Le verset qui signifie : »Et ne sait son interprétation que Allah » expliqué par Imam Abou Nasr al-Qouchayri

L’Imam Abou Nasr ibn al-Qouchayri, explique comment il faut comprendre le verset 7 de la sourate numéro 3: « Al ‘Imran ». Ceci est tire de son livre at-Tadhkirat ach-Charqiyyat.L’Imam Mourtada az-Zabidi cite un extrait de ce livre et rapporte dans le volume 2 de son livre Ithaf Sadat al-Mouttaqin pages 178-179 (dernier paragraphe page 178 et toute la page 179), la parole de Ibn al-Qouchayri:

Titre IthafPage 178 IthafIthaf page 179

« Quant à la parole de Allah ‘azza wa jall : وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللّهُ

(« wa maa ya’lamou ta’wilahou ‘illallaah ») ce  qui signifie : « Et ne sait son ta’wil que Allah », ce qui est visé par cela, c’est l’heure de l’avènement du jour dernier. Les idolâtres avaient en effet interrogé le Prophète sallalaahou ‘alayhi wa sallam à propos de l’avènement du jour dernier, dans quelle époque il viendrait et quand il aurait lieu. Cette ‘ayah non explicite fait donc référence à la science de ce qui nous est caché (ghayb). Nul ne connaît l’issue des choses sinon Allah ‘azza wa jall. Pour cette raison, Il dit [Sourate  al-A’raf verset 53] :

هَلْ يَنظُرُونَ إِلاَّ تَأْوِيلَهُ يَوْمَ يَأْتِي تَأْوِيلُ

(hal yandhourouna il-laa ta’wilahou yawma ya’ti ta’wilouhou) c’est-à-dire « N’attendent-ils que l’avènement de l’heure du jour dernier ? »

Et comment serait-il possible à quelqu’un de dire à propos du Livre de Allah ta’aala, qu’il s’y trouve ce dont aucune créature n’a les moyens d’en connaître la signification et ce dont nul ne connaît l’interprétation sinon Allah ? Ceci n’est-il pas une des plus graves atteintes aux prophéties ? Et comment est-il possible de dire que le Prophète sallalaahou ‘alayhi wa sallam n’a pas connu l’interprétation de ce qu’il a transmis au sujet des attributs de Allah ta’aala et qu’il a appelé les créatures à connaître ce qui ne peut être connu ? Allah ne dit-Il pas [Sourate Ach-chou’araa verset 195]:

بِلِسَانٍ عَرَبِيٍّ مُّبِينٍ

(bi liçaanin ‘arabiyyin moubeen) ce qui signifie : « Dans une langue arabe claire » ?

Ainsi, selon leur prétention, il est donc obligatoire qu’ils disent qu’Il a menti lorsqu’Il dit : (biliçaanin ‘arabiyyin moubeen) ce qui signifie : « Dans une langue arabe claire », puisque cela ne peut pas être connu selon eux ! Sinon, où serait donc cette clarté ? Et le Qour’an est dans la langue des Arabes, comment prétendre que les Arabes ne le comprennent pas puisqu’il est en arabe ? Que dire donc d’une parole dont la signification revient à attribuer le mensonge au Seigneur, gloire à Lui Qui est exempt de toute imperfection ? De plus, le Prophète sallalaahou ‘alayhi wa sallam appelait les gens à adorer Allah ta’aala. Si, dans ses paroles et dans ce qu’il transmettait à la communauté, il y avait eu une chose dont Allah seul sait l’interprétation, les gens auraient pu lui dire : « Explique-nous d’abord Qui tu nous appelles à adorer et ce que tu dis », car la croyance en ce dont la base ne peut être connue n’est pas une chose qui peut advenir -c’est-à-dire que c’est quelque chose qui n’est pas possible-.

D’autre part, attribuer au Prophète sallalaahou ‘alayhi wa sallam qu’il aurait appelé à adorer un Seigneur ayant pour attributs des attributs que l’on ne peut comprendre est une chose grave, qu’aucun musulman ne peut concevoir. En effet, ignorer les attributs entraîne le fait d’ignorer Celui Qui a ces attributs.

