih, il dit :

« Sourate al-Qasas : koullou chay’in haalikoun illa wajhah : »Tout sera détruit sauf Son wajh [c’est-à-dire] : Sauf Sa souveraineté » ( illa moulkah). « 

[Explication: Cette expression signifie : « Toute chose sera détruite sauf Son « wajh« , le mot wajh a plusieurs sens: le sens qui vient en premier à l’esprit est « face » ou « visage », mais ce sens n’est pas digne de Allah car il contredirait les versets clairs du Qour’an tels que « Rien n’est tel que Lui » un des sens possibles de « wajh » est « face », Toute chose sera anéantie sauf Son wajh. Ce mot admet d’autres sens en arabe tels que « souveraineté », qui est le sens que mentionne al-Boukhari ici].

Le commentaire de l’imam as-Sindi que l’on peut voir en marge de cette citation de al-Boukhari confirme que cette interprétation (parmi d’autres), est correcte.

Points à retenir de cette citation :

  • L’imam al-Boukhari fait partie du Salaf, il est mort en 265 de l’Hégire, soit il y a plus de 1100 ans!
  • Ici il mentionne clairement comment il faut comprendre ce verset du Qour’an.
  • Le savant as-Sindi , qui est mort en 1138 de l’Hégire , soit il y a environ 300 ans, confirme que c’est interprétation acceptable. Ceci montre que pendant des siècles la parole de l’imam Al-Boukhari a été comprise ainsi.

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Le traité de croyance de Ibn Asakir

Première page du traité de Ibn AsakirDeuxième page du traité de Ibn Asakir
L’imam Fakhr al-Din Ibn Asakir a dit :

Sache, que Allah nous guide ainsi que toi-même, qu’il est un devoir pour chaque personne responsable de savoir que Allah azza wa jall est unique dans Sa souveraineté.

Il a créé l’univers dans sa totalité, le monde supérieur et le monde inférieur, le Trône (al-arch)et le Piédestal (al-koursi), , les cieux et la Terre, ce qu’ils contiennent et ce qui se trouve entre eux.

Toutes les créatures sont dominées par Sa puissance, la plus petite particule ne bouge que par Sa volonté. Nul ne régit la création avec Lui et Il n’a pas d’associé dans Sa souveraineté.

Il est Al-Hayy, le Vivant, Al-Qayyoum, Celui Qui ne s’anéantit pas, Il n’est touché ni par la somnolence ni par le sommeil.

Il sait les choses cachées et les choses apparentes, rien ne Lui échappe dans la Terre et dans le ciel. Il sait ce qui est dans la terre et ce qui est dans la mer. Aucune feuille ne tombe sans qu’Il ne le sache. Il n’est pas une graine dans les ténèbres de la terre, ni une plante verte ou desséchée sans que cela ne soit inscrit dans la Tablette Préservée (Al-lawhou l-mahfoudh), . Allah englobe toute chose par Sa science et dénombre toute chose parfaitement.

Il fait ce qu’Il veut. Il est le Tout-Puissant, Celui Qui réalise ce qu’Il veut.

Il a la souveraineté, Il n’a nul besoin d’autrui.

Il a la toute-puissance et la non-fin.

Il a la prédestination et la création.

Il a les noms parfaits.

Rien ne s’oppose à ce qu’Il prédestine et rien ne prive de ce qu’Il donne.

Il fait ce qu’Il veut de ce qui Lui appartient et Il légifère pour Sa création par ce qu’Il veut.

De Ses créatures, Il n’attend aucun bien ni ne craint aucun mal.

Il n’a pas d’obligation et n’est assujetti à aucune loi.

Tout bienfait de Sa part est par Sa grâce, et tout châtiment de Sa part n’est que justice. On ne questionne pas Allah sur ce qu’Il fait mais Ses esclaves, eux, le seront.

Il existe de toute éternité avant la création, sans début ni fin, sans haut ni bas, sans droite ni gauche, sans avant ni arrière. Il n’est ni composé, ni un composant.

On ne dit pas : quand a-t-Il existé ? ni : où était-Il ? ni : comment ?

Il existe de toute éternité alors qu’aucun endroit n’existe de toute éternité. Il a fait exister les êtres et Il a établi le temps. Il ne dépend pas du temps et il n’est pas spécifié par l’endroit. Aucune chose ne L’accapare au détriment d’une autre. Aucune imagination ne peut l’atteindre et aucune raison ne peut Le cerner. Il n’est pas spécifiable par l’intellect et Il ne s’identifie pas à travers les passions, Il ne se représente pas dans les illusions et Il ne Lui est pas donné de comment par la raison, les imaginations et les pensées ne l’atteignent pas.

Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit. (Layça kamithlihi chay’oun wa houwa s-Sami’ou l-Basir)

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam Fakhr al-Din Ibn Asakir est mort en 620 de l’Hégire soit il y a environ 800 ans. Il est le neveu du Hafidh Ibn Asakir qui a écrit Tarikh Dimashq et Tabyin Kadhib al-Mouftari, et qui est mort en 571 de l’Hégire.
  • C’était un grand savant chafi’ite , il était même le chaykh des Chafi’ites de Damas et enseignait à ce titre dans plusieurs madrasas.
  • Dedans il dit clairement : Laa you qaalou mata kaan, wa ayna kaan aw kayf, ce qui signifie: « On ne dit pas, au sujet de ALLAH: « Quand était-Il, ou Où était-il, ou comment?« .

Imam al-Khattabi explique que Dieu n’est pas attribué d’un oeil ou d’une oreille

Titre de Abu Dawud Charh KhattabiPage 97 du volume 5 de Abou Dawoud

L’imam al-Khattabi, dans son commentaire du recueil de hadith de Abou Dawoud, volume 5 page 97 a expliqué comment comprendre le fait que le Prophète aurait montré son oreille du doigt en disant que Dieu entendait. Il a dit:

« La signification est : la confirmation de l’attribut de la vue et de l’ouïe au sujet de Allah -qu’Il soit exalté de toute imperfection-, et non la confirmation de l’oreille et de l’œil car ce sont des organes, et Allah est attribué d’attributs , et Il est exempt de ce qui n’est pas digne de Lui de parmi les attributs des êtres humains et de ce qui est de la sorte, non dans le sens qu’Il aurait des organes, des parties ou des divisions [il cite le verset qui signifie] : « Rien n’est tel que Lui, et Il est Celui qui entend et qui voit ».

Points à retenir de cette citation:

  • L’imam al-Khattabi est mort en 388 de l’Hégire soit il y a plus de 1000 ans.
  • Ici il dit clairement que Dieu n’a pas d’oeil ni d’oreille. Cela montre bien que ce n’est pas la même chose de dire que Dieu voit SANS INSTRUMENT et SANS COMMENT et de dire que Dieu a un oeil. Attribuer un oeil a Dieu c’est Lui attribuer un organe (le mot ayn dans le Qour’an est employé dans des expressions précises que les Arabes comprennent, pour plus d’infos cliquez sur « ayn » dans les catégories ou dans le Lexique…). Alors que si vous dites « Dieu voit sans comment » et « Il voit une fourmi noire sur un rocher  noir dans la nuit noire« , on comprend tout de suite que Sa vue n’est pas limitée. Avoir besoin d’un instrument pour voir, cela limiterait Sa vue.