Le but de ce propos, c’est que celui qui a un peu de raison sache et discerne bien que la parole de celui qui dit : (Son ‘istiwa’ est un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens, Son yad est un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens et Son qadam est un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens), cette parole est une tromperie, comportant implicitement une qualification par un comment s’agissant de Allah, de lui considérer des ressemblants et aussi un appel à l’ignorance. La vérité apparaît ainsi clairement à celui qui est doté de raison.

De plus, celui-là qui nie l’interprétation, est-ce qu’il nie l’interprétation dans tous les cas et à propos de toute ‘ayah ou est-ce qu’il se contente de nier l’interprétation seulement à propos des attributs de Allah ta^ala ?

S’il s’abstient de l’interprétation de façon absolue, il aura aboli la Loi de l’Islam et les sciences car il n’y a pas une ‘ayah -parmi les ‘ayah sur lesquelles il y a une divergence sur le fait de faire son interprétation ou pas- et de nouvelle- sans qu’il y ait un besoin d’interprétations et de connaître les différents sens des termes et des phrases selon la langue -sauf pour ce qui est explicite, de l’ordre de Sa parole ta’aala [Sourate al-An’am verset 101]:

وهُوَ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيم

(wa houwa bi-koulli chay’in ‘aleem ) sait absolument tout », de ce qui est cité au sujet des attributs de Allah, et de l’ordre de Sa parole ta’aala [Sourate al-Maa’idah verset 3]:

حُرِّمَتْ عَلَيْكُمُ الْمَيْتَةُ وَالْدَّمُ وَلَحْمُ الْخِنْزِيرِ

: (wa hourrimat ‘alaykoumou l-maytatou wa d-damou wa lahmou l-khinziri) ce qui signifie : « Et il vous a été interdit de consommer la chair de l’animal qui n’a pas été égorgé correctement, le sang et la chair de porc » concernant les lois-. En effet, il y a des choses qu’il est indispensable d’interpréter, il n’y a pas de divergence à ce sujet chez les gens raisonnables, sauf chez les irréligieux dont l’objectif est de démentir les Lois de l’Islam.

La croyance en cela entraîne l’invalidité de ce qu’il prétend comme dévotion à la Loi de l’Islam. S’il dit qu’il est permis de faire des interprétations en général -c’est-à-dire dans certains cas-, sauf en ce qui concerne Allah et Ses attributs et qu’il n’y avait donc pas d’interprétation possible à leur sujet, ceci veut donc dire que ce qui concerne autre que Allah ta’aala, c’est un devoir de le connaître, et que ce qui concerne le Créateur et Ses attributs, c’est un devoir de s’en éloigner, et ça, aucun musulman ne peut l’accepter.

Le fond de la question, c’est que ceux-là mêmes qui s’interdisent de faire de l’interprétation croient en la réalité de l’assimilation (tachbih). Ils fraudent [en disant] qu’Il [Dieu] a un yad pas comme les yad, un qadam pas comme les qadam et un istiwa’ par Lui-même, pas comme nous percevons les choses entre nous. Alors, que celui qui fait partie des gens de vérité et dotés de compréhension dise : ce sont là des paroles qu’il est indispensable de tirer au clair.

Votre parole : « Nous prenons la chose selon le sens apparent mais on ne peut pas comprendre sa signification », cette parole se contredit elle-même. Effectivement, si tu interprètes selon le sens apparent, alors le sens qui vient communément à l’esprit de saq dans Sa parole ta’aala :

يَوْمَ يُكْشَفُ عَن سَاقٍ

(yawma youkchafou ‘an saaq) ce qui signifie : « Un jour où sera découvert un saq », c’est le sens du membre inférieur [le tibia] qui est constitué de la peau, de la chair, des os, des nerfs et de la moelle. Si tu prends ce sens apparent et que tu t’imposes d’admettre ces organes, c’est donc de la mécréance. Et s’il ne t’est pas possible de prendre ce sens, alors où est ta règle de prendre le sens apparent ? N’auras-tu pas délaissé le sens apparent et reconnu que le Seigneur ta’aala est exempt de ce que suggère le sens apparent? Comment alors peut-on prendre le sens apparent ? Si l’adversaire dit : “ce sont des sens apparents qui n’ont pas de signification au fond”, alors ça serait juger que ces ‘ayah sont caduques, qu’il n’y avait pas d’utilité dans le fait qu’elles nous soient transmises et qu’elles sont en pure perte ; et ça, c’est une chose impossible.”

Dans la langue des Arabes, il y a de grandes possibilités d’utilisation des sens figurés et beaucoup de richesse dans le langage. De plus, les Arabes connaissaient les racines des mots et comprenaient les diverses significations. Celui donc qui ne s’autorise jamais à expliquer les textes autrement que par le sens apparent, c’est en raison de son peu de compréhension de la langue. Quant à celui qui a de vastes connaissances dans la langue arabe d’origine , il lui est facile de comprendre les sens réels.

Il a été dit :

وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللّهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ

« wa maa ya’lamou ta’wilahou il-llaaLLAAH wa r-raaçikhouna fi l-‘ilm) ce qui signifie : « Et ne sait son interprétation que Allah et ceux qui sont versés dans la science », le sens est : « et ceux qui sont versés dans la science aussi le connaissent et disent nous avons cru en cela ». En effet, la croyance en un sujet n’est concevable qu’après en avoir eu connaissance. Quant à ce dont on n’a aucune connaissance, y croire ne peut donc avoir lieu. Pour cette raison, Ibnou ‘Abbas a dit : « Je fais partie de ceux qui sont versés dans la science ».

Points a retenir de cette citation:

  • L’imam Abou Nasr ibn al-Qouchayri est mort en 514 de l’Hégire . Cela fait donc 900 ans qu’il est mort. Il est le fils de l’imam Abou l-Qasim al-Qouchayri qui est mort en 465 de l’Hégire. L’imam Mourtada az-Zabidi, qui cite cette parole, est aussi un grand savant mort en 1205 AH, qui a écrit Taj al-Arous min Jawahir al-Qamous qui est dictionnaire en une vingtaine de volumes et qui est une référence INCONTOURNABLE. Le livre dont est tirée cette citation est un autre de ses livres connus: il s’intitule Ithaf Sadat al-Mouttaqin et c’est un commentaire de Ihya’ou Ouloum ad-Din de l’imam al-Ghazali (mort en 505 AH).
  • Ici il explique que si on récite le verset dont le sens est « Et ne sait son ta’wil si ce n’est Allah », alors le mot « ta’wil » dans le verset fait référence au jour dernier car il y a bien un autre verset où le jour dernier est appelé « ta’wil » dans le Qour’an. Il dit que « ta’wil » ici ne peut pas viser « l’interprétation des versets non-explicites », parce que sinon cela reviendrait a dire que le Prophete aurait appelé les gens à adorer Dieu mais sans qu’il puisse parler des attributs de Dieu; et il dit aue celq est inacceptable.
  • Maintenant celui qui lit jusqu’à « Et ne savent son ta’wil que Allah et ceux qui sont versés dans la science » alors le sens de « ta’wil » ici sera bien « l’interprétation des versets non-explicites ». D’ailleurs il rappelle que le compagnon Ibn Abbas a dit de lui-même qu’il faisait partie des gens versés dans la science; c’est-a-dire qu’il faisait partie de ceux qui peuvent interpreter le Qour’an correctement et en effet le Prophète sallalaahou ‘alayhi wa sallam avait fait une invocation pour que Ibn Abbas ait « la science du Livre » et il a même été connu sous le nom de Tourjouman al-Qour’an ( c’est-a-dire l’Exégète par excellence du Qour’an).
  • Conclusion: quand dans le Qour’an il est dit que seul Allah connait le ta’wil de certaines choses ce qui est visé par « ta’wilce sont les choses dont seul Dieu a connaissance; comme l’avènement du jour dernier par exemple.

5 commentaires sur “Le verset qui signifie : »Et ne sait son interprétation que Allah » expliqué par Imam Abou Nasr al-Qouchayri

  1. salam alaykum je veu savoir pk j ai lu ca :Il a été dit : {وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْم} (wa ma ya’lamou ta’wilahou ‘illallaahou wa r-raaçikhouna fi l-’ilm) ce qui signifie : “Et ne sait son interprétation que Allah et ceux qui sont versés dans la science”, le sens est : “et ceux qui sont versés dans la science aussi le connaissent et disent nous avons cru en cela”. et dans le coran que j ai il y a ecrit : les gens donc qui ont au coeur une inclination vers l’egarement,mettent l’accent sur les verset a equivoque ,cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interpretation, alorsque nul n en connais l interpretation a part allah mais ceux qui sont enraciner dans la sience disent nous y croyon:tout est de la part de notre seigneur !mais seul les douer d inteligence s’en rapel . merci akhi de m expliquer

  2. Wa alaykoumou ssalaam BaarakALLAHOU fik pour ta question. Voici le verset en entier en arabe: هُوَ الّذِي أنَزلَ عَليكَ الكِتاب مِنهُ آياتٌ مُحكماتٌ هُنّ أمّ الكِتاب وَأخَرُ مُتَشَابِهاتٌ فأمَاّ الّذِينَ في قلُوبِهم زَيغٌ فَيَتّبِعُونَ ما تَشَابَهَ مِنْهُ ابتِغاءَ الفِتْنَة وابتِغاءَ تأويلِهِ ومَا يَعلَم تأويلَهُ إلا الله والراسِخونَ في العلمِ يقولُون آمنّا بِهِ كُلّ مِّن عِندِ ربِبّنا . Alors maintenant, pour le traduire, tout va dependre de là où tu t’arrêtes.
    Si tu t’arrêtes au mot « raasikhouna fi l-ilm » dans la récitation, la traduction est : « C’est Lui (Allah) Qui t’a révélé le Livre au sein duquel il y a des ‘ayah explicites (mouhkamah) qui sont la base du Livre et d’autres [‘ayah qui sont] non explicites (moutachabihah). Quant à ceux dont les cœurs sont déviés, ils suivent ce qui n’en est pas explicite pour faire tomber dans l’égarement et faire de mauvaises interprétations, et ne connaît son interprétation que Allah et ceux qui sont versés dans la science, ceux-là disent nous avons foi en lui, tout est de la part de notre Seigneur » cad que on considère que le mot « yaqoulouna » porte le sujet, c’est pour cela qu’il y a « ceux-là ».
    Maintenant si tu t’arrêtes au mot « Allah », la traduction devient : « C’est Lui (Allah) Qui t’a révélé le Livre au sein duquel il y a des ‘ayah explicites (mouhkamah) qui sont la base du Livre et d’autres [‘ayah qui sont] moutachabihah (ici moutachabihah a le sens des versets qui parlent des choses du ghayb comme l’avènement du jour dernier). Quant à ceux dont les cœurs sont déviés, ils suivent ce qui fait partie des moutachabihah [les versets qui parlent de ce que seul Dieu connait] pour faire tomber dans l’égarement et ils cherchent le ta’wil [de ces choses-là, comme le jour exact du jour dernier] et ne connaît le ta’wil [de ces choses-là, c’est-à-dire le jour exact] que Allah. Ceux qui sont versés dans la science disent nous avons foi en lui, tout est de la part de notre Seigneur »
    En gros, ce qu’explique al-Qouchayri c’est que si on s’arrête au mot Allah alors les mots moutachabihah et ta’wil visent autre chose et d’ailleurs dans le Qour’an il y a des versets où le mot ta’wil veut dire le jour du jugement dernier. N’hésite pas à re-demander si il y a utre chose qui n’est pas clair, baarakALLAHOU fik.

  3. Pour reformuler en très bref.

    Il y a 2 façons de lire ce verset et les 2 façons sont acceptés par les savants.

    Mais chacune de ces 2 façons de lire vise un sens particulier comme cela a été expliqué.

    Malheureusement, la plupart des dites traductions du Qour’an ne mettent qu’une seule des traductions (du sens) possible alors qu’il y en deux.

  4. J’aime cette page par ce que l’Islame ces ma religion preferer et le Coran c’est l’unique Livre que je t’adore.Q’ ALLAH nous benisses.Amen….!

Bismillaah, dites-nous ce que vous en pensez!

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